Les handballeurs se taisent face aux enquêteurs en attendant leur transfèrement mardi à Montpellier

Les locaux du service central des courses et jeux, dans une annexe du ministère de l'Intérieur, à Nanterre (92). / © AFP
Les locaux du service central des courses et jeux, dans une annexe du ministère de l'Intérieur, à Nanterre (92). / © AFP

En garde à vue depuis 24 heures, les sportifs restaient silencieux, réservant leurs explications au juge d'instruction de Montpellier Thomas Meindl dans cette affaire de soupçons de match truqué sur fond de paris sportifs illicites.

Par Fabrice Dubault

Nikola Karabatic, son frère Luka et 15 autres personnes, dont leurs compagnes et d'autres joueurs, ont été interpellés dimanche par la police.
Face aux enquêteurs, les handballeurs se taisent.
Me Eric Dupond-Moretti, jugeant leur garde à vue "pas utile", a demandé aux frères Karabatic de "garder le silence" pour réserver leurs explications au juge d'instruction.

Nikola Karabatic et son frère Luka "ont parié" lors de la rencontre de Cesson-Sévigné mais "n'ont pas laissé filer le match, n'ont pas triché", a affirmé Me Dupond-Moretti.

Les frères Karabatic, ainsi que trois autres joueurs majeurs de Montpellier blessés, n'avaient pas pris part à ce match de leur club, déjà assuré du titre de champion de France, à Cesson-Sévigné, sur lequel avait été enregistré un montant anormal de paris.

Un transfèrement mardi à Montpellier

"Ils ont parié, c'est une infraction sportive, pas une infraction pénale (...) pour que la justice puisse intervenir dans cette affaire, on a besoin d'un match truqué, faute de quoi, sur le plan pénal, il n'y a rien", a-t-il poursuivi.
"Le match truqué, c'est le procureur qui doit le démontrer. Ces hommes démentent de la façon la plus farouche avoir truqué ce match, ce ne sont pas des tricheurs", a ajouté l'avocat.

L'avocate Caty Richard, qui représente le joueur de Montpellier Wissem Hmam, a affirmé à l'AFP que son client "fait valoir son droit au silence".

Jérôme Fernandez, capitaine de l'équipe de France, s'il reconnaît "la bêtise de quelques joueurs", dénonce, lundi auprès de l'AFP, le "lynchage médiatique" qui vise Nikola Karabatic et les autres handballeurs.

Ils sont entendus dans le cadre d'une commission rogatoire d'un juge d'instruction de Montpellier pour corruption active et passive, escroquerie et recel d'escroquerie aux dépens de la Française des Jeux (FDJ).

Les peines encourues

En cas de simple délit sportif, les joueurs risqueraient six matches de suspension et 15.000 euros d'amende. Le président de Montpellier, Rémy Lévy, a menacé de sanctions pouvant aller jusqu'au licenciement.

Mais en cas de match truqué, le délit pénal de "fraude et corruption sportive" est passible de cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende.

A l'issue de leur audition dans les locaux du service central des courses et jeux, dans une annexe du ministère de l'Intérieur, à Nanterre, les joueurs et plusieurs membres de leur entourage pourront être relâchés sans poursuite ou présentés au juge pour une possible mise en examen.

Me Jean-Yves Lienard, avocat du gardien Michaël Robin, a précisé que la plupart des pes personnes interpellées à Paris seraient transférées "mardi à Montpellier".
Nikola Karabatic, double champion olympique et double champion du monde, et quatre autres membres de son équipe, le Tunisien Wissem Hmam, le Français Michaël Robin, et les Slovènes Dragan Gajic et Primoz Prost, ont été interpellés dimanche peu après la fin du match entre le PSG et Montpellier.

Le club, puis le procureur de la République de Montpellier, tiendront des conférences de presse lundi après-midi.

Les paris litigieux portaient sur le résultat à la mi-temps du match du 12 mai

Quelque 80.000 euros de paris avaient été pris en quelques heures, avec des gains estimés à près de 200.000 euros. D'ordinaire, pour un match de handball tous paris confondus, un maximum de 5.000 euros sont misés.
Selon Midi Libre, Nikola Karabatic doit notamment s'expliquer sur un pari de 3 600 euros, passé le matin du 12 mai dans un bar de Montpellier, par un proche des deux frères. Le journal régional affirme également qu'un patron de bar de l'agglomération de Montpellier, qui aurait misé à lui seul plus de 15.000 euros dans son propre bar, figure parmi les 17 interpellés.

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