L'Assemblée nationale vote l'obligation de caméras dans les abattoirs à partir de 2018

 Images clandestines tournées à l'abattoir d'Alès, dans le Gard - 14 octobre 2015 / © Association L214
Images clandestines tournées à l'abattoir d'Alès, dans le Gard - 14 octobre 2015 / © Association L214

L'Assemblée nationale a voté de façon inattendue jeudi soir l'obligation d'installer des caméras dans les abattoirs à partir de 2018, souhaitée par les radicaux de gauche et les associations de protection animale. Les vidéos dans les abattoirs d'Alès, du Vigan et de Pézenas ont fait scandale.

Par OLC avec l'AFP

A partir du 1er janvier 2018


L'Assemblée nationale a voté de façon inattendue jeudi soir l'obligation d'installer des caméras dans les abattoirs à partir de 2018, souhaitée par les radicaux de gauche et les associations de protection animale. À partir du 1er janvier 2018, et à l'issue d'une expérimentation, "des caméras (seront) installées dans tous les lieux d'acheminement, d'hébergement, d'immobilisation, d'étourdissement, d'abattage et de mise à mort des animaux", stipule la disposition adoptée, à laquelle se sont finalement ralliés les socialistes et le gouvernement.

"respect de l'animal en abattoir"


L'expérimentation devra permettre "d'évaluer l'opportunité et les conditions de la mise en place" des caméras, ont fait préciser les socialistes, via un amendement à la proposition de loi pour le "respect de l'animal en abattoir", portée par Olivier Falorni (DVG). "Nous sommes déjà dans des discussions pour des expérimentations (...) Actons le fait que ça va se généraliser", a plaidé le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll après une interruption de séance, alors qu'il s'était montré prudent jusqu'alors, invoquant "la crise de l'élevage" et le "respect des travailleurs" dans les abattoirs.

Malgré l'opposition de quelques députés de droite et du centre, qui pronostiquent déjà que "les petits abattoirs disparaîtront" compte tenu de cette nouvelle charge, la mesure a été largement adoptée, par 28 voix contre 4.

Alès, Le Vigan et Pézenas

Octobre 2015: Alès
L’association L214 de défense des animaux s'est introduite pendant plusieurs semaines en caméra cachée dans l'abattoir d'Alès, dans le GardElle met en ligne des vidéos chocs. on y tue chaque année 40.000 moutons, 20.000 cochons, 6.000 bovins et 3.000 chevaux. L'abattoir d'Alès, dans le Gard, aura fermé ses portes pendant exactement deux mois.

Janvier 2016: Le Vigan
Animaux mal étourdis, moutons lancés violemment contre les barrière, coups répétés à la matraque électrique. L'association L214 publie sur son site une vidéo d'environ 4 minutes 30 secondes filmée, selon elle, à l'abattoir du Vigan. Elle demande une nouvelle fois une commission d'enquête parlementaire sur les méthodes d'abattage dans les abattoirs français. "Stéphane Le Foll condamne avec la plus grande fermeté ces pratiques intolérables et a immédiatement diligenté une enquête de la Brigade nationale d'enquête vétérinaire et phytosanitaire", annonce par ailleurs le ministre dans un communiqué distinct. ordonne aux préfets de procéder d'ici un mois à des "inspections spécifiques sur la protection animale dans l'ensemble des abattoirs" du pays.

Juin 2016: Pézenas
L'association L214 dénonce une nouvelle fois des actes de maltraitance animale dans les abattoirs. Après Alès et le Vigan, l'abattoir de Pézenas dans l'Hérault a été filmé par les militants. Nouvelles scènes insoutenables de mises à mort de chevaux et de moutons. Les images montrent à Pézenas des chevaux "parfois tirés au treuil jusque dans le box d'abattage".

Juillet 2016:
Quelques mois après les différents "scandales" qui ont frappé les abattoirs de l'Hérault et du Gard, le gouvernement veut montrer que le dossier avance. Les rapports et synthèses d'inspection sont donc désormais en ligne et accessibles sur les sites des préfectures.

Septembre 2016: propositions de la commission d'enquête
Parmi les pistes esquissées pendant les trois mois d'audition : l'amélioration de la formation des personnels et des contrôles vétérinaires, mais aussi la question de la mise en place d'une vidéosurveillance. Des contrôles menés par l'administration, après ces vidéos choc, ont montré des manquements graves sur 5% des lignes d'abattage de 259 abattoirs français inspectés (sur 263).

Janvier 2017: L'Assemblée vote l'obligation de caméras dans les abattoirs à partir de 2018

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus