Covid. Occitanie : l'entrée en vigueur du pass sanitaire dès mercredi et la difficile saison des festivals d'été

En Occitanie, de nombreux festivals ont été annulés pour la deuxième années consécutives. D'autres au contraire ont décidé de rouvrir leurs portes pour faire revivre la culture. Un choix pas toujours facile à assumer au vue des contraintes sanitaires et du manque de fréquentation.
Festival Convivencia
Festival Convivencia © Guillaume Bourgoin

S'adapter. Tous les jours un peu plus. Voilà à quoi pourrait ressembler la devise des organisateurs des festivals cet été. Alors qu'ils étaient, jadis, synonymes de détente, de convivialité et de vacances, ces événements culturels virent au casse-tête. 

A Cordes-sur-Ciel, on célèbre les 50 ans du festival du même nom et l'heure n'est pas toujours à la fête. " Au printemps nous avions organisé le festival en nous basant sur une jauge en deçà des 1.000 personnes, afin de ne pas être soumis au passe-sanitaire. Malheureusement, dès demain le nouveau décret nous imposera d'exiger un pass sanitaire à l'entrée du festival", se désole Sylvie Gerin, directrice de production.  

En effet, dès ce mercredi 21 juillet, le pass sanitaire contre le Covid-19 devra être présenté dans un certain nombre de lieux pouvant accueillir plus de 50 personnes, comme des salles de cinéma, de spectacle, de jeux, de sport ou des musées, selon un décret paru mardi 20 juillet au Journal officiel.

Pourtant à Cordes-sur-Ciel, les organisateurs avaient été prudents en instaurant des jauges à 65%. "Certains soirs, les concerts sont même joués deux fois de suite pour permettre diviser le nombres de spectateurs. C'est une performance pour les musiciens", souligne Sylvie Gerin. 

Des bénévoles aux lourdes responsabilités

Des musiciens mis à rude épreuve et des bénévoles également. A Cordes-sur-Ciel, le festival tarnais compte sur le travail de nombreux bénévoles, et cette année ils ne vont pas s'ennuyer.

Avec l'abaissement de la jauge à 50 personnes dans certains lieux publics, dont les salles de spectacles, ils vont devoir, dès ce mercredi, contrôler les pass sanitaires ainsi que l'identité des festivaliers.

Dans quelles limites peut-on demander à des bénévoles d'effectuer un travail de policier ?

Sylvie Gerin , directrice production Festival Cordes-sur-Ciel

A 200 kilomètres de là, à Marciac, La Mecque du Jazz, on se prépare aussi à vivre un festival "pas comme les autres". Après une année blanche, le grand chapiteau de Jazz in Marciac vient de réapparaître et il a même été agrandi pour respecter une certaine distanciation.

40 mètres de large sur 100 mètres de long, un vaste espace dans lequel les festivaliers devront entrer masqués et muni d'un pass sanitaire.  Ce dernier pourra être délivré sur place grâce à la présence d'un stand de dépistage au Covid-19 tenu par la Croix Rouge.

Des contraintes qui devraient peser sur la fréquentation. "De nombreux billets n'ont pas encore trouvé preneurs et les festivaliers étrangers ne viendront pas cette année. Il sera difficile pour ne pas dire impossible de retrouver les 250.000 spectateurs de 2019", estime Jean-Louis Guilhaumon, le directeur du festival. 

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"Contrôler les festivaliers va à l'encontre de nos valeurs" 

Les organisateurs du festival itinérant Convivencia, eux, ont décidé de ne pas appliquer le pass sanitaire. "Cela va à l'encontre de nos valeurs. Nous prônons la mixité, la convivialité, le partage", souligne Cécile Héraudeau co-directrice du festival. 

Résultat : un concert a été avancé avant l'application du nouveau décret sur le pass sanitaire. Pour les autres représentations, la jauge du festival sera abaissée à 50 personnes.

Un crève-cœur pour les festivaliers et l'association en charge du festival quand on sait que la jauge habituelle varie de 400 à 4.000 personnes en fonction des lieux de concert. Un manque à gagner aussi. Ce festival gratuit vit notamment grâce aux recettes de la buvette et de la restauration. 

"C'est encore plus compliqué que l'an dernier. Le moral n'est pas toujours au beau fixe mais nous avons à coeur d'aller jusqu'au bout du festival. Nous ne sommes pas anti-vaccins, nous ferons de la pédagogie pour expliquer notre décision de ne pas appliquer le pass sanitaire" résume la co-directrice de Convivencia.

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