A 118 ans, l'Alésienne soeur André est la nouvelle doyenne de l'Humanité. Selon un chercheur montpelliérain, nous sommes tous des centenaires en puissance

Publié le Mis à jour le
Écrit par Isabelle Bris .

Soeur André, née à Alès dans le Gard, est désormais la doyenne de l'Humanité, depuis la mort de son aînée Kane Tanaka, une Japonaise de 119 ans. Elle a profité de la venue des caméras dans sa maison de retraite pour réclamer un meilleur partage entre les humains.

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Soeur André, née Lucile Randon le 11 février 1904 à Alès dans le Gard, était déjà doyenne de France.

La disparition de Kane Tanaka, une Japonaise de 119 ans change la donne : avec la mort de son aînée de 13 mois, la religieuse française de 118 ans est devenue la nouvelle probable doyenne de l'Humanité. Probable car aucun organisme officiel ne décerne le "titre" de doyen.

Kane Tanaka était reconnue comme la doyenne actuelle de l'Humanité par le livre Guinness des records. Elle est décédée le 19 avril, selon les autorités japonaises.

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Quel est le secret de sa longévité ?  

Issue d'une famille protestante non pratiquante, Lucile Randon avait une soeur jumelle, morte bébé, et trois frères. Elle a été gouvernante dans plusieurs familles, à Paris et en région, avant d'entrer dans les ordres à 41 ans, au sein de la communauté des Filles de la Charité.

Celle qui est devenue soeur André - orthographié au masculin en hommage à l'un de ses trois frères- a passé 30 ans dans un Ehpad en Savoie, avant d'arriver dans une maison de retraite liée à sa communauté religieuse en 2009 à Toulon.

Il y a deux ans déjà, interrogée par France Inter lors de son 116ème anniversaire, soeur André espérait que "que le Bon Dieu vienne me prendre bientôt (...) 15 ans c'est suffisant ! ".

Mais la gardoise n'a pas été exaucée : le 11 février dernier, elle a célébré son 118ème anniversaire avec lassitude, devant son traditionnel cocktail porto-chocolat.

Devenue aveugle et clouée dans un chaise roulante, la doyenne avait fait la une de nombreux médias l'an dernier lorsqu'elle a affronté le Covid sans difficulté.

Rebelote ce mardi 26 avril, dans sa maison de retraite de Toulon : elle a accueilli avec un esprit toujours vif son nouveau titre de doyenne de l'humanité, en présence du maire de la ville, Hubert Falco, et de nombreux journalistes. 

Elle en a profité pour délivrer un message de paix : 

Il y a trop de haine dans le monde, si on partageait tout, cela serait beaucoup mieux !

Soeur André,

118 ans, doyenne probable de l'Humanité

A l'habituelle question, quel est votre secret de longévité ? Elle répond en souriant : "C'est le bon Dieu qui le sait!"  

Et si vieillir n'était plus une fatalité ?

C'est ce qu'affirme en substance Jean-Marc Lemaître. Directeur de recherche à l’Inserm et directeur adjoint de l’Institut de médecine régénératrice et biothérapie de Montpellier, il a démontré que le vieillissement était un processus réversible.

En 2011, ce scientifique et son équipe sont parvenus à rajeunir des cellules sénescentes de patients centenaires en les reprogrammant génétiquement.

Cette découverte en laboratoire a ensuite été testée sur des souris. Résultat : celles qui ont été traitées vivent 30 % de plus que les autres et sont même en meilleure forme physique.

"On a reprogrammé une souris deux jours par semaine avec une sorte d'antibiotique injecté tout long de la vie. Elle a bénéficié d'un tiers de vie supplémentaire " explique ce scientifique au parcours atypique. "Ensuite, on a traité une souris une seule fois, à l'âge de deux mois, ce qui équivaut à 20/25 ans chez l'humain. A 8 mois (80 ans chez l'humain), la souris avait gagné 15% de vie supplémentaire avec moins d'ostéoporose, d'arthrose, et avec une très belle peau ! "

A quand les essais clinique chez l'humain ? On n'en est pas là, il faut d'abord trouver des financements conséquents mais pour Jean-Marc Lemaître, cela pourrait commencer par de la médecine esthétique. 

Éradiquer la maladie avant qu'elle arrive

A moyen terme, le scientifique montpellierain espère pouvoir contribuer à faire entrer dans les mœurs le principe de l'évaluation de l'âge physiologique, via une simple prise de sang.

Si un patient bien portant affiche un âge supérieur à son âge calendaire, il aura un  fort risque de développer à l'avenir des maladies propres à la vieillesse : diabète, Alzheimer, problème cardio- vasculaire, etc...Et il faudrait donc pouvoir le traiter en amont.

On est parvenu à un consensus mondial sur les marques cellulaires du vieillissement : deux d'entre elles sont la sénescence et la déprogrammation du génome. Certains chercheurs se disent désormais : la vieillesse est une maladie et on peut la traiter !

Jean-Marc Lemaître,

directeur de recherche à l’Inserm de Montpellier

L'idée serait de créer une cohorte de 3000 personnes avec un âge physiologique avancé en Occitanie, de les traiter et de les étudier pendant 6 ans. 

Le but n'est pas de leur donner l'immortalité, mais de leur permettre de vieillir moins vite et en bonne santé.

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