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Le député UMP Claude Goasguen sur le banc des accusés à Nîmes

Archives. Le député UMP Claude Goasguen. / © ERIC FEFERBERG / AFP
Archives. Le député UMP Claude Goasguen. / © ERIC FEFERBERG / AFP

Claude Goasguen comparaît ce vendredi devant le tribunal de Nîmes. Accusé de diffamation par le président de l'observatoire national contre l'islamophobie, le député UMP parisien avait parlé en février dernier des "jeunes musulmans drogués dans les mosquées".

Par Sylvie Bonnet

“Cette Shoah terrible qu’on n’ose plus enseigner dans les lycées tant on a peur de la réaction des jeunes musulmans qui ont été drogués dans les mosquées“.C'est cette phrase, prononcée par Claude Goasguen lors d'un Gala pour la création d'Israël en février dernier, qui a déclenché l'action en justice contre le député et ancien ministre UMP.

Après deux reports, le tribunal correctionnel de Nîmes doit se prononcer

La plainte pour diffamation a été déposée par Abdallah Zekri, nîmois et président de l'observatoire national contre l'islamophobie du CFCM. Il estime que " le député s'est excité à la tribune et...que c'est un dérapage".
Archives. Abdallah Zekri président de l'observatoire national contre islamophobie. / © PASCAL PAVANI / AFP
Archives. Abdallah Zekri président de l'observatoire national contre islamophobie. / © PASCAL PAVANI / AFP

Que je sache, ce ne sont pas les musulmans qui sont responsables de la Shoah, mais le régime de Vichy“. Quant aux propos concernant “des jeunes musulmans (…) drogués dans les mosquées“, le responsable associatif réplique : “ les mosquées ne sont pas des lieux de débauche !"



Depuis février dernier, l'ancien ministre de la réforme de l'Etat se défend en expliquant que ses propos ont été retranscris hors du contexte. Claude Goasguen a toujours exercé un soutien militant à Israël et est devenu président du groupe parlementaire d'amitié franco-israëlienne. Il a été le premier parlementaire en 2011 à s'opposer à la création d'un Etat palestinien mais il réfute toute stigmatisation des musulmans.

"Il n'y a rien de diffamatoire", a affirmé Claude Goasguen devant le tribunal, disant s'être appuyé sur un rapport de l'Inspection générale de l'Education nationale de 2004 sur l'antisémitisme et le racisme. "Ce rapport dit qu'on a effectivement des difficultés pour enseigner la Shoah en France. C'est un devoir pour un parlementaire de le dire", a déclaré l'élu UMP. 

Claude Goasguen a toutefois regretté d'avoir employé le mot "drogués", un mot mal choisi auquel il préfère "intoxiqués". "Je ne dis pas qu'on fume des pétards dans les mosquées. Je dis que la radicalisation gagne un certain nombre de mosquées. Le président du CFCM, M. Dalil Boubakeur, dit exactement la même chose. Et je le soutiens", a ajouté le député et maire du 16e arrondissement de Paris.

Le CFCM, par la voix d'Abdallah Zekri, président de l'Observatoire national contre l'islamophobie, n'a pas voulu croire dans la bonne foi du député, rappelant que ses propos avaient été tenus "en pleine campagne électorale" des municipales.

Le jugement a été mis en délibéré au 16 janvier. Le parquet ne s'est pas prononcé. Le CFCM a réclamé 5.000 euros de dommages et intérêts et 1.500 euros au titre des frais de justice.

Le procès qui s'est déroulé au tribunal correctionnel de Nîmes a déjà été reporté deux fois. En juin dernier au motif que les conclusions des avocats de Claude Goasguen avaient été délivrées trop tard. Et en septembre dernier, l'accusé ne pouvait être présent, pour cause de déplacement en Russie et a demandé un report d'audience, expliquant aussi qu'il voulait se présenter avec deux anciens ministres: Luc Ferry et Xavier Darcos. 
Ce vendredi matin, Claude Goasguen s'est bien présenté à l'audience, mais seul. On saura le 16 janvier prochain s'il est condamné pour diffamation pou relaxé.

 

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