En Occitanie, la voiture reste reine pour les déplacements domicile-travail

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Écrit par Marie Martin
Le périphérique de Toulouse, heure de pointe.
Le périphérique de Toulouse, heure de pointe. © Nathalie Saint-Affre/MaxPPP

Une étude de l'INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) publiée ce mardi 26 janvier montre que la voiture reste le mode de transport privilégié pour les trajets entre le domicile et le lieu de travail, même quand ceux-ci sont courts. Explications.

Les habitudes changent, mais plus lentement que sûrement.

En Occitanie, deux millions d'actifs se déplacent pour aller travailler. Les quelques 100 000 travailleurs (agriculteurs, artisans, indépendants) qui travaillent chez eux ont été exclus du champ de l'étude de l'INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) publiée ce jour. Notre région est la troisième, après la Corse et Provence-Alpes-Côte-d'Azur, où les distances domicile-travail sont les plus courtes. 700 000 personnes résident à moins de cinq kilomètres de leur lieu de travail (un tiers des actifs), 330 000 à moins de deux kilomètres. 

Et pourtant... Pour ces courtes distances, l'usage de la voiture concerne encore deux tiers des déplacements.

A cela, plusieurs raisons. Il faut déjà faire la différence entre ceux qui habitent dans l'hypercentre des métropoles comme Toulouse et Montpellier et ceux qui y résident mais en périphérie. 

Disparités sociales et géographiques

Par exemple, dans le centre de ces deux grandes villes, 1 trajet court sur 5 seulement se fait en voiture, contre 4 sur cinq dans les quartiers plus excentrés. Une explication simple : dans les hypercentres, on dispose d'une offre de transports en commun plus variée et plus régulière ainsi que de pistes cyclables plus continues. 

L'étude de l'INSEE montre parallèlement que les trajets courts sont moins fréquents pour les cadres et les professions intellectuelles supérieures : en effet, les employés résident plus souvent à proximité de leur lieu de travail. Tout comme les femmes (37 % d’entre elles parcourent moins de cinq kilomètres, quatre points de plus que pour les hommes).

A cela, deux explications : premièrement, les femmes sont plus souvent employées que les hommes et deuxièmement, au moment de choisir, dans un couple, un domicile entre deux lieux de travail, "l’inégale répartition du travail domestique et de la charge éducative entre les hommes et les femmes" fait que l'on préfère alléger le trajet ce ces dernières.

Autre différence de genre : quand elles travaillent à moins de cinq kilomètres de leur domicile, les femmes privilégient la marche à pied ou les transports en commun quand les hommes vont préférer la voiture, le vélo ou le deux-roues motorisé.

Toujours selon cette nouvelle étude de l'INSEE, les parents de 30-40 ans sont les plus éloignés de leur travail, en Occitanie. Là encore, l'explication est assez simple : le fait d'avoir de jeunes enfants pousse les couples à choisir des lieux de résidence plus grands, donc en périphérie. Le choix inverse peut s'opérer quelques années plus tard. 

Timides avancées

Enfin, si ces données montrent que la voiture est la premier réflexe en terme de déplacement, la situation évolue tout de même : en Occitanie, de 2015 à 2019, l'usage de la voiture tend à diminuer au profit du vélo. Et les déplacements en voiture, toutes distances confondues, passe de 71 % à 69 % dans les métropoles, et de 88 % à 86 % hors métropoles.

Cette nouvelle étude de l'INSEE est basée sur les campagnes de recensement de 2017, 2018 et 2019. Or, l'année 2020, avec la crise sanitaire liée à l'épidémie de coronavirus, sera sans doute pleine d'enseignements au sujet de nos déplacements, entre les effets du confinement et du télétravail, l'engouement pour le vélo sur des routes vidées de voitures mais dans le même temps, la peur de la promiscuité des transports en commun.

 

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