900 tonnes de batteries au lithium en feu : "Il y a des problèmes avec cette entreprise", les craintes environnementales et sanitaires de la population

L'incendie n'est toujours pas éteint, lundi 19 février 2024, sur le site de la SNAM à Viviez, (Aveyron), où 900 tonnes de batteries de lithium sont en feu. La situation est maitrisée mais les inquiétudes de la population quant aux répercussions sur la santé publique et l'environnement n'ont pas disparues comme l'exprime Jean-Louis Calmettes de l'association ADEBA.

900 tonnes de batteries au lithium brûlent depuis le samedi 17 février 2024 sur la commune de Viviez dans le département de l'Aveyron. Le feu n’est toujours pas éteint mais les risques de propagation sont maîtrisés. La préfecture écarte toute idée de" risque en termes de toxicité". "Sanitairement, les labos qui ont fait les analyses n’ont pas trouvé de traces importantes de produits toxiques ou dangereux. Notamment des métaux lourds" assure Jean-Louis Denoit maire PS de Viviez. Mais toute la population n’est pas rassurée pour autant comme Jean-Louis Calmettes de l'association ADEBA (Association pour la Défense de l'Environnement du Bassin et ses Alentours) opposé au projet Solena, un centre de traitement et de stockage des déchets.

France 3 Quercy-Rouergue : après cet incendie, quelles sont vos craintes ?
Jean-Louis Calmettes, association ADEBA : nous sommes inquiets pour la qualité de l’air. Il nous faut attendre les résultats d’Atmo Occitanie, avec qui nous travaillons dans la commission de suivi de sites de la SNAM. Nous patientons également pour les analyses de l'eau. Car j'ai bien peur que la petite station d'épuration des bassins de décantation ne soit pas assez importante et assez efficace par rapport à la quantité d'eau à traiter sur ce site. Mon inquiétude est d’autant plus grande que cette station a eu déjà des problèmes il y a quelques mois.


France 3 Quercy-Rouergue : pensez-vous que les habitants de Viviez ont été prévenus en temps et en heure de ce qui se passait ?
Jean-Louis Calmettes, association ADEBA : ce qui pêche, c'est le système d'alerte. Autant pour les inondations dans la vallée du Lot, nous avons un système d'alerte efficace par des sirènes, par des alertes sécurités par téléphone, autant les accidents industriels, parce que c'est un gros accident industriel que nous connaissons actuellement, il n'existe rien sur la région. Il n’y a pas d'alerte par téléphone, pas de sirène. Certains ont été prévenus grâce à l’application de PanneauPocket. Mais ils sont peu nombreux. Certains maires ont pris leur bâton de pèlerin pour aller frapper aux portes aussi, mais ce n'est pas efficace, ce n'est pas sérieux.


France 3 Quercy-Rouergue : selon vous quels sont les produits toxiques qui ont pu être inhalés ou qui ont pu polluer l’eau ? 
Jean-Louis Calmettes, association ADEBA : ce sont des batteries au lithium, cela peut donc créer des problèmes de santé importants. Les employés qui y travaillent en sont d’ailleurs conscients. Ils sont prévenus et je pense qu'ils font des manœuvres pour se préparer à de tels incidents. Je tiens à préciser que je ne veux pas mettre en cause les employés. Je partage avec leurs soucis pour leur emploi, mais il y a vraisemblablement dans cette entreprise des problèmes organisationnels et des problèmes techniques. À chaque commission de suivi de site, la DREAL Occitanie nous fait des rapports qui nous semblent un peu accablants concernant cette entreprise. Il y a par exemple des problèmes de construction illicite. Nous voyons arriver une cuve alors qu'il n'y a eu aucune demande. Dernièrement, il y a des problèmes de fonctionnement des cheminées de l'usine. Il suffit d'aller consulter le compte rendu de la commission de suivi de sites de la SNAM, qui sont publics sauf celui de 2023 qui n'est pas encore en ligne, mais on s'aperçoit que cette entreprise a eu fréquemment des problèmes organisationnels. Et alors peut-être que c'est un oubli de ne pas avoir déclaré la construction de cette cuve, mais il y a un problème. Il y a des problèmes avec cette entreprise.