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Qui sommes-nous ? en Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon

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XIII filles en ovalie, à voir le lundi 18 janvier après Soir 3, vers 23h55

Photo du documentaire XIII filles en ovalie / © Cinérgie Productions
Photo du documentaire XIII filles en ovalie / © Cinérgie Productions

Immersion dans le club de rugby à XIII de Toulouse Ovalie, à la rencontre de ces jeunes femmes qui ont fait le choix de pratiquer et de s'investir dans un sport, longtemps considéré comme un des plus "virils" ...

Par Guiseppin Marie-France

Les joueuses de l’équipe féminine de rugby de Toulouse Ovalie XIII disputent le championnat élite national.

Extrait :
Extrait du documentaire XIII filles en ovalie

Un film écrit et réalisé par Pierre Mathiote.
Produit par Cinérgie Productions avec la participation de France Télévisions


Créé en 2000, le club a un effectif d’une trentaine de licenciées, dont plusieurs sont internationales

La participation des femmes dans le sport de haut niveau amateur ne saurait masquer les inégalités de traitement entre les hommes et les femmes, en matière d’accès aux disciplines sportives, de droits économiques et sociaux, d’encadrement et de relais médiatiques.

Les structures associatives et les fédérations sont principalement encadrées par des hommes, tandis que le sport informel est souvent privilégié par les femmes ; il en résulte une disparité de moyens importante.

 / © Cinérgie Productions
/ © Cinérgie Productions

XIII FILLES EN OVALIE est un film choral qui raconte une aventure collective, l’histoire d’une équipe plurielle, soudée. Le sport féminin a le visage de ces jeunes femmes qui ont choisi de pratiquer le rugby à XIII. Nous sommes au plus près de ces mini huis clos que sont les placages ou les mêlées, au plus près des corps desquels se dégagent la volonté, l’abnégation, la joie, la déception, la féminité.

On découvre des personnalités attachantes qui, dans leur diversité, nous permettent de mieux cerner leurs difficultés pour réaliser leur désir sportif au sein du Toulouse Ovalie XIII. Pour Stéphanie Bras, Présidente et joueuse du Toulouse Ovalie XIII, concilier le sport de haut niveau avec la vie quotidienne demande des sacrifices et de l’abnégation.

Les joueuses respectent les rythmes des entraînements, la récupération, les compétitions et le développement de nouvelles compétences sportives tout en assurant leur activité professionnelle ou scolaire.

Au-delà même des résultats, c’est la solidarité entre les filles qui nous frappe.
C’est cette amitié étayée par ce sport de contact qui nécessite la présence de l’autre pour se sortir des passes difficiles, et ce, quel que soit le milieu social d’où l’on vient.

 / © Cinérgie Productions
/ © Cinérgie Productions

Un match de rugby peut-être être considéré comme une métaphore de l'expérience humaine, accessibles l’un et l’autre à la communauté comme à chacun de ses membres...

Diffusion le lundi soir 18 janvier, après soir 3 vers minuit sur France 3 Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon.

Rediffusion le mardi 19 janvier vers 8h50 sur France 3 Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon.

Diffusion le mardi 19 janvier vers 8h50 sur France 3 Aquitaine et Limousin, Poitou-Charentes.


Photo documentaire XIII filles en ovalie / © Cinérgie Productions
Photo documentaire XIII filles en ovalie / © Cinérgie Productions

Paroles de réalisateur, Pierre Mathiote

 

Pierre mathiote / © Cinérgie productions

Pierre Mathiote est auteur, réalisateur et producteur.
Sa société Cinérgie Productions a produit en 15 ans une cinquantaine de programmes pour une quarantaine de chaînes françaises et étrangères (courts métrages, documentaires, docus-fictions, série...).
Un premier long métrage de fiction sera tourné cet été en Arménie.
 

Pourquoi avez-vous eu envie de faire ce film ?


