Millau : verbalisés via la vidéosurveillance, ils gagnent en justice

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Écrit par Corinne Carrière avec Mathilde De Flamenil

"Les amendés de mai", relaxés. Ce mercredi 23 mars, la justice a donné raison aux 27 personnes convoquées au tribunal de Millau pour avoir manifesté dans un contexte d'état d'urgence sanitaire. Une victoire sur fond de liberté d'expression.

Ce mercredi 23 mars, après 22 mois de procédure, le Tribunal de proximité de Millau a prononcé la relaxe pour "les amendés de mai". C'est une victoire pour les 27 personnes venues dénoncer la vidéo verbalisation dont ils jugent avoir été victimes lors d’une manifestation contre "la casse des services publics".

Ces "amendés de mai" avaient été verbalisés notamment pour avoir participé à des manifestations non-déclarées en période de restrictions sanitaires, à Millau dans l'Aveyron en mai 2020.

Après trois heures d’audience ce 24 mars, la relaxe est prononcée. Un soulagement. Ce qui est important, clamait l’un des amendés à la sortie de l'audience, "c'est que cette décision confirme tout cela, il faut continuer notre combat vis-à-vis de nos libertés et droits". Elle-aussi verbalisée dans le cadre de cette manifestation, Fabienne Cransac, elle aussi a été verbalisée dans le cadre de cette manifestation, et fait part de son émoi. 

On est sorti dans la rue pour exprimer plus de moyens pour la santé, pour l’éducation, et on nous a empêché ces choses-là ! C’est une forte injustice ressentie .

"Lenteur et manque d’efficacité du ministère public"

Des droits bafoués et une contestation difficile à faire entendre pour les avocats des "amendés de mai". Selon Maître Benjamin Francos, "ce qui n’est pas courant dans ce dossier c’est la lenteur et le manque d’efficacité et de pertinence avec laquelle le ministère public a instruit ce dossier, et des arguments de fonds sur la question d’aller manifester".

A la sortie de l’audience Maître Julien Brel annonçait une victoire sur le fond et la forme. "C’est un élément très important qui a été au cœur des débats et qui est discuté depuis deux ans. Pour nous juristes, du côté du ministère public la procédure nous apparaissait de toute évidence loufoque".

C’est très important d’avoir un magistrat qui rappelle à l’ordre des services de police, s’agissant de l’application de la loi.

Après 22 mois de procédure, les 27 amendés de mai ont été relaxés par le Tribunal de proximité de Millau.