Le port de Bayonne en pleine activité, exemple avec les Laminoirs des Landes

L’entreprise basée sur le port de Bayonne, presque à l’embouchure de l’Adour, a procédé ce lundi 4 mai 2020 au chargement d’un deuxième bateau à destination du Maghreb. Le Lady Debora transportera 1417 tonnes d’acier, soit 232 tôles.
 
Le lady Debora
Le lady Debora © Jon Prieto 2020
Laminoirs des Landes poursuit donc son pari du fret maritime, choix initié en août 2019 avec déjà un chargement pour la même destination. Ce parti pris ainsi que celui du ferroutage est une marque de fabrique de l’entreprise, dès son implantation sur la rive droite de l’Adour, sur la commune de Tarnos (car le port de Bayonne est « à cheval » sur les Landes, Tarnos, et les Pyrénées atlantiques, Boucau, Bayonne et Anglet).
Le port est une ouverture sur la façade atlantique et le centre de fret de Mouguerre (64), à un quart d'heure de là, une porte vers l'ensemble du territoire et l'Europe. C'est ainsi qu'une première expédition intermodale (chemin de fer - route) en direction de l'Italie, région industrielle de Turin, a été réalisée le 22 avril dernier. Une opération saluée par les publications spécialisées comme El Canal maritimo y logistico (Espagne-Catalogne) ou encore Ship 2 Shore (Italie).

Une politique mise en place dès les débuts en 2018, et aujourd’hui en phase avec les souhaits du gouvernement français : ceux d’une économie décarbonée qui semble être l’une de ses nouvelles priorités, plus encore pour l’après crise sanitaire due au Covid 19. Le ministre de l’Economie, Bruno Lemaire l’a encore rappelé ce matin dans le 7-9 de France Inter au micro de Léa Salamé et Nicolas Demorand.

Aujourd’hui, Laminoirs des Landes emploient 70 salariés. Ils étaient une quarantaine en 2018. Malgré la crise, le directeur du site, le guipuzcoan Inazio Fachado, espère atteindre ses objectifs d’augmenter la production de 15 à 20 % en 2020, et donc de pouvoir embaucher d’ici la fin de l’année. La capacité totale du site est à terme de 500.000 tonnes de tôles d’acier par an. Un agrandissement de l’usine est en plus prévu à court terme.

Créer dix postes de travail d'ici la fin de l'année est encore possible.
Malgré le coronavirus, on a pu honorer les commandes de nos clients.
Toutes les équipes se sont mobilisées.
Inazio Fachado, directeur de Laminoirs des Landes 

Que produit-on aux Laminoirs des Landes ?

La matière première de l’usine, les brames, bloc d’acier de 25 tonnes, arrivent aux Laminoirs des Landes par bateaux. Ces blocs d’acier sont travaillés, aplatis (laminés) pour obtenir des plaques d’épaisseurs différentes, selon les attentes des clients : aciers de construction, aciers pour chantier naval, acier trempé, tôles fortes pour les structures éoliennes (terrestres et en mer) etc.
Le groupe galicien Hierros Añon (Espagne) est l’actionnaire majoritaire du site tarnosien (60%). La holding suisse Sipro Stahl l’est à hauteur de 40 %. Le projet d’implantation sur le port de Bayonne remonte à 2010, mais la production ne commença qu’en 2018. Laminoirs des Landes ont réalisé un chiffre d’affaires de 25 millions d’euros en 2019 (presque 11 en 2018).
 
Les plaques d'acier bientôt chargées
Les plaques d'acier bientôt chargées © Jon Prieto

Un développement de l’activité et de l’emploi, que la crise sanitaire n’a pas touché. Comme partout, il a fallu évidemment  s’adapter : strict respect des gestes barrières, utilisation de gel hydroalcoolique, port des masques et organisation des tours de travail. La production se fait en deux temps : 14 heures - 22 heures, puis 22 heures - 6 heures.
Aujourd’hui, le chargement a mobilisé 10 manutentionnaires sur le port de Bayonne : 4 à quai, 4 dans les cales, 1 pareur (qui supervise les opérations) et un cariste (qui transporte les plaques d’acier) des entreprises Bergé Maritima et Sotramab, spécialisées dans le chargement et déchargement des navires sur le port de Bayonne. Et enfin un grutier.

Le Lady Debora a quitté le port de Bayonne aujourd’hui à 17 heures.
 
La toute nouvelle grue du port de Bayonne
La toute nouvelle grue du port de Bayonne © Jon Prieto

 
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