Avions de combat et hélicoptères : pourquoi l'Armée de l'air s'entraîne à la guerre depuis Poitiers

Dans le cadre d'un exercice majeur de préparation au combat organisé par l’armée de l’Air et de l’Espace, la société SDTS occupe l'aéroport de Poitiers-Biard. Pilote d'avion de chasse privée au sein de cette entreprise, Hervé Aubert explique la raison de leur présence.

Ne soyez pas surpris si des avions de combat et des hélicoptères survoleront la région pendant ces prochains jours. L'aéroport de Poitiers-Biard accueille des avions de chasse et autres aéronefs dans le cadre d'un exercice de l'Armée de l'Air et de l'Espace.

Du 11 au 29 mars, le ministère des Armées a lancé l'exercice "Volfa" 2024 : plus d'une vingtaine de raids aériens auront lieu jour et nuit, permettant des entraînements de combat à très haute intensité. Pour faire face aux avions de l'Armée française dans cet exercice, la société nîmoise SDTS a été conviée.

Pilote de l'Armée de l'Air pendant plus de vingt ans, Hervé Aubert est depuis deux ans pilote d'avion de chasse au sein de cette société privée. Ce vétéran nous explique les objectifs de cet exercice.

Quelle est votre mission aujourd'hui ?

On a volé au-dessus du golfe de Gascogne. Nous étions une escouade d'une quinzaine d'avions et l'on défendait la Bretagne. Nous faisions partie de l'équipe rouge. Nos adversaires, composés d'une vingtaine d'avions de l'Armée de l'Air, l'équipe bleue, partait quant à elle de la base de Mont-de-Marsan. L'objectif pour nous était de défendre la Bretagne face aux assauts de cette équipe.

Dans ce genre d'exercice, votre entreprise joue systématiquement le rôle du "méchant" ?

SDTS est une société française comptant huit avions de type MB-339. On utilise ces avions pour jouer le rôle d'agresseur contre les bâtiments de surface, les bateaux de la Marine nationale, les avions de la Marine nationale et les avions de l'Armée de l'Air pendant quelques exercices annuels.

Pourquoi s'être installé à Poitiers ?

Poitiers est idéalement situé pour nous, pour cet exercice. On participe à quelques missions dans la zone centre, en quelque sorte le Massif central, quelques autres zones situées dans le golfe de Gascogne. En étant basé ici, on peut alterner un jour sur l'autre en se dirigeant facilement dans les deux zones de combat.

Comment cela se déroule ?

On ne tire pas de missiles pour de vrai. On ne perd pas de bombes pour de vrai. Tout est répliqué par des logiciels de simulation de tir. En fait, les avions sont tous connectés à un réseau : au sol et en temps réel, on peut voir les missiles fictifs volés d'un avion vers l'autre pour pouvoir valider les tirs qui ont été faits sur les différents avions.

Le travail que l'on fait ressemble à une partie de jeu d'échecs où différents avions vont essayer de protéger une autre machine pour délivrer un armement ou protéger un territoire.

Hervé Aubert

Pilote d'avion chez SDTS

Comment ressort-on de ce type d'exercice ?

On est content d'avoir travaillé et d'avoir été utile à l'entraînement aux pilotes de l'Armée de l'Air ou des autres forces étrangères engagés dans ce genre d'exercice. On ressent également un peu de fatigue mentale : le travail que l'on fait ressemble à une partie de jeu d'échecs où différents avions vont essayer de protéger une autre machine pour délivrer un armement ou protéger un territoire.

Au niveau physique, les avions que l'on a ne sont pas les plus rapides que l'on puisse trouver, mais on vole malgré tout aux alentours des 900 km/h, et le facteur de charge que l'on peut prendre s'élève à 7 g (unité d'accélération), ce qui est intéressant.

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