L'auteur de polars Olivier Norek refait “Surface” en Aveyron, son département d'origine

Olivier Norek / © B. Chabert
Olivier Norek / © B. Chabert

"Surface" (en librairie le 4 avril), le cinquième roman de l'ex-capitaine de police, se déroule près de Decazeville. Une histoire de cicatrices, sur les corps et dans les souvenirs, ancré dans un département que l'auteur connaît bien. 

Par Fabrice Valery

C'est un bouleversement littéraire : pour son cinquième polar, Olivier Norek a choisi une femme comme héros et l'Aveyron comme paysage. Les personnages masculins et la banlieue parisienne de ses précédents ouvrages ne sont jamais très loin mais c'est quand même un pas de côté pour l'auteur, ancien capitaine de police dans le "neuf trois".

Direction le "12"

Résumons l'intrigue de "Surface" : la capitaine de police Noémie Chastain reçoit, lors d'une opéraiton de police en banlieue parisienne, un coup de feu en plein visage. Convalescente, elle veut reprendre le travail, son visage marqué, le souvenir d'avoir frôlé la mort omniprésent. Sa hiérarchie lui impose de prendre du recul, de quitter la région parisienne et de reprendre ses activités professionnelles à... Decazeville, en Aveyron. 

A contre-coeur, elle débarque dans un environnement, à 100 lieues de ce qu'elle connaît.

- Vous me faîtes un point ? J'ai pas vraiment eu le temps de réviser avant de venir.
Et il n'en fallut pas plus.
- Oh, ça va vous changer vous savez. Le commissariat de Decazeville est en charge des cinq communes qui l'entourent. Aubin, Cransac, Firmi, Viviez et Avalone, là où vous résiderez. Une superficie totale à peu près égale à Paris, mais pour moins de quinze mille habitants, quand vous êtes plus de deux millions sur la capitale. C'est vous dire si on a de l'espace. Cent placements en garde à vue par an alors que la moindre commune du 93 en fait mille cinq cents. C'est vous dire si on a du temps. Et quarante huit policiers pour gérer tout ça. C'est vous dire si on est assez nombreux. Le dernier homicide remonte à cinq ans. Ouais, ça va vous changer. (Extrait "Surface", d'Olivier Norek)

Cold case

​​​​​​La capitaine va-t-elle s'enterrer dans ce coin sans meurtre ? Au bord du lac où elle réside, son passé, sa douleur, ses séquelles lui remontent régulièrement à l'esprit. Mais ce qui remonte aussi, tragiquement, c'est ce fût qui refait "surface" avec à l'intérieur le squelette d'un enfant disparu 25 ans auparavant. 

Face au silence qui l'entoure, au mystère de cette enquête, Noémie Chastain se bat. Elle se bat aussi contre ses propres douleurs. Contre son destin. 
© F. Valéry / France 3
© F. Valéry / France 3

Comme toujours, Olivier Norek livre un polar qu'on ne peut pas lâcher avant de l'avoir terminer. Comme toujours, il explore ce monde policier qu'il connaît bien pour l'avoir pratiqué. Ces félures dans l'âme des enquêteurs. Cette fois, il explore aussi un territoire dont il est originaire, des routes, des villages, des hameaux aveyronnais où il aime se mettre au vert pour écrire.

La police, l'Aveyron. Une forme de mise en abymes totale pour l'auteur. Ils sont nombreux à refaire "Surface" dans ce livre, sans doute plus personnel que les précédents. 

Olivier Norek à Rodez le 16 avril

L'auteur Olivier Norek, devenu en quelques années l'une des références du nouveau polar français, entame avec la parution de "Surface" un tour de France. 
Il se rendra dans son département d'origine, l'Aveyron, le 16 avril. Attendu notamment pour une (longue) séance de dédicace à la Maison de la Presse à Rodez. 

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