Cet article date de plus de 8 ans

Qu'a découvert le robot Curiosity posé sur la planète Mars depuis 4 mois ?

Trois questions à Sylvestre Maurice, astronome et planétologue toulousain, sur les découvertes du robot Curiosity sur Mars
Lundi soir à la Cité de l'Espace à Toulouse, Sylvestre Maurice, astronome à l'Observatoire Midi-Pyrénées et planétologue  à l'IRAP (CNRS/Université Paul Sabatier) animera une conférence. Il présentera les premières données scientifiques françaises à la surface de Mars.

Vous êtes coresponsable scientifique de CHEM CAM (Chemistry camera). Alors, en quelques mots, CHEM CAM c'est quoi ? A quoi ça sert ?

Sylvestre MAURICE : C'est une caméra capable de voir la composition chimique des roches. Un rayon laser, placé sur le mât de CURIOSITY, tire un faisceau sur les cibles. Ce laser va échauffer la cible à une température de 8 000 degrés ce qui va émettre une lumière. L'analyse de cette lumière (c'est ce que l'on appelle la spectroscopie) permettra de connaitre la composition des roches, quelle est la proportion de fer, de titane, etc ...

Il est question d'une découverte exceptionnelle qui serait annoncée ce soir par la NASA. Vrai ou faux ?

Sylvestre MAURICE : Faux. Il n'y a pas de découverte exceptionnelle. Ce que l'on a voulu dire c'est que CURIOSITY est, dans son ensemble, un instrument exceptionnel, dont les données sont exceptionnelles. Ce que nous dit aussi cet instrument, c'est qu'il va falloir encore du temps pour avoir une information pertinente. C'est une mission de deux ans et cela ne fait que quatre mois que nous sommes à la surface de Mars. Il va donc nous falloir du temps parce que le travail est complexe. 
L'une des premières découvertes importantes c'est que sur ce site volcanique, de l'eau a coulé un jour, genre torrent de rivière.

Quel est le rôle de Toulouse dans cette mission ?

Sylvestre MAURICE :
Dans cette mission, le rôle de Toulouse est fondamental. Toulouse a piloté la conception et la construction de cette caméra chimique. Ensuite, Toulouse est en charge des opérations  au quotidien à la surface de Mars. C'est un partenariat entre le CNRS, l'Université de Toulouse et le CNES.
Je suis le responsable de ce projet, une sorte de chef d'orchestre qui travaille avec 150 techniciens, chercheurs, ingénieurs. Je ne fais que battre la mesure.


POUR EN SAVOIR PLUS:  http://enjoyspace.com


Revoir le reportage tourné le 5 août 2012 par France 3 Midi-Pyrénées  à Toulouse lors du l'arrivée de CURIOSITY sur Mars





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