Covid : manifestations contre le port du masque à Montpellier et à Nîmes

A Montpellier, vingt personnes masquées en combinaison blanche ont déambulé en début d'après-midi place de la Comédie contre les mesures sanitaires jugées "liberticides". A Nîmes, le "non à la dictature sanitaire" du groupe d'extrême-droite Les Patriotes ne fait pas recette.

Déambulation à Montpellier pour alerter sur l'impact des mesures sanitaires "déshumanisantes".
Déambulation à Montpellier pour alerter sur l'impact des mesures sanitaires "déshumanisantes". © Armelle GOYON

Ni l'une ni l'autre n'a attiré les foules. Deux manifestations contre le port du masque se sont déroulées dans l'Hérault et le Gard ce samedi. La première sous forme d'un happening "pacifique" place de la Comédie à Montpellier. La deuxième organisée et animée par le groupe d'extrême-droite les Patriotes à Nîmes pour dénoncer les mesures sanitaires contre la pandémie jugées liberticides. Les quelques militants qui y ont participé étaient pour la plupart sans masque, bien sûr.

Happening à Montpellier

Vingt silhouettes blanches, combinaison et masque blanc intégral, évoluent sur la place de la Comédie au rythme d'une bande-son flippante sous forme d'annonce apocalyptique "Evitez tout contact humain...les câlins sont dangereux...les autres sont dangereux...votre famille est dangereuse...la danse tue...la fête tue..."
Le message relaie l'oppression que chacun ressent légitimement depuis le début de la pandémie et insiste sur les effets dévastateurs des mesures sanitaires en matière d'échanges humains. 

On proteste contre les mesures liberticides et abusives : le port du masque obligatoire, le vaccin qui va devenir obligatoire. C'est une aliénation de nos libertés. On n'en peut plus et on le dit, on veut le faire savoir, de manière pacifique.

Jacques Lucas, thérapeute, collectif anti-masques Montpellier

"Ce n'est pas contre le gouvernement mais pour la liberté individuelle. Et pour être mieux informés" conclut Jacques Lucas, du collectif anti-masques qui a organisé la manifestation.

Rassemblement du groupe les Patriotes à Nîmes

"Liberté, liberté, liberté" scandent les quelques manifestants rassemblés autour de la bannière des Patriotes à Nîmes. Ici, c'est le groupuscule d'extrême-droite de Florian Philippot, créé en 2017 après son départ du Front National, qui mène la contestation. Sur les panneaux, le message "Le remède est pire que le mal", s'affiche en grosses lettres orange. Un seul mot d'ordre :"Stop à la dictature sanitaire". Et les manifestants ne portent pas de masque, histoire de montrer qu'ils n'ont pas peur du virus.

"Stop à la dictature sanitaire" réclament quelques manifestants autour des Patriotes à Nîmes
"Stop à la dictature sanitaire" réclament quelques manifestants autour des Patriotes à Nîmes © F3 Pays gardois

"Je suis là contre les abus du gouvernement qui nous manipule et se sert des médias pour diffuser la peur" explique Jacques, avant de prendre la parole à la tribune improvisée.

Pour moi, ces mesures sont illégitimes. Au début, comme tout le monde, j'ai eu peur de la pandémie. Et puis j'ai vu comme ça évoluait, et qu'on n'enjambait pas les cadavres dans les rues. En fin de compte, la gravité, elle n'est pas là. C'est surtout des anciens qui meurent, il faut bien partir un jour!

 Jacques, "Les Patriotes" Nîmes

Coronafolie ou complotisme ?

Les Patriotes qui ont initié la manifestation, comme ils le font tous les samedis sans plus de succès, nomment l'ensemble des mesures sanitaires la "coronafolie". Un discours à la Bolsonaro ou à la Trump pour dédramatiser le Covid et minimiser son impact. Difficile de ne pas voir le résultat dans les pays qui ont relayé ce message : une surmortalité qui a explosé. Si l'on "n'enjambe pas les cadavres dans les rues", en reprenant l'expression du manifestant, les mesures sanitaires n'y sont peut-être pas pour rien. Combien de victimes compterait-on en France aujourd'hui si on avait "ignoré" le virus ?
Et tous ceux qui ont des "anciens" parmi leurs proches ne sont pas pressés de les voir partir avant l'heure... Sans compter que près d'un tiers des malades développant une forme grave du Covid a entre 45 et 65 ans, à Nîmes comme ailleurs en Occitanie. 

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