Aveyron : les images fortes de la colère des salariés de la SAM face à la fermeture de leur fonderie

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Écrit par Sylvain Duchampt, Rouzane Avanissian, Clément Alet
En ne soutenant pas le projet de reprise, le constructeur français Renault condamne la SAM, qui emploie plus de 340 salariés, à la liquidation. En réaction, les employés ont brulé leurs cartes électorales devant l’entreprise à Viviez dans l’Aveyron.
En ne soutenant pas le projet de reprise, le constructeur français Renault condamne la SAM, qui emploie plus de 340 salariés, à la liquidation. En réaction, les employés ont brulé leurs cartes électorales devant l’entreprise à Viviez dans l’Aveyron. © REMY GABALDA / MAXPPP

Les salariés de la SAM, à Rodez dans l'Aveyron, ont appris mardi 23 novembre le refus de Renault de soutenir la reprise de leur fonderie. Retour en images sur les réactions des 350 employés de l'entreprise face aux annonces du constructeur automobile et aux déclarations des élus. Une journée où l'espoir a laissé place à la colère et à la crainte de voir définitivement disparaître leur entreprise.

Il est un peu plus de 9 heures, mercredi 24 novembre, sur FranceInfo lorsque le couperet tombe. "Il n'y a pas d'offre crédible pour la reprise de SAM, disons les choses de manière honnête et transparente" lance le ministre de l'Économie, Bruno Lemaire. ll reste peu de doutes sur l'avenir de la fonderie de la SAM à Viviez dans l'Aveyron.

Suite à ces déclarations, les salariés de l'entreprise métallurgique se regroupent en assemblée générale à l'intérieur de l'usine. Bras croisés, mines sombres. La colère ne cesse de s'accroître.

« C’est scandaleux, explique Ghislaine Gistau, secrétaire du syndicat CGT de la SAM. On est outré de constater que c’est BFM TV qui nous apprend potentiellement que l’on va être licencié, mardi soir. Nos collègues qui apprennent cela dans le bus par la radio locale. L’attitude de Renault est scandaleuse. L’Etat dit être démuni. Ce n’est pas possible d’entendre ça. C’est un aveu d’échec de leur part. Cela ne donne pas envie d’aller voter. Et cela se paiera dans les urnes. » Symboliquement, les employés présents décident de brûler leurs cartes d'électeur.

Mais ils ne s'arrêtent pas là. Un ancien moule en aluminium est découpé au lance-flamme thermique. Un premier avertissement à Renault. D'autres pièces comme celle-ci encore utilisables attendent à l'intérieur de l'usine.

Face au spectacle, une salariée en pleurs n'arrive pas à cacher son émotion : "cela me fait trop mal au cœur. C’est la colère qui remonte là. C’est inadmissible. Il n’y a rien à comprendre. C’est triste. C’est (détruire un moule) le pire pour un fondeur. » C'est en effet détruire son outil de travail.

Mais la SAM pour ces hommes et ces femmes ce n'est pas seulement un "job". C'est aussi des vies de familles, des rencontres. Plusieurs d'entre eux, ont passé une nuit blanche après l'annonce mardi soir de Renault. Ils ont décidé d'installer sur les grilles de leur usine, leurs portraits accompagnés de petits mots exprimant leur ressenti. "67 ans de notre vie investie... pour quoi ?". "Des collègues, des copains, des amis. Je suis 100 pour SAM.""La SAM, c'est aussi une vie sociale. Un lieu où l'on peut faire de belles rencontres."

À l'intérieur de l'usine de Viviez, les ateliers sont vides. Restent quelques stocks de pièces. Signes d'une époque déjà révolue.

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