Coronavirus : l'organisation du confinement dans les régiments des armées de la région Occitanie

Pendant cette période de Coronavirus et de confinement, les militaires continuent leurs missions et leurs activités. Sur les réseaux sociaux, des familles s'inquiètent du non respect des gestes barrières. L'armée, elle, se veut rassurante.
Au début du mois d'avril, la ministre des Armées, annonçait un bilan provisoire de 600 militaires français atteints du Covid-19. En revanche, Florence Parly soulignait le fait que leur capacité à accomplir leur mission n'était "pas impactée". Fin avril, 1 500 cas de coronavirus sont désormais confirmés parmi les armées françaises selon les chiffres de la directrice centrale du service de santé des armées (SSA), "dont une quinzaine en réanimation".

Une situation particulièrement alarmante pour Mercedes Crepin, ex-épouse de militaire résidant à Castres mais surtout fondatrice de la page Facebook "Force et Honneur soutien aux militaires français et leurs familles". Parmi les 22 200 personnes qui suivent cette page, des familles et des militaires, ils se confient à Mercedes Crepin à travers des messages privés. Parfois, elle publie ces témoignages, sous couvert d'anonymat : 
 

"Des hommes non atteignables"


Mercedes Crepin traduit le sentiment des familles : "elles sont inquiètes et l'institution fait comme si de rien était, comme si ces hommes aguerris n'étaient pas atteignables face au Covid". Pour elle, il est inadmissible que des militaires continuent de se rendre sur le terrain sans masque de protection, risquant de contaminer leur famille en rentrant chez eux le soir. 

Ce qui inquiète le plus cette ex-femme de militaire, ce sont les opérations extérieures. Sur les 1 500 militaires atteints du Covid-19, presque 1 100 sont des marins du porte-avions Charles de Gaulle. D'autres font partie de l'opération Barkhane au Sahel. Les familles et militaires en mission à l'étranger racontent à la fondatrice de la page Facebook des conditions "honteuses" d'hébergement : "ils sont confinés à trois dans une même chambre, même si l'un d'eux est contaminé", rapporte Mercedes Crepin. 

Ce ne sont pas des hommes et femmes de seconde zone ! Ils attendent d'être testés, et que des décisions soient prises en termes de confinement pour éviter qu'il ne soit vite trop tard, comme on l'a vu sur le Charles de Gaulles.

ajoute-t-elle

La multiplication des cas de Coronavirus sur le porte-avions Charles de Gaulles a engendré une vague de témoignages sur internet, explique la créatrice de la page Facebook en soutien aux familles. Mercedes Crepin dénonce une mise en péril de la vie des militaires français. 
 

Gestes barrières dans les régiments d'Occitanie


Mercedes Crepin aurait reçu le témoignage inquiétant d'un militaire d'Occitanie. Il lui aurait raconté qu'en plus de l'absence de masque, les soldats se retrouvent toujours par centaine le matin à l'appel.
"Quand ils demandent à être testés, on leur répond qu'ils sont robustes et que la mission doit continuer", rapporte l'ex-épouse de militaire. Et de conclure : 

On est en guerre contre le Covid mais il n’est pas visible et atteint hommes et femmes, militaires compris. 

Les militaires ne sont pas habitués à s'exprimer sur leurs conditions de travail. Si Mercedes Crepin reçoit des témoignages, c'est parce que "la communication des armées est inexistante en ce moment" d'après elle.

Communication tardive


La communication des armées du sud de la France (PACA, Occitanie et Corse), reconnait avoir tardivement tenu les familles au courant parce que "chaque régiment est allé à son rythme". Pour autant, elle affirme que les gestes barrières sont respectés dans les régiments de la région. "Les missions secondaires ont été reportées", explique le commandant Christel Duguez, en charge de la communication des armée de la zone sud. "Le personnel dit secondaire est en télétravail", reprend-t-elle, "let la présence des militaires est réduite à ceux qui doivent se préparer à partir".
Selon le commandant, les habitudes quotidiennes au sein des régiments aurait changé : 

Le sport ne se pratique plus collectivement, mais un par un. (...) Dans les réfectoires les militaires mangent un par table.

Les entrainements ne se font donc plus en chantant. Christel Duguez précise que de moins en moins de militaires logent sur place. Pour ceux pour qui c'est encore le cas, "l'hébergement a été réorganisé". 

En ce qui concerne les masques, elle reconnait une pénurie identique à celle présente dans toute la France. Et d'ajouter "je comprends l'inquiétude des familles, c'est légitime quand son compagnon continue à se rendre au travail". Le commandant tient à rappeler qu'un système de téléconsultation et de communication interne à destination des familles existe "depuis toujours". Elle rassure : "un médecin est présent dans chaque unité". Impossible donc, d'après elle, que les gestes barrières ne soient pas respectés.

La préparation des militaires de Montauban


400 militaires du 17e régiment du génie parachutiste (RGP) de Montauban se préparent à une opération extérieure. En juin, ils seront envoyés au Sahel, rejoignant l’opération Barkhane. La communication du régiment indique qu’à Montauban, aucun militaire n’a fait part d'inquiétudes. Au sein du régiment, les règles ont changé, rappelle le lieutenant colonel Richard, commandant en second du RGP.

Pour les préparer, il a fallu qu’on s’adapte à la crise sanitaire, changer notre programmation, fractionner nos activités, reporter certains de nos entraînement comme les parachutages.

Concrètement, le lieutenant colonel explique que "les entraînements sportifs ne se font plus en masse mais qu'ils s'effectuent par petit groupe de trois, bien distants les uns des autres ». Il précise  : "les activités de rayonnement qui n’apportaient pas de plus-value à l’engagement opérationnel ont été supprimées". Par exemple, les club sportifs et artistiques sont suspendus. Aussi, une personne à la porte du restaurant fractionne et cadence les entrées pour respecter la distanciation".

En ce qui concerne les militaires qui dormaient sur place à deux, trois par chambre, c’est toujours le cas, mais ils ne rentrent plus chez eux le weekend. "Les lits sont bien espacés, et le service de restauration est désormais assuré 7 jours sur 7 » affirme le lieutenant colonel Richard. 
 

Rassurer les familles


Depuis le coronavirus, le 17e régiment du génie parachutiste de Montauban a également mis en place une cellule dédiée au Covid, "en lien permanent avec l’antenne médicale de notre quartier", explique le lieutenant colonel Richard. Cette dernière est d’ailleurs divisée en deux parties : "les consultations pour les personnes qui pourraient être impactées par le Covid, et les autres consultations quotidiennes".

Concernant les familles, "véritable ADN du 17e ", le régiment affirme répondre à tous les appels et communiquer régulièrement. "On a 0 cas positifs au Covid. On a envoyé un guide des bonnes pratiques aux familles pour passer ces moments difficiles et particuliers",  rapporte le lieutenant colonel Richard. Il fait l'état des lieux de retours positifs.

Les familles sont un véritable centre de gravité pour nous, si on les perd, on ne remplit pas nos missions", souligne le commandant en second du RGP de Montauban. 
 
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