Béziers : le blocage de la voie ferrée après les inondations repose la question de la Ligne à Grande Vitesse

Des rails suspendus au-dessus du vide après les inondations du 23 octobre 2019 du côté de Villeneuve-les-Béziers. / © N.Chatail / FTV
Des rails suspendus au-dessus du vide après les inondations du 23 octobre 2019 du côté de Villeneuve-les-Béziers. / © N.Chatail / FTV

Les inondations ont prouvé la fragilité de la voie ferrée entre Montpellier, Toulouse et l'Espagne. De quoi relancer le débat sur la nécessité d'une Ligne à Grande Vitesse, sur un tracé autre que celui du littoral, notamment entre Montpellier et Béziers. Pour les usagers de la SNCF, il y a urgence

Par C.Alazet avec L.Calmels

Du côté de Villeneuve-lès-Béziers, les rails sont suspendus dans le vide, un talus a été emporté par les eaux.

L'épisode pluvieux du 23 octobre 2019 a causé des dégâts considérables sur les voies ferrées entre Sète, Agde et Béziers. Pourtant ici, identifiée comme inondable, la voie avait fait l'objet d'une rénovation il y a 2 ans.
 

Des travaux incomplets selon les défenseurs du transport ferroviaire


Eric Boisseau, président de l'association "objectif train de nuit", le gestionnaire du réseau ferré n'a pas pris en compte comme il aurait dû la "mise en transparence hydrolique".
 

La mise en transparence hydrolique consiste à construire des ponts et des viaducs là où on voit que l'eau ruisselle en grande quantité et risque d'emporter la voix ferrée, comme cela s'est produit à Béziers.

Une situation qui souligne la vulnérabilité de la seule ligne ferroviaire entre Montpellier et l'ouest de l'Hérault, construite au 19ème siècle.

Face au danger des aléas climatiques et en anticipant l'augmentation de leur puissance, les associations d'usagers se mobilisent et réclament d'urgence une 2ème ligne. 

Une position qui rejoint celle des défenseurs de l'environnement.

Comme l'explique Simon Popy, président de France Nature Environnement (FNE) pour le Languedoc et le Roussillon, "la ligne ferroviaire actuelle passe au milieu des lagunes. Il faut en construire une deuxième. Ce serait aussi une voix de secours en cas de problème".

Nous avons à l'heure actuelle besoin que l’État s'engage fermement dans le financement de la Ligne Nouvelle Montpellier Perpignan (LNMP). Mais il faut revoir sa conception.


Quand la LNMP, Ligne nouvelle Montpellier-Perpignan ?


La FNE conteste notamment une partie du tracé prévu pour cette future LGV, à travers les Corbières, qui ne prend en compte ni les aléas climatiques ni le developpement du fret ferroviaire.

La FNE a mis en ligne une pétition.

Frédéric Lacas, président de l'agglo Béziers Méditerranée, estime dans un communiqué publié lundi 28 octobre que l'ouest de l'Hérault "paie au prix fort l’absence de la Ligne Grande Vitesse Montpellier – Perpignan et l’indifférence qui nous est manifestée depuis plusieurs années".

Une priorité oubliée, erreur criante d’aménagement du territoire pour des raisons purement politiques. Que faut-il de plus pour comprendre que le doublement de la ligne ferroviaire est plus qu’une nécessité, c’est une évidence.

 


L'espoir d'une ligne TGV Montpellier-Perpignan, à l'horizon 2040 !


La ligne nouvelle Montpellier-Perpignan est aujourd'hui encore en attente de financement. Il faudrait une enveloppe de 5 milliards d'euros au moins. Elle est en projet depuis 30 ans.

D’abord, serait réalisé le tronçon entre Montpellier, Sète et Béziers. Les travaux pourraient commencer entre 2028 et 2032. Puis, la ligne entre Béziers et Perpignan entre 2033 et 2037.
L'objectif était à l'origine du dernier projet, en 1995, de permettre la liaison ferroviaire Paris–Madrid en TGV, en 6 heures à l'horizon 2025... On en est loin.
Des négociations sont toujours en cours avec l'Etat.

Le trafic ferroviaire entre Montpellier, l'Espagne et Toulouse est toujours interrompu, entre Sète et Béziers, au moins jusqu'au 4 novembre.
 

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus