Peut-on alimenter les méga-bassines avec les fortes pluies de ces derniers jours ?

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Les méga-bassines pourraient exploiter les crues exceptionnelles du Clain pour alimenter les réserves d'eau l'été. Un non-sens pour les opposants. ©M.Caron, S.Hériaud, P.Ritaine.

Ces dernières semaines, les pluies ont provoqué des crues de plusieurs mètres à certains endroits du Clain. La situation, bien qu'exceptionnelle, relance le débat de la récupération d’eau de pluie dans des réserves de substitutions, aussi appelées bassines.

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Dans la Vienne, quelques semaines après les inondations du mois de novembre 2023, le débit du Clain continue d'être important. Selon l'Agence régionale de la biodiversité Nouvelle-Aquitaine, à la station hydrologique Le Clain à Poitiers - Pont-Neuf, le fleuve a atteint un débit de 50,46 mètres cube par seconde, le 21 novembre 2023.

25 bassines en cours de construction

Selon Nicolas Giraud, président de l'Association des irrigants de la Vienne, cette ressource en eau devrait absolument être captée en prévision des mois d'été, plus secs. "Le débit est tellement fort, qu'on pourrait capter neuf millions de mètres cube à la journée. Nous, nous pompons 17 millions de mètres cube par an", compare-t-il.

Il lui est donc difficile d’accepter que ce surplus d’eau ne sera pas stocké. "On aurait pu remplir toutes les réserves pour subvenir aux besoins en irrigation dans le département de la Vienne", imagine-t-il.

Sur le bassin du Clain, il y a aujourd'hui cinq réserves de substitutions. L'objectif est d'en construire 25 supplémentaires. Un des objectifs portés par les services de l'État est en effet de "réduire les prélèvements d'eau en période estivale" et de "mutualiser les ressources et sécuriser l'approvisionnement en eau". À terme, 18,2 millions de mètres cube seront prélevés l'été, contre 28,7 au départ du projet. Les premiers travaux des nouvelles bassines sont attendus pour 2024.

Une des bassines devrait être aménagée sur un terrain à La Pallu (Vienne) appartenant à Bertrand Lamarche. La bassine serait alimentée par un cours d'eau réaménagé. Le président de Réseau Clain explique que "300 mètres et nous ferons un kilomètre l’été prochain. Le but, c'est capter de l’eau en hiver et la garder dans des réserves, pour que nous, agriculteurs, puissions continuer à cultiver."

Les travaux servent à évacuer l'eau et garder l'eau l'été, mais aussi à restaurer les zones humides.

Bertrand Lamarche

Président de Réseau Clain

La bassine possédera un système de double pompage, très avantageux pour l'agriculteur. "Si on avait pu pomper aujourd'hui, on aurait pu en quatre jours remplir la réserve de 150 000 mètres cube", prévoit Bertrand Lamarche. Selon lui, la biodiversité est, elle aussi, maintenue par l'entretien des cours d'eau.

Des perspectives irréalistes pour les opposants aux bassines

Cependant, pour les opposants aux méga-bassines, ces crues naturelles ne peuvent servir d'argument pour la construction d'autres bassines. Le bassin du Clain est classé comme zone de répartition des eaux pour ses eaux superficielles et souterraines, c'est-à-dire en déficit quantitatif chronique.

"Il ne faut pas oublier que nous sortons de deux ans de sécheresse. On ne peut pas dire que, puisque l’automne est exceptionnellement humide, ça sera comme ça cet hiver ou dans les prochaines années", tient à rappeler Anne-Morwenn Pastier, porte-parole du collectif Bassines non merci 86.

Il faut s'attendre à une baisse des cours d’eau, voire un à-sec des cours d’eau pendant le remplissage.

Anne-Morwenn Pastier

Porte-parole du collectif Bassines Non Merci 86

"En Vendée, où il y a beaucoup de bassines, on voit déjà des inversions de courant et des baisses de courant des nappes", détaille-t-elle. "Nous, nous sommes pour un remplissage naturel des nappes et nous proposons d'opter pour la plantation de haies et la renaturation des cours d'eau, à grande échelle."