Aude : un promoteur éolien réclame plus d’un million d’euros à des associations de défense de l’environnement

Des aérogénérateurs (éoliennes) sur le site d'Opoul Perillos, près de Narbonne - archives / © GEORGES GOBET / AFP
Des aérogénérateurs (éoliennes) sur le site d'Opoul Perillos, près de Narbonne - archives / © GEORGES GOBET / AFP

Un promoteur éolien audois, Valorem, réclame plus d'un million d'euros à des associations de défense de l'environnement. Selon lui, ces associations l'empêcherait de lancer la construction de plusieurs éoliennes, en raison du risque sur la faune.

Par Joane Mériot

1 017 986,38 millions d'euros, c’est la somme exacte que réclame le promoteur éolien Valorem. Il a assigné des associations de défense de l'environnement devant le TGI de Carcassonne pour des "recours abusifs" qui l'empêchent de lancer la construction de plusieurs éoliennes dans l'Aude.
 

A quoi correspond cette somme ?


Cette somme correspond notamment à "la perte de revenus" ainsi que "des investissements en moins" pour la société, "des frais de justice et honoraires", a dit à l'AFP le directeur du projet Valorem dans l'Aude, Max Grua.
 

Une somme astronomique pour la Ligue de protection des Oiseaux


"Une somme astronomique, choquante et indigne d'un acteur de la transition écologique", estime pour sa part la LPO dans un communiqué.

Selon M. Grua, les trois projets de construction sur les communes d'Alet-les-Bains, Saint-Polycarpe et Véraza remontent aux années 2000 pour un parc global de 14 éoliennes.

Un des projets ayant été revu à la baisse "en raison de son impact plus important" sur la faune, en particulier sur les rapaces, seules 12 machines ont finalement été envisagées.

Mais en raison des recours, "le projet n'est toujours pas construit", les associations se livrant à un "acharnement" à son encontre, selon M. Grua.
 

Des impacts réels sur la nature


Pour la LPO, les lieux d'implantation des éoliennes correspondent "à un site désigné au titre de Natura 2000". Les impacts attendus du parc "sur l'avifaune, grandement minimisés par le promoteur, seront sans précédent sur au moins trois espèces d'oiseaux parmi les plus menacées en France: le Vautour percnoptère, le Vautour fauve et le Gypaète barbu", assure-t-elle.

"On ne va pas détruire d'espèces protégées", a affirmé M. Brua qui "s'est engagé à équiper les éoliennes de dispositifs d'effarouchement" des rapaces, dispositifs capables de mettre à l'arrêt les machines.

Pour la LPO, l'action en justice de Valorem "est perçue comme une tentative d'intimidation à son endroit avec en filigrane un objectif de décrédibilisation de son action auprès du grand public".
 

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