Ours des Pyrénées : les bergers d'appui, missionnés par l'Etat, ont-ils vraiment abandonné les éleveurs ?

Photo d'illustration / © MICHEL CLEMENTZ/L'INDEPENDANT/MAXPPP
Photo d'illustration / © MICHEL CLEMENTZ/L'INDEPENDANT/MAXPPP

Un communiqué de la chambre d'agriculture d'Ariège assure que la Pastorale pyrénéenne, missionnée par l'Etat refuse désormais d'envoyer des bergers d'appui en estives, pour protéger les troupeaux des ours. Une accusation à nuancer. 

Par Adélaïde Tenaglia

Dans son communiqué, la chambre d'agriculture d'Ariège ne mâche pas ses mots : "les éleveurs transhumants se retrouvent une nouvelle fois abandonnés par les services de l’Etat et seuls face aux réalités terrifiantes du terrain", assure-t-elle.

En cause ? Un message envoyé le 12 août par le directeur de la Pastorale pyrénéenne, missionnée par l'Etat pour fournir des "bergers d'appui", déclarant ne plus pouvoir faire intervenir ses bergers en estive.
 
Capture d'écran du message envoyé par le directeur de la Pastorale pyrénéenne
Capture d'écran du message envoyé par le directeur de la Pastorale pyrénéenne

Une seule estive concernée

Hors contexte, voilà de quoi susciter la colère des éleveurs opposés à l'ours : l'Etat défend la présence de ce dernier en assurant aux éleveurs des moyens de protéger leurs troupeaux, comme avec ces bergers d'appuis. Si ceux-ci n'interviennent plus, les bergers sont en effet livrés à eux-mêmes. 

Un message qui, par ailleurs, fait suite, comme le rappelle la chambre d'agriculture, à un refus d'agents de l'Office national de la faune et de la flore sauvage de venir faire des constatations dans l’Aston et dans le Vicdessos, après avoir vu leur véhicule incendié
 


Mais l'Etat n'a pas tout à fait abandonné les bergers comme le laisse croire le communiqué de la chambre d'agriculture de l'Ariège. La Pastorale Pyrénéenne vient apporter des nuances à ces accusations dans un communiqué.

La Pastorale pyrénéenne dément et réaffirme son soutien aux éleveurs

L'association a, en effet, cessé d'intervenir sur une estive, car elle estimait que les conditions permettant d'assurer la sécurité du troupeau, et des bergers n'étaient pas réunies. 

C'est principalement le lieu de couchade des bergers qui poserait problème : selon la Pastorale, celui-ci serait trop proche d'une falaise. Difficile, dans ces conditions d'éviter le dérochement du troupeau en cas de présence de l'ours. Cela peut même être dangereux pour les bergers, notamment si les conditions météorologiques sont mauvaises. 

En dehors de cette estive problématique, la Pastorale l'assure, elle continue à faire intervenir des bergers d'appui auprès des éleveurs qui en ont besoin. Elle se dit également prête à discuter avec le berger de l'estive en question, pour trouver d'autres solutions pour protéger son troupeau des ours. 

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