Accident de train à Saint-Jean-de-Luz/Ciboure : ce que l'on sait de la mort de trois migrants

Le procureur de Bayonne, Jérôme Bourrier, a détaillé les circonstances établies de ce drame où trois migrants sont morts, un autre est grièvement blessé. Leur identification est pour l'heure incertaine.

"Un drame humain tout à fait marquant et terrible". Le procureur de la République de Bayonne a ainsi présenté ce qui s'est passé ce mardi matin à 5 heures. Le train TER en provenance d'Hendaye a percuté quatre hommes. Trois sont décédés sur le coup, la quatrième personne a été très grièvement blessée au bassin et aux membres inférieurs. 

Les victimes se trouvaient sur la voie ferrée d'après les témoins, et notamment le chauffeur de la locomotive. "Les quatre personnes étaient présentes sur les voies de circulation dans un lieu démuni de tout éclairage public et difficile d'accès par la route." a précisé le procureur Jérôme Bourrier. 

Le chauffeur très choqué a indiqué avoir aperçu plusieurs individus qui "manifestement n'étaient pas en train de circuler sur la voie et qui étaient manifestement sur cette dernière."
Il les a aperçus au tout dernier moment. Il a actionné le bouton d'alerte mais le drame était inévitable. "Sans doute ces personnes se reposaient-elles, ce qui est tout à fait plausible". Une déduction faite par le procureur et les enquêteurs d'après les témoignages.

Une identification très difficile

Au vu de la scène de l'accident, l'identification des victimes est très délicate. " Elle porte sur des personnes qui essayaient de rentrer irrégulièrement sur le territoire nationale." affirme Jérôme Bourrier.
Identification d'autant plus compliquée que cinq documents ont été retrouvés sur place, donc un de plus que le nombre de victimes de l'accident. 

Une seule personne est identifiée de manière certaine.

Jérôme Bourrier - Procureur de Bayonne

C'est la comparaison des empreintes papillaires qui ont pu être réalisées entre les services de police français et les autorités espagnoles qui ont permis de déterminer que l'une des victimes est un jeune homme âgé de 21 ans. Il a déjà fait l'objet d'un dossier d'expulsion en Espagne. Rien ne permet d'être certain que les documents retrouvés sur place correspondent bien aux autres victimes. 

" Ce que je peux dire à ce stade néanmoins, c'est que manifestement, l'ensemble des victimes seraient de nationalité algérienne et trois d'entre elles auraient fait l'objet d'une procédure au titre de l'irrégularité de leur séjour sur le territoire espagnol. " a précisé le procureur. Des procédures qui remontent au mois de juin 2021.

Des zones d'ombre

Le parquet suppose à ce stade de l'enquête que les migrants avaient passé la frontière tout récemment.

Il est tout à fait possible que ces personnes avaient franchi la frontière le jour-même et étaient en train de circuler sur la voie pour entrer sur le territoire national. J'en fais la déduction de par la découverte de documents administratifs concernant un individu  qui avait été condamné par le Tribunal correctionnel de Bayonne pour des faits de vols par effraction, incarcéré au centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan et qui avait été libéré et reconduit à la frontière le jour-même

Jérôme Bourrier - Procureur de la République de Bayonne

Mais le doute persiste car d'après le parquet, ce ne sont probablement pas des documents appartenant aux victimes retrouvées sur les lieux. 
Hypothèse : une cinquième personne était présente mais n'est pas restée sur place. Deuxième hypothèse : ces documents, retrouvés sur les victimes, appartenaient à d'autres personnes. 

La victime grièvement blessée a été transportée à l'hôpital de Bayonne où elle a été opérée. Ses jours ne sont plus en danger. L'homme n'est pas encore identifié avec certitude. Il n'a pas encore pu être entendu par les enquêteurs. 

Selon toute vraisemblance, mais sans certitude pour Jérôme Bourrier "C'est certainement pour des raisons de discrétion et pour échapper à des contrôles de police qui sont effectués à la frontière et à l'intérieur du territoire" que les hommes se sont retrouvés dans ce secteur, à une dizaine de kilomètres de la frontière espagnole. 

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