Double meurtre à Carcassonne : pour le procureur de la République, cette fusillade est un "drame des animosités des quartiers"

Publié le Mis à jour le
Écrit par Fabrice Dubault
Carcassonne - le quartier du Viguier dont Billel et Anas étaient originaires - novembre 2021.
Carcassonne - le quartier du Viguier dont Billel et Anas étaient originaires - novembre 2021. © FTV

Une semaine après la fusillade qui a fait 2 morts à Carcassonne, dans le quartier de Grazailles, le procureur de la République de Narbonne tenait une conférence de presse. Il a confirmé la mise en examen d'un homme pour homicide volontaire et est revenu sur la criminalité dans les quartiers.

Plus qu'une affaire de drogue et de trafic de stupéfiants, cette fusillade tragique aurait pour origine "les animosités de quartier" selon le procureur de la République de Narbonne, Eric Camous.

Il est aussi revenu sur les faits et sur le profil de l'homme mis en examen et placé en détention provisoire samedi dernier, pour homicide volontaire, tentative d'homicide, destruction d'éléments de preuve, recel de documents susceptibles de faire obstacle à la manifestation de la vérité et détention d'arme de catégorie A (arme de guerre).

Il est âgé de 21 ans et inconnu de la justice.

Billel 20 ans et Anas 18 ans, tués dans la fusillade

Il est 22 heures passées de quelques minutes, ce 31 octobre, dans le quartier sensible de Grazailles à Carcassonne, quand des coups de feux retentissent. Un homme tire avec une arme automatique en direction d’une voiture venue d’une autre citée de la ville, celle du Viguier.   

Selon Frédéric Martinez, directeur de la police judiciaire de Perpignan, en charge de l'enquête, il y a eu 5 impacts de balles sur le véhicule. 4 côté droite et un côté gauche.

Billel Doussas, 20 ans, originaire du quartier du Viguier, décède sur le coup. Alors que la voiture fait demi-tour pour récupérer le corps de la victime, de nouveaux tirs fusent et atteignent Anas El Madani, 18 ans. Il succombe à ses blessures à l’hôpital dans la soirée.

Des investigations sont toujours en cours. 6 personnes ont été arrêtées mais seul un homme a été mis en examen ce week-end et placé en détention provisoire notamment pour homicide volontaire.

"Son casier judiciaire est vierge de toute condamnation, il n'a jamais travaillé. Ses ressources viennent de subsides que lui versent ses parents". Le procureur poursuit en parlant des jeunes qui se trouvent dans une situation de désoeuvrement liée à la déscolarisation précoce... et sans activité professionnelle.

Certains éléments l'impliquent dans ce drame. Il a 21 ans, aucune activité professionnelle, il avait stoppé sa scolarité à 16 ans et n'avait depuis engagé aucune formation.

Éric Camous, procureur de la République de Narbonne

"Aucun élément associant ce drame au trafic de drogue"

L’hypothèse de la guerre de territoire, sur fond de trafic de stupéfiants, n’est pas celle privilégiée par les enquêteurs de la police judiciaire de Perpignan, en charge de l’affaire.

Le procureur précise : "les premières tensions" ont eu lieu dans le quartier de Grazailles peu avant 21h, mais la police n'a pas pu se déplacer, "tous les effectifs étant déjà engagés sur d'autres quartiers".
Une heure plus tard environ, plusieurs jeunes du quartier du Viguier ont rejoint en voiture un de leurs camarades qui se trouvait près du quartier de Grazailles. Là, depuis un appartement au premier étage, des témoins ont évoqué "un feu nourri
qui laisse penser à une arme automatique".
La première victime, Billel, 20 ans, présente des impacts de balles "du haut vers
le bas, de gauche à droite", selon l'autopsie. Anas, 18 ans, est ensuite mortellement
blessé par balles au niveau du thorax.

"Des investigations sont en cours pour déterminer la nature de l'arme utilisée",
mais des projectiles de calibre 9 mm ont été trouvés par les services de police.

Il s'agit d'une rivalité entre jeunes de quartiers. Depuis plusieurs semaines, nous avons des actes d'intimidation et/ou de violence entre les uns et les autres.

Frédéric Martinez, directeur de la police judiciaire de Perpignan

Chacun espère maintenant que les nombreux appels au calme lancés pendant la marche blanche dimanche seront entendus par les habitants et les jeunes des deux quartiers pour éviter toutes représailles.

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