Examen du pass vaccinal suspendu : "lamentable", "leçon de démocratie", vives réactions des députés d’Occitanie

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Écrit par Patrick Noviello
Olivier Véran à l'Assemblée Nationale lors de l'examen du projet de loi sur le pass vaccinal
Olivier Véran à l'Assemblée Nationale lors de l'examen du projet de loi sur le pass vaccinal © THOMAS PADILLA / MAXPPP

A la surprise générale, l’examen du projet de loi sur le pass vaccinal a été interrompu en pleine nuit à l'Assemblée nationale. Le calendrier du gouvernement va en pâtir. Voici ce qu’en pensent les parlementaires d'Occitanie.

«Je suis une fois de plus inquiet quand je vois le spectacle qu’on donne» s’afflige Jean-René Cazeneuve. «Il y a une urgence sanitaire que personne ne peut nier» affirme le député La République en Marche. «La manière dont les oppositions ont joué les prolongations va nous faire perdre quinze jours. C’est irresponsable, grotesque et puéril» assène l’élu du Gers, après la suspension de l'examen du projet de loi sur le pass vaccinal à l'Assemblée nationale, dans la nuit du 3 janvier.  

Le coup du rideau  

A l’origine de cette mise en minorité des députés En Marche et de la suspension de séance : la technique du coup du rideau. Autrement dit, les parlementaires LR ont débarqué en force dans l’hémicycle pour faire nombre et suspendre la séance.  

«Débattre de mesures sanitaires lourdes ne peut pas se faire à la sauvette, au milieu de la nuit. Olivier Véran et le gouvernement viennent de recevoir une leçon de respect de la démocratie (...). L'Assemblée est souveraine», se justifie le député lotois Aurélien Pradié, secrétaire général des Républicains et porte-parole de Valérie Pécresse pour la présidentielle.  

C’était de l’obstruction depuis le début, sur un sujet comme celui-là, c’est lamentable

Monique Iborra, députée LREM de Haute-Garonne  

"La députée LR, Annie Genevard, qui présidait l’Assemblée à ce moment du débat a demandé un comptage à la main qui a duré plus d’un quart d’heure dans le brouhaha, alors qu’un vote électronique aurait été plus simple et efficace" regrette Jean-René Cazeneuve.  

«On aurait dû l’éviter» assume Monique Iborra. «On était très largement majoritaire jusqu’à minuit mais on aurait dû voir qu’il allait se passer quelque chose. C’était de l’obstruction depuis le début, sur un sujet comme celui-là, c’est lamentable», s’agace la députée de LREM de Haute-Garonne.  

De toute façon, il n’y a pas de volonté d’échange 

Bénédicte Taurine, députée LFI de l’Ariège  

Pour Bénédicte Taurine, ça ne change pas grand-chose, «les débats n’avancent pas vraiment de toute façon, il n’y a pas de volonté d’échange. En face, ils ont décidé de ne faire aucune concession et on n’aura pas de réponse sur les questions qu’on se pose» regrette la députée LFI. L’élue ariégeoise, qui vient en train à l’Assemblée, s’interroge par exemple sur les consignes à bord des transports trop fluctuantes à son goût.  

«Quand la séance va-t-elle reprendre ?» s’interroge Valérie Rabault. La députée du Tarn-et-Garonne rappelle qu’une semaine sur quatre est réservée au contrôle de l’action du gouvernement. «Or nous sommes en semaine de contrôle» rappelle la présidente du groupe socialiste à l’Assemblée.  

Reprise dès 18h ?  

Monique Iborra reste de son côté optimiste pour la reprise des débats. «On va reprendre ça aujourd’hui même après le vote de la loi sur les collectivités locales vers 18h» précise la vice-présidente LREM de la commission des Affaires sociales. «On va rattraper le temps» espère la parlementaire haut-garonnaise.  

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