Lorsque Patrick Chevallier (marathonien dirigeant une agence de communication spécialisée dans le sport) m’a proposé le projet, j’ai dit oui à la seule condition que je puisse faire le film que je voulais, charge à moi ensuite de convaincre un diffuseur d’accepter le projet avec mon regard. En effet, beaucoup de films sur le sport sont réalisés chaque année dans le monde. Il me fallait donc me démarquer par un traitement filmique original, pertinent et qui colle au sujet. Je suis parti dans cette aventure vierge de tout regard.

J’ai tout d’abord été invité à assister à un match international par Jean Laban, Président Régional de la Fédération Française de rugby. Voir des joueurs à la télévision est une chose, les voir devant soi en est une autre. Quel match ! Des images ont commencé à se construire dans ma tête. Et que dire des spectateurs ! Lorsque je quittais des yeux le match – mais pas des oreilles – pour regarder le public, je le voyais embarqué lui aussi dans une histoire profonde mais aussi distrayante, au sens étymologique du terme, c'est-à-dire "entraîner ailleurs", faire oublier le quotidien.

Puis j’ai passé plusieurs semaines à suivre l’équipe féminine de Toulouse Ovalie XIII à l’entraînement sur la saison 2013-2014. Je me suis rendu compte assez vite que je n’avais pas envie de filmer. J’avais d’abord envie que ma caméra parle à quelqu’un pour déclencher le désir de film. J’ai compris que le rugby, outre les moments de partage, est pour ces joueuses un vecteur d’intégration, un moyen d’émancipation. Deux termes difficiles à concilier dans des quartiers sensibles, surtout chez les filles. Le public féminin est encore plus touché par les freins d’ordre social ou culturel. Les femmes ne sont que 32% à pratiquer lorsqu’elles sont issues de Zone d’Éducation Prioritaire (ZEP). L’objectif dans ces quartiers est d’encourager la diversité des pratiques sportives pour favoriser la mixité et permettre ainsi une plus grande implication des femmes. Pour ne prendre que l’exemple de Sonia Zaghdoudi, elle habite la résidence HLM du quartier d’Empalot de Toulouse. Grâce à leur performance, les garçons du quartier ont appris à les respecter, elles qui à présent évoluent au niveau international. Il faut dire aussi qu’elles ont du caractère, sans doute forgé par le contexte.

Ensuite le tournage a pu commencer. J’ai filmé des matches uniquement à la longue focale pour que le spectateur vive l’intensité des rencontres avec les joueuses, pour « entrer » dans les personnages. Nous sommes au plus près de ces mini huis clos que sont les placages ou les mêlées, au plus près des corps desquels se dégagent la volonté (pour ne pas dire la « niaque »), l’abnégation, la joie, la déception, la féminité. C’était à la caméra de raconter une histoire.

 / © Cinérgie Prodcutions
/ © Cinérgie Prodcutions


Après le premier match contre Bordeaux, leur éternel rival championne de France en titre, il s’est avéré que je pouvais bâtir une histoire très visuelle avec un début, un milieu et une fin, comme dans une fiction. Une sorte de match universel d’où ressortirait l’essentiel des valeurs de l’équipe d’Ovalie XIII. Les cadrages sont très cinématographiques tout comme l’est le montage. En effet, nous ne disons pas tout à l’image ; il faut laisser des ellipses à l’intérieur d’une séquence qui permettent au spectateur de combler le non-vu comme on parle du non-dit dans un dialogue. Le lien, évident par ailleurs, se fait dans la tête de chacun. Il s’agit d’éviter la redondance des séquences rugbystiques qui sont toujours, pour finir, qu’un enchaînement de passes, de placages, de mêlées et d’essais.

Compte tenu du nombre de personnages impliqués dans cette aventure, le film est choral. Toutes seront bien sûr à l’image mais nous nous sommes attachés sur le discours de six joueuses représentatives de l’équipe et surtout de la place des femmes dans ce sport dit masculin.

