A Toulouse, les "Tou'win" veulent gagner contre l'homophobie dans le rugby

Depuis 2007, une équipe amateur de rugby "gay & friendly" oeuvre à Toulouse pour lutter contre l'homophobie dans le monde du rugby. 

La question ne se pose même pas : hétérosexuels ou homosexuels ? Ils sont d'abord là pour s'amuser en jouant au rugby. Créée en 2006, l'association Tou'Win regroupe des amoureux du ballon ovale quelle que soit leur orientation sexuelle. "Gay & friendly", c'est leur refrain. Homos et hétéros jouent ensemble et oeuvrent à faire progresser l'idée que l'on peut être rugbyman et gay. Pas forcément une évidence. 


Un combat de tous les jours

L'homosexualité est encore un sujet tabou dans le monde du rugby (voir encadré ci-dessous). C'est un sport viril, entre hommes forts, et même si l'on dit que "le rugby est un sport de voyous pratiqué par des gentlemen", les gays ne sont pas forcément les bienvenus dans les équipes dites "traditionnelles". D'où l'idée qui a germé en 2006, de créer une équipe gay & friendly à Toulouse, capitale française du rugby. Une équipe s'affichant ouvertement comme telle et revendiquant cette identité avec pour objectif de faire changer les mentalités. "C'est un combat de tous les jours, confie Cyril, le président de l'association, mais si on arrive à changer la mentalité d'un seul de nos adversaires, c'est déjà un triomphe !". 

Le reportage de France 3 Midi-Pyrénées toujours en 2007 :

Se battre aussi pour s'assumer

La première mission, c'est donc de faire changer les esprits dans ce sport, tout en s'amusant. La seconde est de permettre aux joueurs eux-mêmes de s'affirmer, de s'assumer : "Avant j'étais complexé, mais le club m'a permis d'assumer ma sexualité", confie Hubert, 38 ans, qui joue pilier. Sous le maillot des Tou'Win, les joueurs homosexuels se sentent à l'aise. Au point, comme Hubert de se sentir capable désormais, d'aller jouer dans n'importe quelle autre équipe.


Le tournoi des équipes gay & friendly

Pour partager l'expérience toulousaine, les Tou'Win organisent régulièrement un tournoi des équipes gay & friendly françaises. La 4ème édition du tournoi "Ovalie" s'est déroulé le 27 octobre dernier à Toulouse.
Des équipes gays de Paris, Montpellier ou encore Grenoble se sont affrontées avec aussi la participation d'équipes "hétéros" toulousaines. Dans la joie et la bonne humeur.


Peu importe le résultat, la victoire est ailleurs

Les Tou'Win, qui comptent plus d'une quarantaine d'adhérents, affrontent aussi régulièrement les équipes amateurs toulousaines. Une compétition de "rugby loisir" qui leur permet de gagner des matchs. Mais pour eux, peu importe le score, l'essentiel est ailleurs : si les esprits ont changé, si les préjugés sont tombés, alors, oui, ils goûtent vraiment au parfum de la victoire ! 

Ce reportage a été réalisé dans le cadre du programme Mars (Media Against Racism in Sport) qui oeuvre au sein du Conseil de l'Europe contre les discriminations : raciales, sociales, sexuelles.
Le tabou de l'homosexualité dans le rugby professionnel
Le 20 décembre 2009, Gareth Thomas, l'un des plus grand joueurs de rugby Gallois, fait son coming-out dans les colonnes du Daily Mail. Avec 100 sélections en équipe nationale, 40 essais marqués, ce colosse d'1m90 pour 100kg qui a joué pendant plusieurs saisons au Stade Toulousain, avoue dans cette interview : "C'est très difficile pour moi d'être le premier joueur de rugby international à briser le tabou. Je ne veux pas êre vu comme un joueur de rugby homosexuel. Je suis d'abord et avant tout un joueur de rugby". Pendant 15 ans, il s'est tu. Il a souri aux blagues homophobes de ces coéquipiers dans les vestiaires. Il n'a rien dit, charchant à tout prix à "ne pas être démasqué". Allant même jusqu'à paraître lui-même plus hétéro que les hétéros, avec son mariage et ses attitudes : "J'étais persuadé que je n'aurais pas été accepté en tant que gay et que je n'aurais pas réussi une telle carrière. J'étais devenu un maître dans l'art du subterfuge et je pouvais me comporter comme un vrai macho sur un terrain, parce que je ne voulais surtout pas que l'on découvre ma nature profonde".
Et puis à la fin de sa carrière professionnelle, il a choisi de rompre le silence. A la stupéfaction de tout le monde. Mais pour son propre équilibre. Evoquant des envies suicidaires et un profond mal-être dans cette dissimulation. Avec cette phrase qui en dit long sur son état d'esprit de l'époque : "Renoncer pendant aussi longtemps à ce que vous êtes réellement finit par vous plonger dans un sentiment de honte et de solitude"
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