Récolte des cerises menacée par la mouche asiatique : en Aveyron les arboriculteurs jouent la carte de l'écologie

Depuis une quinzaine d'années, une mouche asiatique est la hantise des producteurs de cerises partout en France. Dans la vallée du Tarn en Aveyron, les arboriculteurs tentent de trouver des solutions écologiques pour lutter contre ce parasite.

Une mouche asiatique est l'ennemi numéro 1 des producteurs de cerises partout en France. Les arboriculteurs doivent trouver d'autres solutions pour lutter contre cet insecte depuis l'interdiction d'un pesticide efficace contre le nuisible. Illustration en Aveyron.

Mangeuse de fruits rouges

La mouche asiatique, Drosophila suzukii de son nom savant; est un moucheron de toute petite taille qui mesure environ 3 millimètres. Cette drosophile, originaire du Japon est arrivée en Europe il y a 15 ans environ. Et depuis, elle est la hantise de tous les producteurs de cerises. 

Il faut dire que la femelle de cette mouche asiatique aime pondre ses œufs lorsque les fruits rouges sont presque à maturité, particulièrement quand le temps est chaud et humide.

Lors de la pondaison, les larves se développent à l'intérieur du fruit et s'en nourrissent, ce qui le rend immangeable : "La mouche va piquer un tout petit trou, puis un autre petit trou et ainsi de suite", explique Loïc Alméras, arboriculteur dans le sud-Aveyron. " A la fin, ça donne quelque chose qui a un goût de vinaigre, qui va couler et qui va être très désagréable à manger". 

Des arboriculteurs inquiets

Début 2022, la Commission Européenne a refusé de renouveler l'homologation du "Phosmet", un pesticide utilisé jusqu'à présent contre cette mouche. L'autorité européenne de sécurité des aliments a relevé des  "risques inacceptables pour les opérateurs, travailleurs, passants et résidents". La décision s'appuyait également sur "un risque aigu et chronique élevé pour les consommateurs" ainsi que pour la faune.

En mars dernier la France a également interdit l'importation de cerise, provenant des pays où le "Phosmet" est encore utilisé.

Le problème c'est que ce produit, jugé dangereux pour l'homme semblait être le seul efficace contre le parasite.

Quelles solutions écologiques ?

Pour éviter de perdre leur récolte 2023, les arboriculteurs ont donc dû s'adapter et mettre en place des solutions écologiques.

L'utilisation de filets posés sur les cerisiers pour empêcher les mouches d'atteindre les fruits fait partie des pistes envisagée. Une solution coûteuse mais efficace : "Cette sorte de moustiquaire permet d'éviter que la mouche soit en contact avec les cerises, se rassure Loïc Alméras. "C'est une barrière physique et non chimique". 

A quelques kilomètres de là, toujours dans la vallée du Tarn, cet autre arboriculteur teste une méthode différente, naturelle elle aussi. Il y a quelques jours, il a pulvérisé de l’argile sur sa parcelle : "La mouche est attirée par la couleur rouge de la cerise", raconte Alexandre Bouviala, arboriculteur lui aussi. "On recouvre les feuilles ou les fruits d’une pellicule blanche, en plusieurs passages, pour essayer de tromper l’ennemi. C'est moins onéreux que les filets et ça demande moins de main d'oeuvre". 

La récolte des cerises a commencé début mai. Attention, il y aura moins de fruits cette année en raison du gel de printemps. Pas sûr qu'il y en ai pour tout le monde.