Violences faites aux femmes : le Poitou-Charentes à la pointe des dispositifs de prévention

Ce mercredi 25 novembre est la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Bracelet anti-rapprochement, accompagnement individuel renforcé des auteurs de violences, ou formations, les terres picto-charentaises tentent d'innover pour éviter de nouveaux drames. 
Le Poitou-Charentes est à la pointe des dispositifs de prévention des violences faites aux femmes.
Le Poitou-Charentes est à la pointe des dispositifs de prévention des violences faites aux femmes. © ALAIN JULIEN / AFP

"Mon ex-compagnon transgressait tous les interdits", témoigne cette victime de violences conjugales. Depuis quelques mois, son quotidien a changé. 

Son ancien conjoint doit désormais porter un bracelet anti-rapprochement. "Ce dispositif le maintient efficacement à distance", reconnaît-elle soulagée. 

Formations, accompagnement individuel renforcé, .... À l'image de ce bracelet, d'autres dispositifs ont été mis en place pour prévenir les violences faites aux femmes dans les départements de l'ancienne région Poitou-Charentes.

Notamment à Angoulême, sélectionnée comme cinq autres juridictions pour expérimenter le bracelet anti-rapprochement.

Celui-ci déclenche un système d'alerte lorsque le compagnon ou l'ex-compagnon violent s'approche trop près de la victime. 

"Contrairement au Téléphone Grave Danger (TGD) où la victime doit donner l'alerte, ici, c'est l'auteur des faits de violences qui porte le dispositif. La charge est inversée", estime Isabelle Decosterd, directrice de France Victime 16

Le bracelet anti-rapprochement expérimenté à Angoulême pour prévenir les violences faites aux femmes ©France 3 Nouvelle-Aquitaine

La juridiction charentaise dispose pour l'instant de trois exemplaires.

Un chiffre "suffisant" pour le moment, car le bracelet vient compléter le TGD estime Isabelle Decosterd : "Chaque dispositif doit s'adapter à une situation, coller à l'existant."

Des formations pour mettre des mots sur les drames

Mais pour prévenir ces violences, des formations sont nécessaires. "Il faut apprendre à mettre des mots sur ses ressentis avant que la colère ne se transforme en violence physique", insiste Françoise Petit, animatrice pour le planning familial de la Vienne. 

"En général, les hommes ont des difficultés à exprimer leurs sentiments et émotions. Or, c'est de ces mal-êtres que peut naître la violence plus tard."

En plus de son travail auprès des écoles, collèges et lycées, le planning familial de la Vienne intervient aussi auprès de professionnel et notamment des soignants.
 

Les médecins sont habitués à prescrire, on leur apprend à écouter"

Françoise Petit, animatrice Planning familial



Médecins, infirmiers, psychologues sont parfois démunis lorsqu'une patiente témoigne des violences qu'elle endure. "Les médecins sont habitués à prescrire, on leur apprend à écouter", rapporte Françoise Petit, animatrice au planning. 

Elle préconise de toujours demander aux patients s'ils sont victimes de violences : "Trop de personnes nous ont dit qu'elles voulaient parler de leur situation à leur médecin, mais qu'elles n'ont pas trouvé le moment."

Une écoute sans culpabilisation ni jugement. "Il faut dire aux victimes qu'on les croit. Elles ont parfois déjà raconté leur histoire à un tiers qui ne les a pas crues. Et surtout, il faut éviter les discours culpabilisants. La victime n'est jamais coupable."
 

À Saintes, un dispositif de suivi des auteurs de violences


Depuis plus d'un an, le parquet de Saintes a créé un dispositif de suivi personnalisé des auteurs de violences conjugales.  Pour éviter la récidive, des professionnels accompagnent les justiciables dans leur insertion sociale et professionnelle. À condition qu'ils respectent les interdictions et les obligations de leur contrôle judiciaire. 

32 personnes ont ainsi été accompagnées dont une grande majorité d'hommes. Malgré "quatre incarcérations à l'issue des manquements des obligations et interdictions qui ont été fixés par le juge", Nicolas Septe, procureur de Saintes, estime que "ce n'est pas un échec en soi. À chaque fois, les victimes ont été mises à l'abri d'une réitération et d'une récidive." Bracelet, suivi des auteurs de violences, formations, ... Grâce à ces dispositifs, associations et juridictions espèrent que les violences faites aux femmes diminuent enfin. 

En 2019, 146 femmes ont été tuées par leur compagnon ou ex-conjoint. Une hausse de 21 %.

Numéros d'urgence en cas de violences

Si vous êtes témoin ou victime de violences conjugales, des numéros d'urgence sont à votre disposition : 
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