Fin des éthylotests obligatoires : l'usine Contralco de Gignac gèle ses investissements

Gignac (Hérault) - un stock d'éthylotests chez le fabricant Contralco - 24 janvier 2013. / © F3 LR
Gignac (Hérault) - un stock d'éthylotests chez le fabricant Contralco - 24 janvier 2013. / © F3 LR

Le leader de la fabrication d'éthylotests installé à Gignac près de Montpellier accuse le coup. A l'annonce du gouvernement de ne plus rendre les éthylotests obligatoires en France, Contralco a décidé de s'ouvrir à l'exportation et de geler ses investissements.

Par Fabrice Dubault


Pas d'affolement, ni d'alarmisme chez Contralco.
En novembre, c'était pourtant le coup de massue à l'annonce choc de la remise en question des éthylotests obligatoires. Mais depuis le début de l'année, le leader mondial a récupéré des marchés à la concurrence et développe sa stratégie à l'export. La décision du gouvernement n'est pas encore prise mais elle a déjà des conséquences dont le gel des investissements.

L'avenir, c'est bien ce que craignent les 312 salariés dont la moitié sont en contrats précaires. L'attente et l'incertitude empêche l'entreprise de se projeter à long terme et de titulariser ses jeunes collaborateurs.

Le conseil national de la sécurité routière a crée un groupe de travail sur l'alcool au volant. Il doit rendre ses préconisations en février. En attendant, Contralco retient donc son souffle.

Gignac (34) : Contralco gèle ses investissements
Gignac (34) : Contralco gèle ses investissements


Le projet des éthylotests obligatoires dans les voitures, reportés "sine die"

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a annoncé jeudi une baisse de 8% de la mortalité routière en 2012, historique depuis 1948, précisant par ailleurs que l'obligation d'un éthylotest dans la voiture était reportée "sine die".
3.645 personnes ont été tuées sur les routes en 2012, soit 318 vies épargnées par rapport à 2011, a déclaré le ministre en présentant le bilan annuel des accidents de la route.
C'est "le plus bas niveau de tués" depuis 1948, année où ils ont commencé à être officiellement comptabilisés, a-t-il dit.

Cette chute est la conséquence d'une diminution marquée dans deux catégories d'usagers, a-t-il argumenté : les motards (-14,5%) et les automobilistes (-8,6%).
Elle a "profité" aux enfants et aux adolescents, a ajouté M. Valls en réaffirmant son objectif de "diviser par deux d'ici à 2020" ce nombre et en appelant à "sans cesse poursuivre nos efforts".
M. Valls a créé la surprise en annonçant par ailleurs le report "sine die" de l'obligation d'avoir un éthylotest dans les voitures. Il attend, a-t-il expliqué, les conclusions du Conseil national de la sécurité routière (CNSR) qui a créé un groupe de travail sur l'alcool au volant.

Ces éthylotests sont de plus en plus controversés notamment pour leur fiabilité et leur prix, ainsi que l'a rappelé son président, Armand Jung, qui doit rendre ses premières conclusions d'ici la mi-février. Le gouvernement fera connaître sa décision par la suite, selon le ministre.
M. Valls avait déclaré fin 2012 qu'il reportait au 1er mars l'entrée en vigueur de la verbalisation pour défaut d'éthylotest, dont la présence était obligatoire depuis le 1er juillet 2012 dans tout véhicule terrestre à moteur circulant en France, à l'exception des cyclomoteurs. En cas d'absence, il en aurait coûté 11 euros.

Tolérance : "Zéro alcool"

Le nombre des personnes blessées et hospitalisées a également diminué respectivement de 6,9% et 7,9%, a détaillé le ministre pour qui la situation par catégories d'usagers est "contrastée".
La baisse du nombre de tués est due "pour beaucoup", selon lui, à la baisse de la mortalité des usagers de véhicules particuliers (-6,9%) et de motocyclistes (-14,5%). Si elle diminue chez les piétons (-7,1%), elle augmente chez les cyclistes de 9,9%.
23% des personnes décédées en 2012, a dit M. Valls, le sont sur des deux roues motorisées, qui ne représentent pourtant que 3% du trafic.
Il y a aussi, a-t-il observé, des "inégalités entre les sexes et les âges": trois fois plus d'hommes que de femmes décèdent et 21% appartiennent à la classe d'âge des 18-24 ans.

Le ministre a "salué" le comportement des Français ainsi que les efforts des précédents gouvernements de droite dans la lutte contre l'insécurité routière.
Il n'a pas exclu que la crise économique, s'accompagnant d'une "réduction des déplacements", soit "l'une des explications" de ces bons chiffres.
Il a enfin demandé un "effort" en direction des jeunes, sur la vitesse, l'alcool et les stupéfiants, "présents dans près de 2/3 des accidents mortels".
Sur le "zéro alcool" au volant, singulièrement pour les jeunes, une idée critiquée par des associations de sécurité routière et d'automobilistes, il "faut explorer toutes les pistes" et "le gouvernement décidera", a-t-il prudemment avancé.

L'association 40 millions d'automobilistes a estimé que ce bilan "vient contredire les +théorèmes+ défendus par les détracteurs de l'automobile".
Pour l'Association Victimes et Citoyens, "ces chiffres sont très encourageants même si l'objectif des 3.000 tués (par an) n'est pas encore atteint".

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