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Souad Merah aurait suivi des cours d'éducation religieuse à Toulouse

Abdelfattah Rahhaoui interviewé sur le projet d'ouverture d'une école musulmane en octobre 2012 / © Archives / France 3 Midi-Pyrénées
Abdelfattah Rahhaoui interviewé sur le projet d'ouverture d'une école musulmane en octobre 2012 / © Archives / France 3 Midi-Pyrénées

Imam et directeur du groupe d'enseignement privé musulman Alif à Toulouse, Abdelfattah Rahhaoui condamne une partie des propos de Souad Merah.

Par PC et AFP

Souad, la grande soeur "fière" de son petit frère Mohamed Merah, est une enfant des quartiers populaires qui aurait été séduite par l'islamisme radical des salafistes.

A 34 ans, cette mère de trois enfants vivrait désormais dans un appartement du quartier sensible de Bellefontaine à Toulouse. Comme Mohamed, Souad ne semblait pas d'abord vouée à devenir celle qu'elle est aujourd'hui.

Née en Algérie, deuxième de la fratrie, elle rejoint son père à Toulouse en 1981 avec sa mère et ses frères. Enfant, elle est frappée comme sa soeur cadette Aïcha par ses frères. Elle a 15 ans quand ses parents divorcent. Pendant son adolescence dans la cité des Izards, rien ni personne ne l'empêchent d'adopter les tenues sexy, de sortir avec les garçons, de s'amuser en discothèque. "Elle était parfois à la limite d'une vie de débauche", dit son frère aîné Abdelghani.

Elle a 21 ans quand naît son premier enfant. Elevée dans une famille bien connue de la justice, elle a fréquenté les prétoires des tribunaux et les parloirs des prisons. C'est après une nouvelle incarcération de son premier mari qu'elle aurait commencé à se radicaliser en 2001 selon les uns, après une dépression selon d'autres.

Pendant un temps, elle suit assidûment les cours de l'imam Abdelfattah Rahhaoui. Ce religieux est à l'origine de la création du groupe scolaire privé musulman Alif à Toulouse la décrit comme "une femme intelligente soucieuse d'apprendre sa religion, une mère attentionnée qui essaie de trouver sa place dans le pays dans lequel elle vit, préoccupée par l'éducation de ses enfants, et une grande soeur responsable".

L'imam Abdelfattah Rahhaoui se démarque de ses propos sur Mohamed Merah et Ben Laden. Ces mots ne montrent "que le côté noir de cette personne", dit-il, "c'est une femme d'une grande humanité, qui ne supporte pas les injustices. Elle est engagée pour la cause palestinienne et je suis d'accord avec beaucoup de ses engagements". 

Selon un expert, le mouvement qu' a rejoint Souad Merah défend une idéologie proche de celle des Takfiris, des sunnites extrémistes bien implantés en Egypte, légitimant l'assassinat de musulmans opposés à leurs thèses et soupçonnés d'attentats antichiites en Irak.

Son frère Abdelghani, en qui elle dit n'avoir aucune confiance, voit en elle "une terroriste en puissance". Dans son livre sorti cette semaine, il affirme que Souad lui a dit qu'un jour elle commettrait "un attentat suicide" dans le métro toulousain.

Comme Mohamed et Abdelkader, Souad Merah s'est rendue en Egypte pour approfondir sa connaissance de l'Islam. La police s'interroge sur leur financement et on ignore leur finalité. Elle figure depuis 2010 sur la liste des islamistes radicaux recensés à Toulouse par les services de renseignement.

A-t-elle influencé Mohamed ? Est-elle impliquée de près ou de loin dans les tueries ? Elle a été entendue en flagrance par les policiers juste après les assassinats, mais elle n'est pas mise en cause à ce jour. Dans les jours qui suivent, elle interpelle Abdelghani: "C'est Mohamed qui a fait ça, seul. Arrête d'accuser Kader". Abdelkader est seul écroué dans l'affaire pour complicité.

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