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L'espoir des salariés de Spanghero d'un maintien partiel de l'activité repose grandement sur l'un des fondateurs : Laurent Spanghero.

L'ambiance est tendue à Castelnaudary et sur le site de l'entreprise. Les salariés de Spanghero ont à nouveau un rendez-vous éprouvant aujourd'hui : y aura-t-il un repreneur ?
Des salariés de l'usine Spanghero, après l'annonce de la fermeture du site.
Des salariés de l'usine Spanghero, après l'annonce de la fermeture du site. © AFP/Rémy Gabalda
L'administrateur judiciaire chargé de statuer sur les offres de reprise de l'entreprise Spanghero de Castelnaudary avait annoncé le 28 mai dernier la fermeture du site et la suppression des 240 emplois. Mais il laissait toutefois la porte ouverte aux deux offres de reprise dont la décision était suspendue à la date du... 5 juin. De cette semaine de délai supplémentaire, les salariés en attendent beaucoup.

Cet après-midi, c'est donc le verdict. A l'ordre du jour, deux questions brûlantes: l'administrateur a-t-il désormais entre les mains un dossier de reprise viable? A quelles conditions ceux qui seront licenciés - peut-être tous - le seront-ils ? Le dirigeant actuel, appartenant à la coopérative basque Lur Berri, est montré du doigt par les salariés remontés. Les salariés ont le soutien des habitants de Castelnaudary qu'ils invitaient à venir manifester sur le parking de l'usine avant le comité d'entreprise cet après-midi. La mairie de Castelnaudary fermera symboliquement ses grilles et les commerçants sont appelés à tirer leur rideau. Par solidarité, des représentants d'entreprises locales en lutte ou liquidées comme Pilpa ou Molex sont présentes et 500 personnes sont venues soutenir les salariés comme en témoigne un confrère d'Europe 1 sur place :

Laurent Spanghero y croit


Deux projets de reprise d'une partie de l'activité de l'entreprise Spanghero sont sur la table dont un portés par Laurent Spanghero, un des fondateurs de la société et membre de la grande famille rugbystique du même nom. L'espoir repose sur lui car le second projet mené par les salariés eux-mêmes laisse peu d'illusion. Laurent Spanghero dit "ne pouvoir se résoudre à laisser tomber ses anciens salariés", a indiqué "avoir réussi à boucler à temps un plan avec ses financements". Son projet préserverait une centaine d'emplois sur les 240. Il reprendrait toutes les activités de l'usine, mais dans des dimensions réduites, et y ajouterait une gamme végétale. Il bénéficie du soutien du chef audois Gilles Goujon, trois étoiles au Michelin.
Celui-ci lui a offert gratuitement son nom et son savoir-faire pour peser sur la décision et sauver le maximum d'emplois.

Le parcours de Laurent Spanghero


Laurent Spanghero, 74 ans, fondateur de l'entreprise Spanghero, a revendue à la coopérative basque Lur Berri en 2009 et garde «bon espoir» pour la reprendre. Il est l'aîné d'une fratrie légendaire du rugby, une famille très nombreuse de six garçons et deux filles. Son père d'origine italienne, Dante Ferrucio Spanghero, arrive en France pendant la grande dépression des années 1930 pour y gagner sa vie comme maçon puis il s'installe comme ouvrier agricole à Bram (Aude). Des six garçons, quatre feront du rugby à un haut niveau, Walter et Claude devenant même internationaux.

En 1970, il crée avec son frère Claude la fameuse entreprise de Castelnaudary aujourd'hui en liquidation judiciaire mais qui a employé jusqu'à 500 personnes. Le scandale désespère l'ancien rugbyman qui se sent particulièrement "malheureux" de voir "dilapider" les emplois.

Laurent Spanghero s'était retiré dès 2005 de l'entreprise mais a continué longtemps d'exercer des fonctions syndicales dans la filière viande, présidant la Fédération patronale des industries et du commerce en gros de la viande jusqu'en 2008 et son pendant européen, l'UECBV, jusqu'en 2012. Comme gros dossier, "on a eu la crise de la vache folle", se rappelle-t-il. "C'est de là qu'est sortie la problématique de la traçabilité". Après avoir sillonné les cinq continents avec l'UECBV, il s'est convaincu que l'avenir est à la protéine végétale. "Il y a une montée très forte de la demande de produits végétaux", dit-il. En janvier 2010, à Revel (Haute-Garonne), il fonde donc avec un associé Nutrinat, une société bio "encore à ses balbutiements". 




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