Confinement: Comment s'organise la vie dans le plus grand village Emmaüs de France.

Emmaüs Lescar, en Béarn, vit en autonomie alimentaire. Depuis le 17 mars, les 120 compagnons vivent confinés. Leur ferme agricole leur permet de se nourrir. Mais l'absence de visiteur commence à peser sur les finances.

Le bric à brac est fermé. Les allées sont totalement désertes.
Le bric à brac est fermé. Les allées sont totalement désertes. © Elise Daycard / FTV

La nouvelle vie en autonomie pour Emmaüs Lescar.

Depuis le début du confinement, le 17 mars dernier, le village Emmaüs Lescar a fermé ses portes. Fini le va-et-vient incessant des visiteurs à la recherche de la bonne affaire du jour. Habituellement, en moyenne 1500 personnes viennent visiter le site  chaque jour. Installé près de la rocade paloise, à hauteur de la sortie de l'autoroute A64 à Lescar, c'est un lieu de passage important du Nord-Ouest palois. Le village est installé sur plus de 10 hectares de terrain. Depuis le début du confinement c'est le grand vide.  Seuls les 120 compagnons et 5 salariés (une dizaine ont été mis au chômage technique, mais pas d'arrêt de travail) continuent d'oeuvrer au sein des divers ateliers. La principale activité pour l'heure est l'agriculture sur la ferme du village. Elle permet à la communauté de vivre en autonomie.

 


Germain Sarhy est le responsable de cette communauté Emmaüs. La plus grande de france. Pour lui " ce confinement, permet de réfléchir à ce que nous sommes, à l'alternative que nous proposons, et à la notion même de communauté.

La ferme nourrit le village.

La partie ferme du village d'Emmaüs se trouve installée dans le prolongement des divers hangars qui proposent la plupart des activités. Sur 4 hectares et demi, on trouve des terrains maraîchers, une immense basse-cour, une porcherie et une étable. 40 personnes travaillent sur cette ferme. Gérald, lui, est apiculteur bénévole. Pour lui, ce confinement n'a pas changé grand chose.
 

Un atelier de transformation aux normes permet aussi de préparer les conserves alimentaires de la ferme. On peut trouver ici des plats cuisinés, des conserves de tous les produits de la ferme. Normalement, ces produits sont destinés à la vente dans la partie du magasin alimentaire du village, aujourd'hui ils servent à nourrir le village. L'atelier continue donc à tourner normalement avec son groupe de compagnons et d'employés. Pour respecter les régles de confinement des mesures ont été prises : distanciation sociale, masques et gants.
 

120 repas par jour à la cantine du village.

Emmaüs Lescar s'est organisé pour assurer en toute sécurité les repas proposés aux compagnons à la cantine du village. Deux services d'environ soixantes personnes sont actifs tous les midis. 
Toutes les tables de 8 ont été réduites à 4 pour respecter les distances de sécurité de plus d'un mètre. Chaque compagnon doit amener son sel et son poivre et venir avec sa bouteille d'eau. 
 
La cantine extérieure du village Emmaus Lescar.
La cantine extérieure du village Emmaus Lescar. © Elise Daycard France 3 Pau Sud Aquitaine.
 
Dans les cuisines, 12 personnes travaillent et tout le monde portent gants et masques, seuls les personnels de la cantine sont autorisés à préparer les plateaux repas et les compagnons sont servis sans contact.
Ce samedi, le plat principal sera un hamburger, frites maisons. Avec ce confinement, les cuisiniers se font plaisir et soignent les habitants du village. 

Aujourd'hui, nous n'avons plus aucune rentrée d'argent. Les programmes de solidarité de la communauté seront en danger si le confinement dure. Germain Sarhy, responsable de la communauté Emmaüs Lescar. 

Même si la communauté vit en quasi-autonomie, le confinement risque de poser problème à terme. Les visites au bric-à-brac permettent à Emmaüs Lescar d'afficher un chiffre d'affaires de 250 000 euros chaque mois, un pécule pour payer toutes les charges, investir et participer à des projets solidaires. Sans cet argent, les conséquences pourraient être importantes si le confinement dure plusieurs mois. Pour l'heure, la banque accepte de faire des avances, mais pour combien de temps?
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
vie associative société solidarité agriculture économie coronavirus santé béarn apiculture
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter