Trois ans après l'affaire Merah, un syndicat policier tire la sonnette d'alarme

C'est dans un long communiqué que le syndicat Unité SGP Police décrit par le menu l'état d'esprit des policiers, leurs conditions de travail et les raisons de l'affaiblissement et souvent de l'impuissance de la police.

La Police Nationale, malmenée par la RGPP qui l’a amputée de 10.000 effectifs, submergée par une délinquance en hausse constante, une criminalité de plus en plus organisée, s’est trouvée confrontée à un nouvel ennemi, invisible, sournois : le terrorisme djihadiste.
Selon Didier Martinez, Secrétaire régional Unité SGP Police Midi-Pyrénées, il s’agit désormais de la préoccupation majeure des forces de sécurité et du gouvernement, bien que les premières initiatives de restructuration des services de renseignement aient été initiées après l’affaire MERAH.

Des territoires abandonnés
A la source, sur les réseaux sociaux ou par les recruteurs de quartiers, il convient désormais d’apprendre à nous débrouiller sur des terrains que nous avons complètement abandonnés, conséquences de terribles erreurs stratégiques des gouvernements passés.
La Proximité du début des années 2000, laquelle avait permis de nouer une relation de confiance entre la Police et la population, faisait bénéficier aux policiers d’une quantité considérable d’informations précises, transmises par les gardiens d’immeubles, les commerçants, cafetiers, enseignants, animateurs sportifs, tous ces acteurs de la société échangeaient avec les policiers de leur quartier, dans un climat de confiance et permettaient à la police d’anticiper les événements.

Les conséquences de la RGPP
Seconde erreur stratégique dramatique, la mise en oeuvre de la RGPP dans la Police qui depuis 2008 a fait perdre des milliers de postes de policiers et gendarmes… La course au recrutement relancée en 2012 ne parviendra (malgré que les Ecoles de Police tournent désormais à plein régime) à retrouver le volume originel (108.000) que dans 10 à 15 ans.
En effet, malgré 2.500 recrutements annuels, la proportion de « création » de postes en tenant compte notamment des départs en retraite n’est que de 500 à 600 par an.

Terrible bilan 
Exaspérés sur le terrain, écoeurés en judiciaire, et une démonstration horrifiante de ce mal-être : plus de 50 suicides en 2014…