Affaire Thomas Laché : la demande de révocation du contrôle judiciaire du meurtrier présumé entre les mains du juge des libertés

La chambre de l'accusation considère qu'il ne lui appartient pas de statuer sur la révocation du contrôle judiciaire du meurtrier présumé. Le procureur général doit saisir le procureur de Béziers.

Sérignan (Hérault) - marche blanche pour Thomas - 26 juillet 2012.
Sérignan (Hérault) - marche blanche pour Thomas - 26 juillet 2012. © F3 LR

Le meurtrier présumé de Thomas Laché va-t-il être réincarcéré ?
Le question est simple, la réponse l'est moins.

Selon des témoins, l'accusé aurait violé à plusieurs reprises, sa liberté conditionnelle.
Il aurait tenté de retirer son bracelet électronique, il aurait été "surfer" sur internet et fumé du cannabis.
La chambre de l'accusation vient de considérer qu'il ne lui appartient pas de statuer sur une possible révocation du contrôle judiciaire de Jean-Didier T.
Le dossier revient donc au juge des libertés et de la détention (JLD).
Le procureur général doit donc saisir le procureur de Béziers, qui lui même doit saisir le JLD. Et c'est lui qui devra trancher.

S'il estime que la réincarcération est nécessaire, il devra émettre un mandat d'amener, car le meurtrier présumé est en résidence dans l'Aveyron.
Une fois devant le JDL, il sera signifié à Jean-Didier T, sa mise sous écrou.

La chambre de l'instruction, incompétente, renvoie au JLD

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Montpellier s'est déclarée mardi incompétente pour réincarcérer un jeune meurtrier présumé, en attente de jugement, qui avait violé ses conditions de remise en liberté, a-t-on appris de source judiciaire.
La chambre de l'instruction a en revanche demandé au parquet de Béziers de saisir le juge des libertés et de la détention (JLD) afin que ce dernier se prononce sur le cas de ce jeune homme qui a reconnu avoir, en juillet 2010, tué de sept coups de couteau Thomas Laché, 17 ans, lors d'une fête votive à Sérignan dans l'Hérault.
Le parquet général avait requis le mandat de dépôt contre ce jeune garçon, remis en liberté en juillet dernier car, mineur au moment des faits mais majeur aujourd'hui, sa détention provisoire ne pouvait excéder deux ans.

Interrogé par l'AFP, le procureur de Béziers, Patrick Mathé, a affirmé qu'il "allait saisir immédiatement le juge des libertés et de la détention".
Si la chambre de l'instruction avait décidé de sa propre autorité de la réincarcération, le mis en examen n'aurait plus eu de moyen de faire appel, a expliqué une source judiciaire à l'AFP.
La remise en liberté de ce garçon, ainsi que celle de l'agresseur présumé de Carla, une adolescente de 13 ans décédée en 2011 devant le collège de Florensac dans l'Hérault, avaient été dénoncées en juillet par les familles des victimes.

Les arguments des avocats

Selon l'avocat du jeune homme, Me Philippe Terrier, "il n'y a que très peu de chances qu'il n'y ait pas de retour à la case prison", a-t-il déclaré, précisant qu'il ne savait pas où son client, absent à l'audience, se trouvait.
Me Terrier a estimé que son client "(avait) dérapé" en ne respectant pas les conditions de son contrôle judiciaire, consultant son compte Facebook, ce qui lui était interdit, et fumant du cannabis. L'avocat a déploré la médiatisation autour de la remise en liberté de son client, ce qui risque, selon lui, d'inciter les magistrats à se montrer particulièrement sévères.

Avocat des parties civiles, Me Luc Abratkiewicz a rappelé que la famille "vivait depuis deux ans dans la douleur". "Il se moque d'eux depuis sa mise en examen", a affirmé l'avocat, soulignant que le mis en cause avait également "essayé de détériorer son bracelet électronique".
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