Restauré depuis 15 ans, dernière ligne droite pour le phare de Cordouan

Publié le Mis à jour le
Écrit par Elise Bellot avec CLH

Voilà 15 ans que celui que l’on appelle le « Phare des rois » est en travaux. En pleine mer, situé dans l’estuaire de la Gironde, sa restauration devrait se terminer l’année prochaine, dans l’espoir de le voir inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Au large de Royan, le feu du phare de Cordouan brille à 67m de haut. Usées par le sel de l'océan, certaines pierres qui constituent les parois du bâtiment nécessitent d’être changées. Des analyses physico-chimiques sont nécessaires pour déterminer leur texture et trouver les pierres les plus ressemblantes.

Nous essayons d’intervenir de façon très mesurée en remplaçant le minimum de pierres. Franck Lamandin, assistant de l’architecte en chef 


Même si c’est la façade la moins soumise aux aléas climatiques, la partie Est du phare est la plus abimée. Contrairement à la partie Ouest, l’eau de pluie ne nettoie pas les sels de la mer qui restent sur les parois et rongent la pierre.

Une rénovation sur-mesure 

Le vent, la pluie, le soleil. Les maçons, sculpteurs et tailleurs de pierre travaillent dans des conditions parfois extrêmes. Ces Compagnons du devoir ont en charge la restauration de ce monument, construit entre le 15e et le 16e siècle sous le règne d’Henri IV

Pour garder le côté authentique de l’architecture du phare, rien n’est laissé au hasard. Il faut reconstituer l’ouvrage. La reconstruction se fait donc parfois à partir des archives. Cependant, certaines rénovations du 20e siècle n’apparaissent pas dans les documents. Pour tenter de reconstituer les éléments usés par le temps et dont il ne reste pas de traces, les experts mènent l’enquête. Ils sont alors aidés par des photos ou encore des cartes postales
 

Les travaux lancés depuis 2013 par l’Etat et les collectivités sont les plus importants de l’histoire du phare. Plus de six millions d’euros sont investis au total pour ces rénovations.

Le 1er phare classé à l’UNESCO ?

Un monument inscrit à l’UNESCO, c’est un intérêt à peu près de 30 à 35% supplémentaires.
Pascale Got, Vice présidente socialiste du conseil général de la Gironde


La France ne peut présenter qu’un bien par an au comité du Patrimoine Mondial de l’UNESCO. En janvier 2019, c’est le phare de Cordouan qui a été choisi par Emmanuel Macron.
Ce titre permettrait notamment d’améliorer l’accueil des touristes tout en limitant son impact. Faire rayonner le monument, le territoire et l’estuaire font partie des enjeux de cette inscription à la liste du patrimoine mondial. 
 
 

Un phare en quête de reconnaissance

Un phare, c’est pas forcément le monument sur lequel l’intérêt général, la curiosité générale se porte.
Pascale Got, Vice présidente socialiste du conseil général de la Gironde


La reconnaissance du phare de Cordouan est surtout régionale. Pourtant, il s’agit du seul phare de France en pleine mer qui est encore habité. Mais les touristes ne s’y trompent pas. Chaque année, à marée basse, 23 000 visiteurs gravissent ses 301 marches.

Allumé pour la première fois en 1611, il est le plus vieux phare de France encore en activité, ce qui fait de lui un monument emblématique de la région

Il concourt en tant que symbole des grandes phases de l’histoire des phares dans le monde et comme chef d’oeuvre du génie créateur humain. Le choix est désormais entre les mains des experts internationaux de l’ICOMOS (Conseil International des Monuments et des Sites) qui devraient rendre leur verdict au plus tard d’ici 2021.
Visiter le phare de Cordouan
Le phare se visite d'avril à octobre. Il faut compter 30min de traversée en bateau depuis le Verdon-sur-Mer. 
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