Les interviews posées des joueuses ont été réalisées dans un studio. Filmées en couleur, nous avons étalonné les images en noir et blanc, avec cette qualité d’images qu’avaient les actrices lorsque la couleur n’existait pas. En revanche, derrière elles, le décor est en couleur afin d’obtenir un effet et un contraste saisissant. Elles ont été maquillées par une professionnelle.

Mon expérience d’ancien sportif de haut niveau (gymnastique) et de réalisateur de films sur le sport ont été, je pense, des atouts pour la photographie du film. Oui, avec ce projet la poésie n’est pas loin ; j’oserais même parler de lyrisme. Je voulais montrer le rugby au féminin comme personne peut-être ne l’a jamais vu. Pour y arriver, je devais me surprendre moi-même. J’ai déjà expérimenté cette approche dans mon dernier film consacré au marathon. France Télévisions m’avait laissé faire le film que je voulais réaliser sur ce thème.

Un match de rugby, tout comme un marathon, peut-être être considéré comme une métaphore de l'expérience humaine, accessibles l’un et l’autre à la communauté comme à chacun de ses membres. Le producteur s’y retrouvait lui aussi. C’est donc sur ces bases que nous avons pris notre dix-septième accord de film en partenariat avec le groupe France Télévisions.

 / © Cinérgie Productions
/ © Cinérgie Productions


Concilier pratique du rugby de haut niveau et vie quotidienne lorsqu'on est une femme, ça se passe comment ?


L’absence des femmes dans les instances dirigeantes explique la faiblesse des décisions pour le développement de la pratique féminine. Pour Stéphanie Bras, Présidente et joueuse de Toulouse Ovalie XIII et docteur en biologie, les notions de sacrifice, d’abnégation, d’engagement pour la pratique d’une discipline au plus haut niveau sont importantes. Il en va de même pour les choix à faire quand une sportive de haut niveau amateur, sans contrat de travail, sans rémunération (ou peu), souhaite malgré tout poursuivre sa passion en s’attachant à réaliser sa vie professionnelle ou scolaire et sportive.

Là où le choix est difficile, c’est d’arriver à concilier les deux et faire en sorte qu’une activité ne prenne pas le pas sur une autre. L’athlète respecte les rythmes des entraînements, la récupération, les compétitions et le développement de nouvelles compétences sportives tout en assurant son activité professionnelle. Cependant, l’espace de vie familiale et sociale ne doit pas être oublié voire sacrifié à ces dépens.

Pierre Mathiote / © Cinérgie Productions



Même s'il reste encore du chemin à parcourir, il semblerait qu'aujourd'hui en France, les femmes soient arrivées peu à peu à faire leur place dans ce sport réputé "masculin".
On le voit notamment lors des tournois organisés par d'anciennes équipes de rugby. Les équipes masculines font depuis peu, appel aux équipes féminines...
Comment ces jeunes femmes vivent-elles ce succès ?


Toutes les filles du club que j’ai pu rencontrer sont fières de jouer au rugby. L’une d’elle qui entraîne les cadettes déclare avec véhémence qu’il ne faut pas se laisser marcher sur les pieds par les mecs : « Il faut s’imposer et imposer son jeu ». Elle fait tout pour pousser les filles à jouer avec les garçons car « elles acquièrent un beau jeu et ne peuvent qu’en ressortir grandies ». La jeune maman avoue avoir de la chance d’être si bien entourée, « mais il ne faut pas baisser les bras, on a pu se battre pour devenir des championnes de rugby alors on peut se battre pour devenir des championnes de sa vie amoureuse et familiale ».

La pratique du sport permet aux joueuses du Toulouse Ovalie XIII de se valoriser et de prouver qu’on peut jouer au rugby et rester féminine. Les joueuses du Toulouse Ovalie XIII sont la preuve vivante que n’importe quel sport peut être pratiqué par une femme.
En 2009, 10 joueuses de Toulouse Ovalie XIII sont parties en Australie pour participer à la Coupe du Monde. En 2013, pour la Coupe du Monde en Angleterre, 6 joueuses étaient présélectionnées.

 / © Cinérgie productions
/ © Cinérgie productions

 

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