Permis de conduire. Ce département durcit les sanctions routières après une "année noire" sur ses routes

À partir du 1er novembre, les sanctions routières vont être renforcées dans le département de l'Ariège. Une mesure prise par la préfecture après une année record concernant la suspension de permis. Elle doit sanctionner l'alcoolémie au volant, la prise de stupéfiants et les excès de vitesse importants.

2022 a été "une année noire" pour le département de l'Ariège. " Il y a eu beaucoup d'accidents, de personnes tuées sur nos routes", atteste Guillaume Afonso, directeur de cabinet du préfet de l'Ariège. Un constat macabre, après une année record avec la suspension de 675 permis en 2022, contre quasiment 100 de moins l'année précédente.

Pour remédier à ces accidents et comportements dangereux, la préfecture de l'Ariège a annoncé la mise en place d'un nouveau barème de suspension du permis pour certaines infractions.

La drogue, premier motif de suspension de permis

La préfecture chiffre a plus de 10% les augmentations des infractions pour conduite sous l'emprise de stupéfiants. Des faits qui sont très souvent cumulés avec des faits de vitesse excessive et une alcoolémie importante.

Les stupéfiants sont le tout premier motif de suspension du permis de conduire dans ce département, ils représentent 49,93 % du total des infractions.

À partir du 1er novembre, avec la révision des sanctions routières, "un contrôle positif aux stupéfiants sera passible de 6 mois de suspension de permis, au lieu de 5 auparavant, détaille Guillaume Afonso." La sanction pour excès de vitesse supérieur à 40 km/ h en agglomération passe de quatre à 6 mois de suspension de permis. Les contrôles de police et de gendarmerie vont également être renforcés.

Un accueil positif des usagers de la route

Cette révision du barème a été accueillie plutôt positivement par les usagers de la route. Interrogé par France 3 Occitanie, un couple d'automobilistes affirme : "L'alcool au volant et le non-respect des signalisations, c'est trop dangereux. Depuis le temps que je conduis, je me rends compte qu'il y a des comportements qui sont dangereux, et qui mettent la vie des gens en danger pour rien. Doubler dans les virages aussi, ça arrive souvent, surtout en montagne."

Un autre s'exclame : "S’il y a des personnes alcoolisées au volant, ou sous stupéfiants, pour ces  infractions, il n’y a pas à avoir de pitié !"

Au-delà du renforcement des sanctions routières, la prévention va aussi être généralisée dans les établissements scolaires et à destination du grand public. Jean-Claude Torecillas, Intervenant départemental de sécurité routière en Ariège raconte : "Nous nous adressons beaucoup aux jeunes, on s'aperçoit que 30% des accidents concernent des faits d'alcool. Et que deux sur dix au moins, concernent la drogue. Et dans la plupart des cas, ce sont les 18- 25 ans qui sont à l'origine de ces accidents."

De nombreuses interventions sont mises en place, des sensibilisations à la sécurité routière, ou dans le cadre du permis probatoire, ainsi que des actions anticipés à la conduite. Jean-Claude Torecillas dresse un constat : "les jeunes ne se rendent pas compte des risques." Il ajoute : "On s'aperçoit que quand on fait les expérimentations avec les parcours qui simulent, avec des lunettes, la prise d'alcool ou la prise de cannabis, ils sont surpris des sensations qu'ils ressentent et des conséquences sur la vue, la réactivité..."

Aujourd'hui, chaque préfecture a la possibilité de fixer les sanctions, sous réserve de respecter le cadrage ministériel de l'Intérieur.

(Avec Geoffrey Berg)