La solution aveyronnaise pour lutter contre les déserts médicaux

12 médecins généralistes se sont installés en Aveyron en 2018. / © Corinne Carrière/FTV
12 médecins généralistes se sont installés en Aveyron en 2018. / © Corinne Carrière/FTV

Comment éviter la désertification médicale en milieu rural ? Le département de l'Aveyron a créé des maisons médicales pluri-professionnelles mais surtout s'est appuyé sur la faculté de médecine de Toulouse pour permettre aux jeunes internes de venir y faire leurs stages.

Par Marie Martin et Nathalie Fournis

Et si, pour attirer les jeunes médecins à la campagne, il suffisait de leur prouver qu'une vie existe en-dehors des grandes villes ?

C'est en tout cas le pari du département de l'Aveyron qui n'a pas attendu que son territoire se vide de tout médecin généraliste pour agir.

En partenariat avec la fac de médecine de Toulouse

Les jeunes diplômés s'accrochent à la ville où ils étudient ? Qu'à cela ne tienne. Un partenariat avec la faculté de médecine de Toulouse a vu le jour. Et comme quatre stages d'internat sur six doivent obligatoirement être effectués dans les territoires ruraux, ces derniers ont tout intérêt à trouver et à présenter les bons arguments pour "ferrer" les futurs diplômés. 

Julien Fabre et Marie-Charlotte Lemouzy se sont rencontrés quand ils étaient étudiants à Toulouse. Aujourd'hui ils sont partenaires dans le travail comme à la ville et ils nous expliquent dans cette vidéo pourquoi ils ont choisi d'ouvrir une maison médicale à Espalion.
 
La solution aveyronnaise pour lutter contre les déserts médicaux

Originaire de Marseille, Laurie Amar a elle aussi fait son internat à Toulouse.
Elle a déjà effectué deux semestres de stage en Aveyron, à Salles-Curan, Réquista et à Decazeville.
 
 

Le choix de l’Aveyron s’est fait, entre autres, pour l’aide au logement sur place, quand on ne connait pas la région c’est plus facile… 
 On peut nous inciter à faire un stage à la campagne, mais si on est pas aidé et mal accueilli, ça marche beaucoup moins bien et on n'a plus envie d'y retourner travailler.

De nombreuses aides

Aides financières au logement, au transport mais également soutien pour trouver un emploi au conjoint : l'Aveyron n'a pas lésiné. "Une véritable révolution culturelle", selon Didier de Labrusse, ancien président de l'Ordre des médecins de l'Aveyron.

Mais l'argument de poids, c'est aussi et surtout la création de maisons médicales pluri-professionnelles, dans les territoires reculés. Ainsi, les jeunes médecins généralistes sont-ils assurés d'exercer dans de bonnes conditions, tout en pouvant s'appuyer sur une équipe pluridisciplinaire. 

C’est le cas pour Laurie Amar, elle n'a pas encore déterminé son choix mais a déjà une idée.

Je voudrais m’installer dans un cadre sympa avec un projet de vie, en zone rurale ou semi rurale et si possible en maison de santé… Aujourd'hui, travailler seule c’est compliqué, les pathologies sont plus complexes, les patients plus âgés… à la campagne la patientèle est aussi plus variée

21 installations pour 12 départs

Et ça marche ! A Espalion, une ville de 4.600 habitants du Nord Aveyron, 2 jeunes médecins, mais aussi 2 sage-femmes et un dentiste sont arrivés en 2017.

La beauté de ce village n'est pas le seul argument.
En 2017 en Aveyron, 21 médecins se sont installés alors que 12 seulement sont partis à la retraite : il est le seul département en France où ce solde est positif.
L'Aveyron a trouvé son remède pour faire face aux déserts médicaux.
 

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