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Après les moules, les huîtres et les palourdes de l'Etang de Thau interdites à la vente

L'étang de Thau - novembre 2014 / © Maxppp
L'étang de Thau - novembre 2014 / © Maxppp

La surveillance des zones de production de coquillages, effectuée par l'Ifremer, sur des huîtres et des palourdes en provenance de l'étang de Thau a mis en évidence des résultats d'analyses phytoplanctoniques, et de leurs toxines PSP, supérieurs à la norme autorisée dans la lagune.

Par Fabrice Dubault


La présence, au dessus des normes sanitaires, de PSP, une toxine paralysante mais non dangereuse pour les coquillages a donc obligé les autorités à interdire la récolte et la vente, des huîtres et des palourdes. La contamination des coquillages aux PSP est toxique pour l'homme.

C'est la raison pour laquelle le Préfet de l'Hérault, en accord avec les professionnels, a décidé de suspendre provisoirement la récolte et la commercialisation des huîtres et des palourdes en provenance de ce secteur de production.

Il est demandé aux personnes qui détiendraient ces produits de ne pas les consommer et de les rapporter au point de vente.

Sète et étang de Thau (34) : interdite à la vente, les huîtres de la lagune vont manquer
Reportage F3 LR F.Hertmann et S.Bonnet

Les toxi-infections alimentaires causées par ces toxines se traduisent dans les 30 minutes qui suivent la consommation par des symptômes neurologiques qui peuvent être accompagnés de symptômes gastro-intestinaux.

Les huîtres et les palourdes récoltées antérieurement au 2 octobre ou provenant d'autres zones de production ne sont pas soumises à cette mesure de restriction. Les professionnels peuvent donc continuer à commercialiser ces coquillages dans la mesure où ils présentent les qualités sanitaires requises pour garantir la sécurité des consommateurs.

Cette mesure temporaire sera levée dès que les résultats des analyses seront pleinement satisfaisants.

La semaine dernière, la même mesure d'interdiction était prise pour les moules de l'Etang de Thau, à cause de la présence d'Alexandrium dans le bassin héraultais.

Eau colorée multispécifique à dominance d'Alexandrium minutum et d'Heterocapsa triquetra - lugolé / © E. Nézan / Ifremer
Eau colorée multispécifique à dominance d'Alexandrium minutum et d'Heterocapsa triquetra - lugolé / © E. Nézan / Ifremer

La relation entre concentration dans l'eau d'Alexandrium et niveau de toxicité PSP dans les coquillages est variable selon l'espèce en cause, mais aussi selon la zone géographique

Ceci pourrait s'expliquer par l'existence de souches différentes d'une même espèce, dont l'une serait plus toxique que l'autre. Par exemple, dans l'étang de Thau, les coquillages peuvent devenir toxiques avec des concentrations assez faibles d'A.tamarense/catenella, de l'ordre de quelques milliers de cellules par litre.
Pour ce qui concerne les coquillages des secteurs bretons, ils ne deviennent toxiques que si A.minutum est présent en quantité assez élevée, généralement plus de 10.000 cellules par litre, alors qu'à Toulon, la présence de toxines dans les coquillages a pu être observée avec des concentrations bien inférieures d'A.minutum.

La présence de PSP en France

Les zones qui sont affectées de façon récurrente par des épisodes toxiques PSP sont :

  • en Bretagne, la Rance, la baie de Morlaix et les Abers
  • en Languedoc-Roussillon, l'étang de Thau

La rade de Toulon (Provence-Côte d'Azur) n'a connu qu'un épisode en 2000.

Ces épisodes toxiques sont observés à des saisons différentes en Atlantique et en Méditerranée : entre juin et septembre en Bretagne, entre octobre et décembre dans l'étang de Thau, l'unique épisode de Toulon ayant également eu lieu en hiver.

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