La secrétaire d'État à l'Écologie prend le contrepied du préfet de la Vienne sur le problème des réserves de substitution

Interrogée par la députée de la Vienne, Lisa Belluco, sur le dossier des bassines dans le département, la secrétaire d'État à l'Écologie a affiché une ligne différente de celle du préfet, Jean-Marie Girier.

L'échange a eu lieu mercredi à l'Assemblée Nationale. La députée (NUPES) de la Vienne, Lisa Belluco, interroge la secrétaire d'État à l'Écologie Bérangère Couillard. Elle évoque la gestion de la ressource en eau dans le département, et le projet de construction de 30 bassines dans les prochaines années.

Dans mon département, la proposition qui est faite est de privatiser la ressource au bénéfice de quelques agriculteurs industriels qui épuisent nos terre et qui détruisent notre santé.

Lisa Belluco, députée de la Venne

Elle s'inquiète aussi de l'absence de PTGE, le Projet de Territoire pour la Gestion de l'Eau. Ce projet doit associer les usagers de l'eau sur un  territoire donné pour faciliter la préservation et le gestion de la ressource en eau. Un préalable fixé par instruction gouvernementale du 7 mai 2019  préconise d'accélérer l'élaboration d'un PTGE. "Dans la Vienne, aucun PTGE n'a été réalisé" conclue la députée.

Voici l'intervention de Lisa Belluco

Et la réponse de Bérangère Couillard a de quoi surprendre. Elle reconnaît découvrir qu'il n'existe pas de projet de territoire de la gestion de l'eau dans le département de la Vienne. S'adressant à Lisa Belluco, elle déclare :

Vous avez raison, il faut des PTGE et je regrette que la Vienne n'en ait pas, c'est un sujet que je vais regarder avec attention parce que c'est important qu'on ait ces plans sur l'ensemble du territoire.

Bérangère Couillard, secrétaire d'État à l'Écologie

Mais elle va même enfoncer un peu plus le clou en dénonçant implicitement la politique des bassines.

Ce n'est pas parce qu'il y a un manque d'eau qu'on va généraliser les bassines et en faire partout sur le territoire et que le secteur agricole reste dans la même consommation d'eau. Ce n'est pas envisageable, parce que ce n'est pas tenable.

Bérangère Couillard, secrétaire d'État à l'Écologie

Voici l'intégralité de la réponse de la ministre de l'Écologie.

Une position contre les bassines qui a de quoi surprendre, d'autant que le ministère de l'Agriculture à la demande du syndicat FNSEA se montre lui plutôt favorable aux bassines. Marc Fesneau le ministre expliquait ainsi sa position le 29 août dernier dans l'émission dimanche en politique

Dès lors que les bassines prennent en compte l'environnement et récupèrent l'eau superficielle, que c'est multi-usages, il faut y être favorable sinon il n'y aura plus d'agriculture

Marc Fesneau, ministre de l'Agriculture.

Du côté de la préfecture de la Vienne on explique qu'il n'y a pas de PTGE, en effet, mais que cela ne constitue pas un obstacle et que ce protocole sera élaboré ultérieurement.

Un PTGE n'est pas un outil développé par l'Etat mais une démarche initiée et portée par une commission locale de l'Eau, gouvernance de l'eau rassemblant des représentants de l'ensemble usagers de l'eau. (...)Si le protocole porte sur le volet irrigation agricole, un PTGE porte sur l'ensemble des usages : particuliers, industriels, agricoles. Le protocole représente donc la "brique agricole" du PTGE.

Préfecture de la Vienne