Covid : à Pamiers le sous-traitant ariégeois d'Airbus, Aubert et Duval devrait supprimer 144 emplois

Double peine pour les salariés d’Aubert et Duval. Eramet, propriétaire de l’usine serait sur le point de vendre. En difficulté économique depuis le mois d’avril, le groupe devrait supprimer 470 emplois en France dont 144 à Pamiers en Ariège. Les syndicats sont très inquiets.
 
Usine Aubert et Duval, site des Ancizes
Usine Aubert et Duval, site des Ancizes © R.Dugne/La Montagne/MaxPPP
A Pamiers, l’usine Aubert et Duval emploi plus de 1 000 salariés, c’est le premier employeur privé du département. Le géant industriel français de la métallurgie Eramet devrait licencier 470 personnes sur les 11 sites que compte l’usine en France. A Pamiers sur le site ariégois, 144 emplois sont menacés. La vente au groupe Safran, leader mondial des moteurs d’avions "est un secret de polichinelle" pour les syndicats qui craignent une nouvelle casse de l'emploi après le rachat.
L’entreprise accuse une baisse d’activité de 50% depuis avril dernier. Une situation due aux conséquences de la crise sanitaire et à la chute des commandes de son client principal Airbus.
Aujourd’hui les syndicats sont inquiets, les accords du mois de juillet avec la CGT, syndicat majoritaire, pourraient être renégociés. "Un coup de couteau dans le dos", pour Wilfrid Roques, membre du syndicat Sud. Il déplore un manque de concertation et de respect humain de la part de la direction.
Lors du comité d’entreprise exceptionnel qui s’est déroulé ce mardi, les salariés ont appris que 144 postes devraient être supprimés sur le site de Pamiers avec 20 reclassements. Le rapport préconisant, en raison des pertes financières enregistrées, "d’économiser de l’argent sur la masse salariale, sans toucher aux gros salaires du groupe Eramet ni à celui des actionnaires", s’indigne Wilfrid Roques.
Un plan social déguisé pour la CGT qui espère peser dans les ruptures conventionnelles à venir.
Dans le cadre des RCC, ruptures conventionnelles collectives, pour le moment la direction ne propose que le minimum d’indemnisation légal :

8 000 euros pour 10 ans d’ancienneté…Ces ruptures conventionnelles devraient s’effectuer sur la base du volontariat, au bout de 10 refus, l’entreprise se donne le droit d’enclencher un plan de sauvegarde de l'emploi(PSE)


, explique Wilfrid Roques qui dénonce un chantage

Une vente sur les rails                                                                                                             

"On a des gens de la Safran qui circulent dans les usines, raconte Wilfrid Roques, c’est un secret de polichinelle, le groupe devrait prochainement racheter les usines d’Aubert et Duval."
Après le rachat, les salariés craignent un nouveau plan social. Le bilan n’est pas bon, Safran pourrait en effet restructurer et fermer de nombreux ateliers.

Calendrier des négociations


Les salariés devraient être fixés dès lundi lors d’une réunion extraordinaire. Les syndicats sont inquiets, la direction pourrait revenir sur les acquis sociaux et renégocier notamment l’APLD, l’activité partielle de longue durée. Pour le moment les salariés sont à 50% de leur temps de travail au chômage partiel, la direction pourrait négocier un 100% pour raison économique.

Depuis le début de la crise économique liée à l’épidémie de coronavirus, 200 intérimaires n’ont plus travaillé dans les ateliers sur le site de Pamiers. Les syndicats appellent les élus à se mobiliser.
A l'heure où nous publions cet article, la direction n'a pas répondu à nos sollicitations.
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
coronavirus/covid-19 santé société crise économique économie emploi licenciement