Béziers et Perpignan : les arrêtés autorisant la réouverture des commerces non-essentiels dans le viseur des préfectures

Vendredi, les maires de Béziers et Perpignan ont pris des arrêtés pour autoriser la réouverture des commerces non-essentiels dans leurs villes. Cette mesure, qui va à l'encontre de celles annoncées par le gouvernement, est dans le viseur des préfectures de l'Hérault et des Pyrénées-Orientales.
Les magasins de vêtements étaient ouverts ce samedi matin à Béziers.
Les magasins de vêtements étaient ouverts ce samedi matin à Béziers. © Stéphane Taponier / France Télévisions.
Ce n'est pas une surprise. Le préfet de l'Hérault a indiqué sur Twitter qu'il s'apprêtait à déposer un référé auprès du tribunal administratif contre l'arrêté "illégal" pris par Robert Ménard vendredi.

Celui-ci autorise les commerces non-essentiels biterrois à reprendre l'activité dès ce samedi 31 octobre, au nom du "principe d'égalité de traitement". Dans son tweet, la préfecture rappelle les mesures en vigueur, annoncées par Emmanuel Macron dès mercredi, pour lutter contre l'accélération de la pandémie en France : "les commerces et établissements recevant du public non-essentiels sont fermés pendant le confinement."  En attendant, des coiffeurs et des enseignes d'habillement ont bel et bien accueilli du public ce samedi matin à Béziers.

"On arrive à la période des fêtes, les gens vont vouloir consommer. C'est pourquoi la réouverture est pour nous une très bonne nouvelle", explique un commerçant. "On sait que ça ne va pas durer, mais il fallait être là ce matin", renchérit l'une de ses consoeurs.
Les coups de ciseaux ont repris ce samedi dans ce salon de coiffure biterrois.
Les coups de ciseaux ont repris ce samedi dans ce salon de coiffure biterrois. © Stéphane Taponier / France Télévisions.

Sur son compte Twitter, la ville de Béziers indique que Robert Ménard se rendra lui-même au tribunal en début de semaine prochaine pour soutenir son arrêté et "défendre les commerçants biterrois".

Un arrêté pris aussi à Perpignan

Au lendemain de la mise en place du confinement, Louis Aliot a également pris un arrêté pour permettre aux gérants de commerces non-essentiels de poursuivre leur activité à Perpignan. L'édile met également en avant "la rupture d'égalité" entre les petits magasins et les grandes surfaces.

On comprend bien l'urgence et la gravité de la crise. Mais si on veut faire vivre l'économie, on ne peut pas à ce point faire une distorsion de concurrence entre les uns et les autres. J'ai donc pris un arrêté d'alerte pour expliquer au gouvernement qu'il est en train de faire mourir les petits commerçants.

Contactée par France 3 ce samedi, la préfecture des Pyrénées-Orientales s'est exprimée sur le sujet. "Le préfet exercera son contrôle de légalité et déférera bien devant la justice administrative tous les arrêtés municipaux sur l'ouverture de commerces non-essentiels."

Le maire de Carcassonne emboîte le pas aux maires de Béziers et Perpignan

Ce samedi, le maire de Carcassonne Gérard Larrat a à son tour décidé de signer un arrêté. 

Les commerces non-essentiels ouverts s'exposent à des sanctions

Sur BFM TV, la porte-parole du ministère de l'Intérieur Camille Chaize a rappelé samedi matin que les policiers et les gendarmes étaient en charge de "faire respecter les lois et les cadres réglementaires". Elle l'a donc confirmé : même avec un arrêté municipal indiquant le contraire, les commerces non-essentiels qui ouvrent s'exposent à des sanctions.
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