Aude : colère des assistants d'éducation à Carcassonne "Nous ne sommes pas des pions !"

Leur grève nationale a commencé le 1er décembre dernier et régulièrement, ils manifestent. Les AED, les assistants d'éducation, ceux qu'on appelle parfois les surveillants, étaient en grève dans l'Aude ce jeudi. IIs réclament moins de précarité et un véritable statut. Reportage à Carcassonne.

Carcassonne - les surveillants scolaires en colère manifestent et sont en grève - 24 mars 2021.
Carcassonne - les surveillants scolaires en colère manifestent et sont en grève - 24 mars 2021. © F3 LR

"Nous ne sommes pas des pions !", un slogan ironique tout trouvé pour les assistants d'éducation, les AED, les surveillants de collège et lycée, les "pions" comme si souvent surnommés. Depuis le 1er décembre, ils font grève régulièrement et manifestent leur mécontentement. Ces dernières années, les missions des surveillants dans les établissements scolaires se sont diversifiées. Mais leur statut lui, est resté inchangé.

On doit tout superviser, on doit être à l'écoute des élèves, on doit faire attention au protocole sanitaire, on doit les suivre en études, on doit les aider et le soir, on a l'internat...

Manuella, AED dans un lycée audois.

Marre de la précarité

Malgré la variété de ces missions, être surveillant, est aujourd'hui plus un job qu'un véritable métier. Impossible pour eux d'exercer cette activité plus de six ans, la loi ne l'autorise pas.
Esteban travaille dans un établissement depuis quatre ans, il est payé au SMIC. Il est locataire et s'estime déjà heureux d'avoir pu se loger.

C'est dramatique pour nombre de collègues, j'ai la chance d'avoir une personne qui s'est portée caution pour moi, mais à 36 ans, cela fait un peu mal à 'égo ! Et quant aux banques, on y va même pas car on sait que tout nous sera refusé... donc j'ai bon nombre de collègues qui ne peuvent pas accéder à des logements décents.

Esteban, AED dans un lycée audois.

Les AED veulent un changement de statut

Les surveillants réclament donc une évolution de leur statut et notamment l'abandon de la règle des six ans maximum. Une règle contre-productive selon eux.

Quand on a la chance d'avoir fait noyau dur sur deux ans, on peut enfin maîtriser la situation, comprendre les tenants et les aboutissants, mettre en  place des vraies actions pédagogiques, comme des ateliers ou vraiment l'accompagnement aux devoirs. Ce qui est impossible lorsque l'on commence car on a, en tout et pour tout, une journée de formation au rectorat.

Camille, AED dans un lycée audois

Les surveillants de l'académie ont manifesté ce jeudi, devant les grilles du rectorat à Montpellier.

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