En Occitanie, un jeune sur cinq est en difficulté scolaire et d'apprentissage

La fondation Apprentis d'Auteuil alerte sur la hausse de l'échec scolaire depuis le début de la crise sanitaire dans son Baromètre de l'éducation, publié le jeudi 14 octobre 2021. Les 16-25 ans de la région Occitanie ne sont pas épargnés.

"L'échec scolaire est en hausse depuis le début de la crise". C'est le constat qu'a dressé la fondation Apprentis d'Auteuil dans son deuxième baromètre de l'éducation, publié jeudi 14 octobre 2021. Selon le rapport, un jeune sur cinq se déclare en difficulté scolaire et d'apprentissage.

"D’habitude, les premiers signes du décrochage scolaire sont identifiés autour des vacances de la Toussaint", note Marie-Claude Vié. La directrice de l’Atelier Relais Osée de Toulouse, dispositif destiné à prévenir et lutter contre le décrochage scolaire, continue : "Sur la session de rentrée de l’atelier, les demandes de prise en charge ont été plus importantes cette année. La prévention a fait place à des jeunes plus éloignés de l’école que les années précédentes".

Une situation aggravée par la crise sanitaire

La crise sanitaire qui s'éternise a exacerbé les difficultés que les jeunes vivaient déjà : 87 %  des 16-25 ans estiment qu'elle a eu un impact important, selon un sondage d’OpinionWay pour Apprentis d'Auteuil. Soit 8 points de plus qu'en 2020. 

"Les mesures exceptionnelles prises pour endiguer la pandémie comme la fermeture des établissements scolaires lors du premier confinement, la mise en place du télétravail et le chômage partiel massif, ont des conséquences directes sur le risque de décrochage des individus en difficulté scolaire", confirme de son côté le Carif-Oref Occitanie (Centre d’Animation, de Ressources et d’Information sur la Formation et Observatoire Régional de l’Emploi et de la Formation)

Dans une étude publiée en septembre 2021, le Centre rappelle que le taux de décrochage scolaire dans la région Occitanie est de 8,2 % en 2017. En mars 2020, près de 15 000 jeunes de 15 à 24 ans ont été identifiés comme potentiellement décrocheurs – une augmentation de 5 % par rapport à mars 2019. 

Contexte familial et violence à l'école

La pandémie de Covid-19  n'est pas le seul facteur de décrochage pointé du doigt dans le baromètre de l'éducation d'Apprentis d'Auteuil. Sept jeunes sur dix accusent "un contexte familial compliqué". D'ailleurs, plus de la moitié des jeunes interrogés par OpinionWay estiment que c'est "la faute des parents, qui ne s'impliquent pas assez dans leurs études"

Côté parents des jeunes en difficulté scolaire, un tiers avoue avoir totalement baissé les bras et renoncé à aider leurs enfants. 

À tout cela s'ajoutent "un système éducatif qui ne prend pas assez en compte les individualités de chacun ni donne confiance aux élèves", ainsi qu'un "climat scolaire trop violent". 

Selon le baromètre de l'éducation des Apprentis d'Auteuil, plus d'un jeune sur deux a déjà subi des violences (verbales, psychologiques, sexuelles, physiques...) à l'école. Chez les jeunes en difficulté personnelle, sociale ou économique, cette proportion s'élève à 78 %. 

Un quart des parents interrogés ont déclaré que leur enfant rencontrait des difficultés à l'école. Selon eux, l’échec scolaire serait "largement le résultat de l’hygiène de vie" des élèves et étudiants, indique Apprentis d'Auteuil. 

Pour 73% d'entre eux, la principale cause de décrochage "est le temps passé devant les écrans". Suit le manque de sommeil, puis les addictions à la drogue et à l'alcool.

"Revoir le système intégralement"

Concernant le pourcentage de jeunes de 15 à 29 sans emploi, ni études ni formation, il n'y a pas de chiffres récents prenant en compte la crise du Covid-19. Mais il était déjà de 12,9 % en 2019, selon l'Insee

En Occitanie, cette proportion dépasse la moyenne française et s'élève à 17,4 % en 2018 d'après l'Observatoire des territoires. Ce qui correspond environ à 174 000 jeunes, surtout répartis dans les départements de la côte méditerranéenne. 

Les Pyrénées-Orientales sont les plus touchées par la précarité des jeunes, note le Carif-Oref Occitanie dans une autre étude publiée en 2021 : jusqu’à 26 % des 15-29 ans sans emploi n’y suivent aucun enseignement. 

"De nombreuses initiatives ont été prises ces dernières années pour raccrocher les plus éloignés, mais il faut aller plus loin, revoir le système intégralement", affirme André Altmeyer. Le directeur général adjoint d’Apprentis d’Auteuil ajoute: "Sortir les jeunes de leurs difficultés, les guider vers un avenir professionnel positif est un enjeu aujourd’hui majeur pour toute la société. Et c’est possible !". 

Il faut écouter ce que les jeunes ont à nous dire et les mettre au cœur des décisions et des politiques publiques. C’est notre avenir à tous qui est à construire. 

André Altmeyer, directeur général adjoint d’Apprentis d’Auteuil

Près de 80 % des sondés souhaitent d'ailleurs que les jeunes soient la nouvelle grande cause nationale du prochain quinquennat. 

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