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La DCRI en 4 questions (et 4 réponses)

Le siège de la DGSI, à Levallois-Perret / © CC-BY-NS-SA / Mouloud47 via Flickr
Le siège de la DGSI, à Levallois-Perret / © CC-BY-NS-SA / Mouloud47 via Flickr

Le fonctionnement de la DCRI est mis en cause par l'affaire Merah. Retour sur ce service du renseignement intérieur créé en 2008 par la fusion de la DST et des RG.

Par Véronique Haudebourg

Quand et pourquoi a été créée la DCRI ?
La direction centrale du renseignement intérieur est née en 2008 de la fusion entre la direction de la surveillance du territoire (DST, contre-espionnage) et des renseignements généraux (RG). Elle était à sa création, voulue par Nicolas Sarkozy comme « un FBI à la française ». Le président de l'époque voulait un outil de renseignement plus efficace face aux nouvelles formes de menaces intérieures. L’organisation et les activités de la DCRI relevant, par décret, du secret défense, peu de détails sont connus.

Quels moyens et quels outils ?
La DCRI compte environ 3100 fonctionnaires dont la plupart actifs et habilités secret défense. Elle regroupe 11 sous-directions (contre–terrorisme, technologies du renseignement, subversion violente, contre-espionnage, protection économique …) et divise le territoire national en 7 zones (en incluant Paris). On trouve donc des services en régions (DRRI)
La DCRI dispose de son propre groupe d’intervention (GAO : groupe d’appui opérationnel) et est dotée d’un fichier « Christina » classé secret défense qui comprend des données personnelles sur des individus fichés ainsi que sur leurs proches et relations. Ce fichier n’est pas contrôlé par la CNIL (commission nationale de l'informatique et des libertés) et est issu de la fusion des fichiers de la DST et des RG.

Quelles missions ?
La DCRI a pour mission de lutter contre l’espionnage étranger, la « répression des actes terroristes ou visant à porter atteinte à l’autorité de l’Etat », la « surveillance des communications », celle des individus et des groupes radicaux, celle des entreprises françaises publiques et privées techniquement et industriellement sensibles. C’est ce qu’on appelle le renseignement en milieu fermé.
Pour le milieu dit ouvert, il relève du SDIG (sous-direction de l’information générale) placée au sein de la DCSP (direction centrale de la sécurité publique). Le milieu ouvert comprend la veille sur les mouvements sociaux, l’opinion, la surveillance des cultes, les manifestations, la violence urbaine, les sans-papiers…
Cette organisation du renseignement intérieur français a été critiquée dans un rapport par Jean-Jacques Urvoas, actuellement président de la commission des lois de l'Assemblée Nationale.

Quelles mises en cause ?
Outre l’affaire Merah qui pointe ses dysfonctionnements, la DCRI est accusée d’espionner des journalistes, notamment dans l’affaire Woerth-Bettencourt,  et des ordinateurs privés, de surveiller la vie de personnalités comme Dominique Strauss-Kahn… Son ancien directeur, Bernard Squarcini a toujours nié les accusations d’espionnite dont il fait l’objet.
Certaines sources policières parlent d’un prochain « coup de balai » sur la DCRI, et de « bouleversements à venir ». De son côté, Claude Guéant, ancien ministre de l’intérieur de Nicolas Sarkozy persiste à défendre le fonctionnement de la DCRI en général et dans l’affaire Merah en particulier.

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