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Les Majors-girls, le défilé d'une vie : un documentaire sur les célèbres majorettes de Montpellier

Les Majors-girls au club parisien des Rosa Bonheur / © Sohée Monthieux
Les Majors-girls au club parisien des Rosa Bonheur / © Sohée Monthieux

"La passion ne se soucie guère du temps qui passe". Depuis 1964, les Majors-girls de Montpellier donnent le ton ! De mères en filles, bâton en main et paillettes au corps, ces majorettes "seniors" sont toujours enjouées. Une sacrée bande de copines, qui défie le temps et les regards...

Par Marie-France Guiseppin

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Les Majors-girls, le défilé d'une vie

Elles s’appellent Josy, Anna, Dom…

Elles sont 18, grands-mères pour la plupart et ont toujours le goût du lancer de bâton. Comme un irrésistible besoin d’être ensemble.

A un âge où la mini-jupe n’est soi-disant plus de saison, ces majorettes « séniors », uniques en France, endossent costumes à paillettes et décolletés, sous l’étendard des Majors-Girls de Montpellier.

Entre strass et musique électro, elles défient le temps et les regards lors de leurs défilés et performances que ce soit à Castelnaudary lors de la traditionnelle Fête du Cassoulet ou au prestigieux festival Montpellier Danse ou bien encore dans les clubs branchés parisiens du Rosa Bonheur.

Josy, chef de troupe des Majors-girls / © Sohée Monthieux
Josy, chef de troupe des Majors-girls / © Sohée Monthieux

Menée d’une main de maître par sa Présidente Josy, l’histoire de ce club atypique s'écrit au présent mais aussi au passé ! Et quel passé ! C'est en 1964, au cœur d'une France en ébullition, alors que les rues s'enivrent des rythmes tonitruants des accords de Woodstock et que les femmes s'émancipent, que Suzette, la mère de Josy et directrice d’école, fonde la troupe et décide qu'une femme libre est une femme qui marche, bâton en main et paillettes au corps.

Défilés, tournées, reportages, agents, compétitions dans le monde entier, c’est un véritable héritage que Suzette a légué à Josy qui espère à son tour passer le relais à sa fille Laure. Le temps des Majors-Girls de Montpellier est peut-être loin d’être terminé…

Les Majors-Girls : le défilé d’une vie
Un film de Sohée Monthieux
Une coproduction France Télévisions/Causette Prod/Morgane

Diffusion sur France 3 Occitanie, le lundi 23 novembre, à 23 heures.
Rediffusion le vendredi 11 décembre à 9h15 et le lundi 8 mars 2021, à 23 heures.

Le documentaire s'inscrit dans la collection "Senior power - le grand-âge actif ! ", mise en place par la direction des antennes de France 3. 


Les séniors sont désormais partout. Autrefois souvent écartés de tous, ils sont aujourd'hui acteurs, choristes, créateurs de mode ou mannequins. Ils vivent en colocation comme leurs petits-enfants et continuent de partir à la conquête des plus hauts sommets ou, plus simplement, de la vie, leurs vies et de tous les possibles. « Sénior Power » est une collection documentaire, tendre et surprenante en immersion dans des univers hyper actifs.

Les Majors-girls / © Sohée Monthieux
Les Majors-girls / © Sohée Monthieux

Sohée Monthieux, comédienne, chanteuse et réalisatrice 

Née à Fort-de-France en Martinique en 1992, Sohée a débuté sa carrière de comédienne à l’âge de 9 ans. C'est pendant ses études de cinéma à la Sorbonne-Nouvelle (Master 2) qu'elle commence le théâtre, tout d'abord à l’école d’art dramatique Jean Périmony, puis au conservatoire d'arrondissement Erik Satie. Plusieurs films sont à son actif en tant qu’actrice, notamment le long-métrage antillais Zépon (2020) et les téléfilms Grand Hôtel (2020) et Le Rêve Français (2016). La scène ne lui est pas non plus inconnue. Elle fait partie du groupe musical Elleetelles formé avec sa mère et sa soeur depuis 2016. Elle réalise aussi des clips et ses propres films, les plus récents étant Les Majors-Girls, le défilé d’une vie et Fort-de-France mon amour au travers duquel elle se reconnecte avec ses origines antillaises.

Sohée Monthieux, réalisatrice du documentaire "Les Majors-girls" / © DR
Sohée Monthieux, réalisatrice du documentaire "Les Majors-girls" / © DR

Parole de réalisatrice

"Cendrillon n’a jamais demandé à avoir un prince, elle voulait juste une jolie robe et une permission de sortie". Voilà l’expression favorite du groupe des Majors-girls de Montpellier. C’est désormais également la mienne ! Et oui, je suis moi aussi une Cendrillon dans l’âme. Et en tant que telle je déclare qu’une princesse, une vraie, est une femme libre et indépendante, bien loin du stéréotype de la « bobonne à paillettes » comme le dirait Josy, présidente du club des Majos. Certes, le terme est peut-être un peu dur, mais il faut dire que les femmes, et plus que jamais les fillettes de notre époque, fortes des nombreux combats menés par nos aïeules, revendiquent un nouveau type d’happy ending. Dans un moment de l’histoire où le féminisme est jugé « ringard », ou vu comme « une obligation sans conviction », les mouvements tels que #MeToo, #TimeUp et #Westrike rassemblent de nouveau autour de sujets qui fâchent. Ces hashtags réactivent la problématique autour du corps féminin : autonomie, respect, liberté sexuelle, liberté d’exposer son corps dans l’espace public avec l’exigence d’un respect sans concession. Ces problématiques me touchent tout particulièrement et sont à l’origine de mon intérêt initial pour les Majors girls de Montpellier ; celles que j’appelle « les amazones des temps modernes ».

Les Majors-girls de Montpellier / © Sohée Monthieux
Les Majors-girls de Montpellier / © Sohée Monthieux

 

Un regard neuf et révolté 

Il est vrai que quand ma productrice Catherine Rouault me propose le projet, je ne peux m’empêcher de penser à ma propre situation. Ces femmes libres et sans complexes qui n’ont que faire du qu’en dira-t-on, représentent tout ce pourquoi je me bats aujourd’hui. Étant comédienne et chanteuse, en plus d’être réalisatrice, j’évolue dans un univers où le paraître joue un rôle essentiel. Souvent soumise aux regards et aux jugements d’autrui, je ne vis pas toujours très bien le fait que mon physique détermine les limites de mon identité. Très consciente du fait que l’opinion des autres conditionne parfois mon avenir, que ce soit en casting ou sur scène pendant un concert, je me sens souvent prisonnière de l’image que je renvoie et me bats pour ne rentrer dans aucune des cases que l’on m’a assignées.

Sans aucune surprise, ce groupe de femmes atypiques et désinhibées, qui se déhanchent aux yeux de tous et dont le seul projet est de « s’éclater », suscite immédiatement mon admiration.

Ces suffragettes des temps modernes me rappellent cependant qu’aujourd’hui, pour une femme, être libre est parfois un acte de contestation. Dans un monde idéal, je n’aurais même pas besoin de faire un film sur « un groupe de copines qui font ce qu’elles ont envie de faire quel que soit leur âge », dans un monde idéal ce serait une banalité, ni plus ni moins. Mais voilà, à défaut de pouvoir parler des Majos de Montpellier comme d’un fait divers, je souhaite célébrer ces rares individus culottés qui ouvrent la voie vers un avenir décomplexé.

"Vivre, c'est oser ! Vivre c'est être libre !"

"L'âge c'est surtout dans la tête, mais un peu dans les jambes quand même..."