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Le plan loup du gouvernement ménage la chèvre et le chou

En sud-Aveyron, l'implantation de vaches dans certains troupeaux pour dissuader les loups est testée. / © Maxppp
En sud-Aveyron, l'implantation de vaches dans certains troupeaux pour dissuader les loups est testée. / © Maxppp

Le gouvernement a rendu public son plan loup ce lundi suscitant immédiatement les critiques des uns et des autres. En Aveyron, comme dans la plupart des départements concernés, la mise en place de ce projet qui semble essayer de satisfaire les deux camps risque d'être mal acceptée.

Par Juliette Meurin

Un plafond d'abattage de 40 loups en 2018, une indemnisation des éleveurs sous conditions: le nouveau plan loup français, qui veut organiser la "coexistence" entre l'animal et les troupeaux, ne satisfait ni les éleveurs ni les défenseurs de la vie sauvage.


A partir de 2019, le plafond annuel d'abattage sera fixé à 10% de la population, avec possibilité de relèvement à 12% "en cas d'atteinte du plafond avant la fin de l'année civile et de dommages particulièrement importants", a précisé le ministère de la Transition écologique.


Des indemnisations sous conditions


Le plan prévoit des aides à la protection des troupeaux (bergers pour le gardiennage, chiens, parcs électriques) et le développement de mesures de protection et d'effarouchement "innovantes". Mesure particulièrement contestée dès l'annonce du projet, les indemnisations des éleveurs seront en revanche désormais soumises à la mise en place préalable de mesures de protection.

Les tirs de prélèvement ne pourront se faire qu'entre septembre et décembre, mais les éleveurs pourront "toute l'année" se défendre "en cas d'attaque".

"Notre inquiétude, c'est qu'il faudra l'accord du préfet coordonnateur pour dépasser la limite des 40 loups autorisée quand il y a une attaque" de troupeau, a réagi la présidente de la FNSEA Christiane Lambert lors d'une conférence de presse.

Un manque de courage politique


Côté défenseurs de l'environnement, le mécanisme n'a pas non plus été bien accueilli. "Le tir indifférencié de loups est plus qu'inefficace, contreproductif (éclatement des meutes, dispersion, absence d'apprentissage de la cohabitation...)", ont commenté dans un communiqué commun plusieurs ONG dont WWF et France Nature Environnement, dénonçant un "manque de courage politique".

"L'Etat montre ainsi qu'il est dans une position défensive et qu'au lieu d'assumer un objectif de coexistence, il n'a ni le courage de rappeler le cadre de la loi ni celui d'affirmer qu'il est nécessaire que l'élevage s'adapte à la présence de cette espèce protégée", ont-elles ajouté.

Un plan flou qui laisse sceptique


Pour le collectif action loup aveyron, reste à savoir "comment seront interprétées les mesures du gouvernement sur le terrain". "Le problème reste le manque de présence humaine" auprès des brebis. Pour les défenseurs du loup, la chose positive à souligner dans ce plan c'est l'ambition de développer le savoir de l'espèce.
Le gouvernement va en effet mettre en place un programme de recherche pour mieux comprendre la biologie et le comportement de l'espèce.




Le loup en France

Espèce protégée, le loup, disparu en France dans les années 1930, est revenu par l'Italie à partir de 1992.
Il est désormais présent dans les Alpes et en Provence, dans le sud du Massif central et dans l'est des Pyrénées et ses attaques se sont multipliées, de 1.400 brebis en 2000 à près de 10.000 en 2016.

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