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Dimanche en politique - Languedoc-Roussillon

Dimanche à 11h25
Logo de l'émission Dimanche en politique - Languedoc-Roussillon

Comment se reconstruire six mois après les inondations dans l'Aude ?

Le pont emporté par les crues du 15 octobre 2018 a coupé en deux le village de Villegailhenc dans l'Aude / © ERIC CABANIS / AFP
Le pont emporté par les crues du 15 octobre 2018 a coupé en deux le village de Villegailhenc dans l'Aude / © ERIC CABANIS / AFP

Six mois après les inondations meurtrières d'octobre 2018 dans l'Aude, la population tente de panser ses plaies et de se reconstruire. Dimanche en politique donne la parole aux sinistrés, élus, assureurs et nombreux acteurs qui se battent pour aider les communes impactées.

Par V.Luxey et I.Petit-Félix

Les rédactions de France 3 Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon proposent une émission spéciale le 21 avril à 11heures sur les conséquences des inondations de l'Aude du 15 octobre 2018. Etat des lieux, impacts sur la population, l'économie et les biens matériels. Quelles sont les conséquences sur l’environnement ? A quoi ont servi les aides de l'Etat ? Que reste t-il encore à faire pour reconstruire les communes ?

Une émission présentée par Valérie Luxey et Laurent Dubois entourés de leurs invités :
  • Claude VO DINH, Secrétaire Général de la Préfecture 
  • Christian MAGRO, président du Syndicat Mixte Aude Centre 
  • Max BRAIL, Maire de Lastours
  • Guy AUGE, association des mines de Salsigne 
  • Frédéric ROUANET, représentants des vignerons de l’Aude 
  • Pierre VERA, président de la Chambre des métiers et artisanat de l’Aude 
  • Bernard DATIN, assureur retraité – SOS Assurés 
  • Latifa ECH-CHETOUANY, Cheffe d’entreprise 
  • Marco NUDING, sinistré des inondations
  • Alexandre GRELLIER, journaliste de France 3 à Carcassonne


VOIR OU REVOIR l'Emission

Replay Dimanche en politique 21 avril 2019 inondations Aude
 

Max Brail, 66 ans, maire de la commune de Lastours  raconte 

Ce soir-là, il a plu de façon continue à partir de 23 heures. Vers 3h45, mon adjoint est venu me chercher. Les deux fours gallo-romains situés au milieu du village avaient disparu, emportés par les flots de l’Orbiel qui traverse la commune. Dehors, c’était un mur d’eau. 

J’ai pris mon 4X4 et tant qu’on a pu on est passé dans les rues en klaxonnant pour prévenir tout le monde. On est allés voir les personnes âgées et secourir un homme blessé. Le bruit était infernal. Des ruisseaux sont montés à six mètres. 

Une partie de la cour de l’école s’est effondrée, nous y faisions les fêtes du village. Il y a aussi la station d’épuration. Elle avait trois ans. Pont éventré, éboulements de toutes part, beaucoup de caves inondées, les dégâts considérables ont bouleversé la vie des 165 habitants de la commune.

Aujourd’hui, je me sens désemparé face à l’ampleur administrative et financière de ma tâche. Je me sens abandonné par l’État depuis longtemps et comme beaucoup d’autres maires de petites communes, je fais ce que je peux avec des moyens dérisoires. Seuls nous n’y arriverons pas.

Max Brail était chef d’équipe au four de la mine de Salsigne. Il a été licencié après avoir dénoncé dans l’Indépendant, en 1995, la pollution qui émane du site.

La pollution de Salsigne 

Les intempéries du 15 octobre 2018 ont généré une crue de l’Orbiel qui traverse Lastours. L’association qui gère les jardins bordant le cours d’eau a fait analyser la terre des parcelles par un laboratoire indépendant. Résultat : des taux d’arsenic 3 fois supérieurs à la norme et la présence de plusieurs métaux lourds.
La préfecture a décidé de lancer une nouvelle campagne d’analyse des sols. Mais elle se veut rassurante : selon elle, les données sont du même ordre de grandeur qu’avant la crue, mais elle recommande toutefois une « consommation modérée » des légumes qui poussent le long de l’Orbiel.

En décembre, 2 mois après les inondations, l’eau de l’Orbiel conservait encore une étrange coloration orange. Les riverains sont persuadés que la pollution provient des anciennes mines d’or de Salsigne, en aval de la rivière. Fermées depuis 2004, elles renferment encore les terres parmi les plus polluées d’Europe, contenant une quarantaine d’éléments toxiques. Les maires et les riverains réclament une cartographie précise des pollutions. La préfecture répond que c’est trop cher à réaliser. Des actions en justice ont été entreprises pour l’y obliger. Depuis début avril, le dialogue est rompu entre les associations et la préfecture de l’Aude, les premières accusent la seconde de vouloir minimiser l’impact de la pollution. 
 

Les aides de l’Etat 

Mercredi 3 avril, le préfet de l’Aude, Alain Thirion, a présenté les aides attribuées aux entreprises des secteurs de l'artisanat, du tourisme et de l'agriculture. Au total, près de 11 millions d'euros ont été alloués aux entreprises locales, en soutien à leur activité ou à l'emploi. Les secteurs géographiques concernés sont ceux des communes de Villegailhenc (14 entreprises), Trèbes (12), Puichéric (7) et Carcassonne (7).

Maintien de l'emploi
Une enveloppe de 2,42millions d’euros a financé à 80% du SMIC le chômage partiel de 96 entreprises autorisées à un plafond total de 829.000 € d'aides.

79 entreprises employant 192 salariés ont reçu 450.000 € d'aides pour couvrir une partie de leurs pertes d'exploitation, ou les dégâts au titre du soutien au redémarrage. 1,53 million d’euros restent à leur charge.

L’Etat a aussi aidé les collectivités qui ont subi des dégâts matériels à hauteur de 150 millions d’euros sur leurs biens. 5 mois après l’évènement, 102,25 millions d’euros ont été alloués aux acteurs publics. Ces sommes interviennent en complément de l’indemnisation des assureurs et des aides de la Région et du Département.
Le rachat par le Fonds Barnier des équipements publics est estimé à 8 millions d'euros. Il permettra la réalisation de bâtiments neufs. 700.000 euros seront dédiés à l’installation d’écoles temporaires à Conques et Trèbes.


L’aide au secteur agricole 

7,6 millions d’euros ont été provisionnés par l’Etat pour le secteur agricole, dont 2,2 millions d’euros d'aides déjà versées dans le cadre des calamités agricoles. 870 dossiers ont été reçus, 710 étudiés et 359 payés.
Concernant les facilités fiscales, 420.000 € de remise gracieuse de taxes locales ont été effectuées : 388 dossiers d'entreprises ont été traités et 260 se sont retrouvés éligibles à un dégrèvement gracieux. Pour les particuliers, 1.446 dossiers ont bénéficié de ce dégrèvement gracieux, ce qui représente une somme totale d'environ 2 millions d’euros. 
 

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