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Premiers tirs d'effarouchement contre un ours en Ariège après le dérochement de 61 brebis

Photo d'illustration. Ours brun des Pyrénées / © P.Clément/MAXPPP
Photo d'illustration. Ours brun des Pyrénées / © P.Clément/MAXPPP

La préfète de l'Ariège a ordonné l'effarouchement d'un ours dans les Pyrénées ariégeoises. Une décision qui intervient après la chute de 61 brebis.

Par Juliette Meurin

Une première mesure d'effarouchement d'ours avec des tirs non létaux a été lancée jeudi soir en Ariège sur l'estive du Mont Rouch dans le Couserans. Il s'agit d'essayer d'éloigner un ours qui serait à l'origine du dérochement de 61 brebis.

Cette mesure décidée par la préfète d'Ariège est mise en œuvre par les agents spécialisés de l’office national de la chasse et de la faune sauvage ( ONCFS) pour le compte de l’éleveur, ou bien par les éleveurs eux-mêmes, s'ils détiennent un permis de chasse.

Des effarouchements pendant 3 jours

Un arrêté ministériel prévoit plusieurs façons d'effrayer un ours : les moyens peuvent être sonores, lumineux ou olfactifs. Il est possible aussi de procéder à des tirs non létaux. Dans un arrêté préfectoral, Chantal Mauchet, la préfète d'Ariège a précisé que les agents de l'ONCFS et des éleveurs avaient procédé à un effarouchement renforcé, c'est à dire à des tirs non létaux.

Ce genre d'effarouchement peut-être mis en place dès la deuxième attaque dans un délai d'un mois, et si des mesures d'effarouchement simple ont déjà été tentées. L'estive du Mont-Rouch répondait à ces critères, puisqu'un effarouchement simple avait déjà été autorisé le 11 juillet 2019, selon l'arrêté préfectoral. 

Les effarouchements vont se poursuivre ce vendredi et ce samedi et l'autorité préfectorale communiquera lundi sur ce sujet.

Dans un communiqué de presse diffusé ce jeudi, la préfecture ariégeoise indique que le dérochement s'est produit mercredi 24 juillet en fin d'après midi
Les premiers constats ont bien été effectués jeudi matin par les agents de l'ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage).

Un effarouchement pour acheter la paix sociale ?

Suite à cet effarouchement, l'association FERUS, qui milite pour la présence de l'ours dans les Pyrénées a publié une lettre ouverte sur son site. Adressée à la préfète de l'Ariège, la lettre déplore cette technique d'éloignement de l'ours et le manque de communication de la préfecture. 

Vous avez lancé une procédure d’effarouchement des ours. Cette procédure peut être activée suivant l’arrêté ministériel uniquement sur troupeaux protégés. Cette précipitation est peut-être liée à une volonté, comme vos prédécesseurs, d’acheter la paix sociale, dit l'association.


Pour les membres de l'association, les moyens de protection mis en place dans les estives sont insuffisants, et il faudrait les renforcer avant de procéder à des effarouchements. Ils estiment que l'ours est devenu "le bouc émissaire d’un dysfonctionnement pastoral".
 

L'ours sujet de tensions de plus en plus vives

De leur côté, les "anti-ours" ne sont pas tout à fait satisfaits des effarouchements non plus. Gérard Dubuc, maire de Saint-Lary (Hautes-Pyréenées), et membre de l'ASPAP (Association pour la sauvegarde du patrimoine d'Ariège-Pyrénées) "n'y croit pas" et considère ces mesures comme superficielles.

Nos estives sont devenues des cimetières à brebis, dénonce-t-il. Les éleveurs sont en souffrance, ils sont excédés et on a l'impression que rien n'est fait.


Par ailleurs, l'ONCFS avait fait savoir cette semaine que les agents ne feraient plus de constats des attaques de troupeaux potentiellement liés à l'ours dans les vallées d'Aston et de Vicdessos en Ariège. En raison d'un incident.
 

Mercredi 17 juillet, des agents de l'ONCFS venus faire un constat de dégâts sur un troupeau ont en effet retrouvé leur véhicule incendié.
Une enquête judiciaire est en cours à ce sujet.

 

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