Narbonne : les bus du réseau urbain équipés de caméras pour empêcher les incivilités

Les bus du réseau urbain de Narbonne s'équipent de caméras de "vidéo-protection". La volonté des élus de l'agglomération, qui a financé ce projet, est de rassurer usagers et conducteurs, et d'empêcher les dégradations et agressions qui sont de plus en plus fréquentes depuis deux ans.

Les 26 bus urbains sont équipés de 3 caméras chacun
Les 26 bus urbains sont équipés de 3 caméras chacun © FTV
Le projet était en discussion depuis plusieurs mois. Les 26 Citibus, soit le réseau de bus urbain de Narbonne, sont désormais équipés de trois caméras chacun. Cette vidéo-protection (et non pas vidéo-surveillance) a pour but de faire baisser le nombre d'agressions et d'actes de vandalisme dans les transports en commun narbonnais, en hausse depuis 2018.
 

Il y a depuis quelques années une recrudescence des violences verbales et physiques, des dégradations aux abords des véhicules, donc ce nouvel outil peut prévenir et dissuader ces actes de délinquance à l’intérieur des véhicules ou pouvoir en identifier les auteurs.

François Benoist, directeur de Keolis Narbonne



L'installation de caméras était demandée depuis longtemps par les conducteurs et conductrices victimes d'agressions. Avril 2018, septembre 2019, et plus récemment deux agressions en mai dernier. Les conducteurs de Keolis ont fait valoir, à chaque fois, leur droit de retrait, et organisé plusieurs manifestations pour plus de sécurité. "Les conducteurs pourront désormais travailler plus sereinement", estime Jean-Marc Jansana, vice-président du Grand Narbonne, en charge des transports.

La mesure a mis du temps à voir le jour. "La position des caméras a été réglée de sorte à ce qu’elles ne filment pas la chaussée, ce qui a posé des problèmes au début de droit à l'image." précise Jean-Marc Jansana.  L’accord a été donné au mois d’août. 
 
Les élus réfléchissent désormais à équiper de caméras les lignes de bus estivales qui desservent les stations balnéaires
Les élus réfléchissent désormais à équiper de caméras les lignes de bus estivales qui desservent les stations balnéaires © FTV


Les images sont stockées pendant 30 jours et ne sont pas visionnées, hors procédure judiciaire. "Elles peuvent être visionnées avec un comité interne à l’entreprise composé de délégués du personnel et de l’employeur pour vérifier des faits", indique le chargé des transports au Grand Narbonne.

Pour Amaury Chedeville, chauffeur de bus, la vidéo-protection est un pas en avant, mais reste insuffisante. Le délégué CGT milite pour plus de personnels de contrôle sur le terrain. 
 

On a constaté une augmentation des agressions avec le Covid. Les gens ont changés, sont plus nerveux. Mais on veut se rapprocher des 0% d’agressions. Et pour ça, il y a des moyens. Pour l’instant on nous dit qu’il n’y a pas de budget, mais on ne l’accepte pas

Amaury Chedeville, délégué CGT

100.000 € de budget


Coût de l'installation : 100.000€. Le Grand Narbonne a investi dans la sécurisation de ses sept lignes de bus dans l'espoir de voir peut-être aussi une augmentation du nombre d'usagers.
 

L’idée est de rassurer et de favoriser le retour à l’emploi des transports en commun, ce qui va permettre d’augmenter les recettes de Keolis avec l’assurance de voyager en sécurité.

Jean-Marc Jansana, vice-président du Grand Narbonne en charge des transports


Pour le moment, seules les lignes urbaines sont concernées, mais l'agglomération réfléchit à élargir potentiellement les caméras aux lignes estivales qui desservent les stations balnéaires. 
 

Les lignes interurbaines ont été équipées en priorité. Notre attention se porte maintenant sur les lignes estivales. En ce qui concerne les cars qui circulent au sein des 36 communes interurbaines, le transport linéaire des enfants se fait dans une plus grande sécurisation par rapport aux bus, avec des arrêts tous les 100 mètres, et des personnes qui montent et descendent...

Jean-Marc Jansana

Les élus du Grand Narbonne n'excluent pas que tous les cars inter-urbains soient, dans le futur, équipés de vidéo-protection.

Le reportage d'Alexandre Grellier et Frédéric Guibal 
 
 
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