Ariège :"Tout oublier en ouvrant un bocal de pâté", des agriculteurs font le buzz en parodiant la chanson d’Angèle

Restaurant fermé, boutique désertée et emplois menacés, des agriculteurs ariégeois auraient voulu "tout oublier "du Covid mais ils ont préféré le chanter. Leur message de résilience, une parodie de la chanson d’Angèle "Tout oublier", fait le buzz sur internet avec des milliers de partages.

Des agriculteurs ariégeois font le buzz sur Facebook en parodiant la chanson d'Angèle "Tout oublier".
Des agriculteurs ariégeois font le buzz sur Facebook en parodiant la chanson d'Angèle "Tout oublier". © Magalie Lacube

En tenue de sport d’hiver comme dans le clip d’Angèle, les agriculteurs associés du restaurant-boutique de la maison Lacube en Ariège, font du ski non pas sur le sable mais sur la paille de la ferme. Bonnets en laine vissés sur la tête et déco de Noël, dans cette parodie, la fine équipe chante pour promouvoir ses produits. Une façon de faire face à la crise qui secoue les restaurateurs.

Ils défendent avec humour leur terroir et invitent leur clientèle à consommer autrement en attendant des jours meilleurs. "Tout, tu peux tout oublier en ouvrant un bocal de pâté, tout tu peux tout décider, ce bonheur si tu l’voulais tu l’aurais".

Avec ce clip, les Ariégeois font un malheur sur leur page Facebook, avec des milliers de partages. De quoi remonter le moral des associés qui ont pris un coup de massue sur la tête lors de l’annonce des mesures Covid.

Le déclic

"J’étais en voiture, le jour où ils ont annoncé le confinement avec la fermeture des restaurants", explique Magalie Lacube, l'une des agricultrices associées.

 Cela m’a mis un sacré coup au moral... et puis juste après l'annonce j'entends dans mon poste de radio Angèle chanter "Tout oublier". Et ça été le déclic, je me suis dit on ne va pas baisser les bras, on ne va pas laisser la crise nous détruire et j’ai tout de suite pensé à écrire une parodie.

"Arrivée à la boutique, j’ai parlé du projet à l’équipe, et ni une ni deux, tout le monde a adhéré, ils étaient tous à fond et on a tourné le clip le week-end à la ferme. J’ai sollicité François Robic un jeune Ariégeois confiné et étudiant en école de cinéma qui a tout de suite accepté de se lancer dans l'aventure et signe donc ce clip, réalisé avec les moyens du bord."

On a relancé la machine, rajoute Magalie, "on est très présents sur les réseaux sociaux, on voulait montrer une image d’agriculteurs qui dépotent sans se prendre au sérieux et rester connecter. Quand on a vu le nombre de vues, on a halluciné, c’est super et ça maintient le lien avec notre clientèle".

Communiquer pour résister à la crise

La crise du coronavirus fragilise ce concept agricole qui a trouvé sa place en milieu rural, de la ferme à l’assiette. La boutique permet de vendre les produits de la ferme, viande de bœuf gascon, cochon noir, fromage, miel, sirop de fleurs de prairies… au total une quarantaine de producteurs de l’Ariège et des Pyrénées y sont référencés. "Quand on goûte un produit ici on s’en rappelle, ce n’est pas du produit industriel !", renchérit avec enthousiasme Magalie. Un concept qui englobe les visites à la ferme et la découverte du troupeau de vaches, une façon de mieux "comprendre un modèle agricole et du coup ce qu’il y a dans l’assiette".

Il y a huit ans, les agriculteurs ont décidé de créer un restaurant à côté de la boutique. Un restaurant où l’on consomme uniquement les produits du magasin.

Eté comme hiver, ce restaurant marche bien, on a une clientèle très fidèle, ariégeoise à 50%, et puis on est situé à une 1h30 de Toulouse sur la route des stations de sports d’hiver. On a embauché et on fait appel régulièrement à des saisonniers. Mais là avec le Covid tout s’est arrêté.

Un coup d’arrêt qui a engendré une baisse conséquente du chiffre d’affaires, "une perte avec plusieurs zéro", explique Magalie, "et puis il y a les charges à payer en fin d’année, on a des aides mais si on reporte tout à l’an prochain, cela nous mettra aussi en difficulté".

On reste positif on est dans l’action, il faut se bouger on a pas le choix alors on a des idées, on ne peut pas laisser tomber ce projet, il faut résister.

"Pour un Noël solidaire, plus éthique et respectueux laisse tomber Wish et Amazone", l’un des couplets de la parodie donne le ton de cette résilience, les agriculteurs rappellent à la clientèle que les équipes sont mobilisées et qu’elles assurent les livraisons jusqu’à Toulouse via les commandes par téléphone et internet.

Une crise mais toujours des projets

La maison Lacube devait ouvrir cette année, un restaurant au plateau de Beille, toujours dans le même esprit. Mais la crise liée au Covid  a une fois de plus stoppé l'activité. En attendant, le projet de restaurant se transforme en comptoir fermier, il sera ouvert en même temps que la station ce mercredi.

Vente à emporter ou dégustation sur place, "on s’adapte", rajoute avec énergie Magalie.

L’occasion aussi pour ceux qui peuvent se déplacer, de déguster le fameux burger 100% ariégeois à 1800 mètres d’altitude, en vacances et les pieds dans la neige. De quoi lâcher prise et retrouver un peu de liberté.

 

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