Estuaire de la Gironde : revers au tribunal pour les opposants à l'extraction de granulats

Le rapporteur du tribunal administratif de Poitiers a conclu ce matin en faveur de la demande d'annulation d'un arrêté du ministre de l'Economie et des Finances, rejetant la demande de concession de granulats marins dans l'estuaire de la Gironde. Les opposants au projet subissent un sérieux revers.

© France 3 Aquitaine
Les opposants au projet d'extraction de granulats marins dans l'estuaire de la Gironde ne s'attendaient pas à un tel revers, ce matin.

Lors de l'audience du tribunal administratif de Poitiers, le rapporteur a présenté des conclusions allant dans le sens des porteurs du projet.

Il s'est prononcé en faveur d'une annulation de  l'arrêté du 21 juillet 2017 du ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, rejetant la demande de concession de granulats marins (sables et graviers silicieux), Le Matelier.

Dans ses conclusions, le rapporteur a indiqué qu' "une analyse plus fine et plus équilibrée de la part du Conseil de gestion du parc naturel marin Estuaire de la Gironde est nécessaire quant à l'impact sur le milieu naturel".

Il a également conclu qu'il "n'y aurait pas d'effets susceptibles d'atteinte au milieu naturel."

On s'attendait à un plaidoyer plus équitable (J. Gervais)

Décision sous quizaine
Dans ce projet, les sociétés Granulats-Ouest et Dragages Transports Travaux Maritimes, ambitionnent d'extraire 13 millions m3 de granulats.

Les conclusions du rapporteur apparaissent en opposition totale avec les arguments défendus par l'association Estuaire pour tous qui se bat contre ce projet depuis 2013.

"On s'attendait à un playdoiyer plus équitable, a indiqué Jacques Gervais, de l'association Estuaire pour tous. Le rapporteur a notamment souligné le faible effet notable du projet sur le milieu marin. Evidemment, nous ne sommes pas du tout sur cette ligne. Nous sommes dans une zone Natura 2000 avec la présence de l'esturgeon européen, espèce emblématique, très fragile. (...) On est dans une zone de nourrisserie, si on râcle les fonds sur trois mètres, il est évident que ça aura des conséquences sur l'avenir de cette espèce."

Le tribunal administratif doit rendre sa décision sous quinzaine.

Reportage de Jérôme Vilain, Franck Levasseur et Philippe Ritaine :

 

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