Trois ans après : paroles de Gilets jaunes du Limousin

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Un rond-point occupé par des Gilets jaunes en Creuse en 2018
Un rond-point occupé par des Gilets jaunes en Creuse en 2018 © FTV - Martial Codet-Boisse

Le 17 novembre 2018, les Gilets jaunes occupaient de nombreux ronds-points de France. En Limousin, pendant plusieurs mois, des actions se sont multipliées sur fond de ras-le-bol fiscal et de sentiment de déclassement. Trois ans après, trois Gilets jaunes de la première heure témoignent.

Trois ans après, que reste-t-il des Gilets jaunes ?

Quand on n'arrive plus à payer les factures des cantines. Quand on ne mange plus qu'un repas par jour. Quand on ne mange plus de viande. Quand on ne peut plus se faire le moindre petit plaisir, cela ne va pas ! On se voit toujours avec les autres Gilets jaunes du rond-point, je pense que ça va repartir car la situation est pire qu'il y a trois ans.

Sabine Fernandes-Levielle, Gilet jaune du rond-point de La souterraine (23)

Les revendications premières sont toujours d'actualité et nous ne sommes pas entendus. Il faut qu'ils arrêtent de nous prendre pour des lapins de six semaines. La marmite est sur le feu et quand ça va sauter, ça va faire mal!

Isabelle Chapuis, Gilet jaune du rond-point de Grossereix à Limoges

Pour moi, Gilets jaunes, cela ne veut plus rien dire. On a manifesté au début quand l'essence était à 1,40€, aujourd'hui il est à 1,70€ et personne ne bouge ! Le gaz, l'électricité, tout augmente mais personne ne dit rien. Alors, se cailler jour et nuit sur un rond-point pendant des mois, cela ne m'intéresse plus.

David, ex-Gilet jaune du rond-point de Cana à Brive

 

Pourquoi le mouvement s'est-il essouflé ? 

Avec la pandémie, on en profite pour nous placer un tas d'interdictions. Finalement, la liberté, on ne la retrouve plus qu'au fronton de nos mairies. La crise sanitaire a permis de mettre en sourdine la contestation. Cela s'est aussi effiloché car le mouvement a été parasité par des politiques qui l'ont récupéré. Moi, mon mécontentement je l'exprime dans la rue, mes opinions politiques, dans les urnes !

Isabelle Chapuis, Gilet jaune du rond-point de Grossereix à Limoges

La Covid a dégradé la situation de beaucoup de gens. On réalise que la misère touche de plus en plus de personnes. Mais nous sommes toujours mobilisés et le mouvement va repartir.

Sabine Fernandes-Levielle, Gilet jaune du rond-point de La Souterraine (23)

On avait des soutiens de nombreux gens normaux mais les politiques ont réussi à nous diviser pour mieux règner. On entend parler des Gilets jaunes tout le temps dans les médias mais franchement on ne les voit plus.

David, ex-Gilet jaune du rond-point de Cana à Brive

Les coups de pouce du gouvernement sont-ils suffisants ?

Prime d'activité, chèque énergie de 100 € attribué aux 5,8 millions de ménages les plus modestes, comment les annonces gouvernementales sont-elles ressenties par ces Gilets jaunes :

Tout ça c'est de l'enfumage, avec l'inflation cela revient à ne rien donner du tout. Pour beaucoup, la fin du mois c'est le 10, et après, comment fait-on ? C'est comme la loi Assurance chômage, une manière pour le gouvernement de pourvoir des postes sur des métiers mal payés alors qu'il faudrait revaloriser ces métiers !

Isabelle Chapuis, Gilet jaune du rond-point de Grossereix à Limoges

Non, ce n'est que du saupoudrage. C'est triste à dire mais très vite, il n'y aura plus que les très riches et les gueux, la classe du milieu tend à disparaître.

Sabine Fernandes-Levielle, Gilet jaune du rond-point de La Souterraine (23)

Vous savez, la situation est telle qu'avec un chèque essence de 100€ on ne va pas loin. On endort les gens avant les élections mais quand ils ne pourront plus se chauffer, ni se nourrir, ni rouler, ça va pêter !

David, ex-Gilet jaune du rond-point de Cana à Brive

Il y a un mois sur le rond-point de Grossereix à Limoges, seule une vingtaine de Gilets jaunes avait manifesté sans bloquer la circulation. Le mouvement social qui a profondément marqué la France semble aujourd'hui en sommeil...pour le moment.

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